août 29, 2006
Ce qu’on apprend au troisième
Bon c’est clair au troisième, le mystère de la naissance se trouve réduit surtout qu’au fond c’est mon quatrième accouchement, alors je voulais vous faire part des choses qu’on ne nous dit pas toujours… (voire jamais) que j’aurais probablement aimé savoir et que je sais maintenant.
Tout d’abord, bouffer. Quand tu accouches on te donne la permission suprême de sucer du glaçon… Un accouchement c’est long… c’est même parfois long longtemps et puis ça prend de l’énergie et c’est pas un petit glaçon qui va te donner le jus pour “popper” bébé. Alors moi je dis mesdames Manger! Ah oui, mais si tu vomis après… Bien à Cocotte j’ai vomi, j’avais rien mangé depuis 24 heures… c’était pas mieux, c’était pas moins dégueux… En passant de la bile ce n’est pas jaune, c’est vert… eh oui ces choses qu’on découvre…
Deuxièmement, souffrir pour être une vraie femme épanouie. Bon là tout le monde fait ce qu’il veut, mais je vais vous dire gardez les options ouvertes. Et vous ne serez pas moins femme et/ou mère même si docteur amour (nom que j’ai affectueusement donné à l’anesthésiste) vous injecte son super produit dans la colonne. Une copine me faisait remarquer qu’à l’hôpital on promouvoie de plus en plus l’épidurale, j’ai réfléchi et je me dis que c’est bien. À mon premier je me sentais tellement poche de ne pas avoir fait ça comme une vraie, en surfant la douleur. J’avais l’impression d’avoir échouer… de ne pas avoir eu un vrai accouchement. D’être une moitié de femme… Balivernes et foutaises. Chacun fait comme il veut, mais svp pas de culpabilité, pas de jugement. Peut-on accoucher comme on veut et sans douleur si ça nous chante? Déjà qu’on culpabilise pour la garderie, pour l’allaitement, pour l’éducation, peut-on accoucher comme ça nous tente? En tout cas pour moi parti la culpabilité. Je n’attendrai pas douze heures pour l’épidural et vous savez quoi j’en serai même fière. Je m’assume, je suis une vraie moi aussi même si j’offre sans remord, mon dos, mon corps tout entier, tout s’il le faut à docteur amour. Pour le remord on repassera, je culpabiliserai sur la garderie, ça ce n’est pas encore réglé
L’allaitement maintenant. Quelqu’un aurait peut-être pu me dire la première fois que ce n’était pas si simple. J’avais eu droit au discours de c’est naturel, les femmes font ça depuis la nuit des temps, tu approches le mammelon et bébé sait naturellement quoi faire. Bon, c’est pas si compliqué c’est vrai, mais ce n’est pas si simple non plus. Ça demande des efforts, beaucoup de temps, de la patience et ça fait quand même un peu mal. Je ne pense pas qu’on sert bien la cause en minimisant ce que ça implique. Moi ça me décourageait. J’y suis arrivée, mais j’avais le goût d’en étriper 2-3. Alors allaiter c’est bien, c’est bon, ça fini par être simple, mais ça demande beaucoup au début. C’est tout.
Un accouchement c’est féérique… Bien peut-être pour certains, mais en gros c’est plutôt gore je dirais. Ça saigne, ça crie, ça craint quoi. Oui, quand on met bébé dans tes bras c’est magnifique et merveilleux, mais pour le côté chandelle, petite lumière tamisée, encens, on repassera. Oui, ça arrive, mais on s’entend que ce n’est pas la majorité, que d’envisager plus terre à terre ce n’est pas mal, que ça prépare plutôt et que si tout se déroule comme dans un épisode de Friends en 22 minutes bien tant mieux.
Voilà donc un échantillon de ce que j’ai appris. C’est mon expérience, mon vécu, ma tranche de vie. Ça vaut ce que ça vaut… Ce n’est pas pour décourager, c’est pour renseigner. Une femme avertie en vaut deux selon moi et ça ne vous empêche pas de faire ce qui vous tente.
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