Selon un dictionnaire bien sérieux le déni est le refus de reconnaître la réalité, voilà donc la principale activité que j’ai pratiqué vendredi matin.
Je me réveille au petit matin, quelque part avant 5h00, avec un horrible mal de dos, l’enfer. Tourne et retourne dans le lit conjugal sous les grognements du Geek pour finalement retrouver un peu le sommeil. Vers 5h30 je me réveille à nouveau et voilà le mal de dos horrible accompagné de nausée… Ah non pas la gastro, pas 6 jours avant ma césarienne. Petit épisode de tourne et retourne pour finalement me décider à prendre un bain dans l’espoir de calmer le mal de dos. Je me demande si ce ne serait pas de la latence? Mais non, j’accouche jeudi le 15, tout est prévu puis j’ai mal au dos je ne contracte même pas. Le bain a un effet minimal, j’ai encore mal au dos et j’ai encore la nausée. Direction le lit pour tenter un dernier petit dodo, il est 5h45.
En m’allongeant mon mal de dos empire et devient plus étrange, comme rythmique, comme aux deux minutes. Et si c’était des contractions? Non, non, j’ai mal au dos pas au ventre, puis j’accouche le 15 bon. À force de souffler et de grogner je réveille le Geek définitivement qui se demande bien ce que j’ai, mais qui comprend rapidement qu’il faut s’en tenir à mon mal de dos sans insister sur le potentiel de travail. Vers 6h15 je retourne au bain et là je commence à me dire que bon je suis en latence et que c’est vraiment poche, je ne me suis jamais sentie mal comme ça et ça va être long jusqu’au 15…
Au travers ça les enfants se lèvent, Le Geek prépare tout le monde, j’insiste pour qu’il se prépare pour le travail. Et je me sens de plus en plus mal… Je me décide à appeler à la maternité parce que je ne peux pas déjeuner et que je ne peux pas prendre ma médication pour la tension, j’insiste que je ne suis pas en travail, mais on insiste pour me voir.
Le déni a pris le bord à cet instant précis, en me levant pour appeler ma mère pour Lou la contraction m’a scié en deux et j’ai réalisé que le 15 c’était bien beau, mais que c’était là, là, là que ça allait se passer. Que c’était des contractions assez fortes pour m’empêcher de respirer. À partir de cet instant tout a déboulé, la course pour l’hôpital, moi qui vomit dans le stationnement, mon admission, le bordel causé par une fièvre étrange qui causait une tachycardie importante à moi et bébé et des contractions d’une intensité assez fulgurante. Je n’étais pas en latence, j’étais en travail actif et je me l’admettais, mais pas sans résister un peu. Fallait me voir dire à l’infirmière que “non, non je ne contractais pas tant que ça” plié en deux, le bol à vomi à proximité…
Puis le calme est revenu, j’ai pris mon petit 7 livres 2 onces de déni dans mes bras. Un merveilleux petit Clément, né le 9 mai à 12h42 quand lui a décidé qu’il en avait envie, ma fièvre est partie (grand mystère), ma tachycardie s’est calmée, celle de bébé aussi. Je n’arrive pas encore à y croire vraiment, mais bon entre deux boires de nuit, mes seins qui ne passent plus dans la porte et ma plaie qui tire, la réalité me rattrape bien vite
Voilà donc venu la fin de mes bedaines… de bébé, maintenant je m’en tient aux bedaines de mou de bébé. Clément est magnifique, plus pâle que ses frères, la fratrie s’habitue au nouvel élément et nous nous habituons à ne plus être que l’ombre de nous même
Une petite photo en attendant le déluge des autres:
