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Ce qu’on apprend au troisième

Bon c’est clair au troisième, le mystère de la naissance se trouve réduit surtout qu’au fond c’est mon quatrième accouchement, alors je voulais vous faire part des choses qu’on ne nous dit pas toujours… (voire jamais) que j’aurais probablement aimé savoir et que je sais maintenant.

Tout d’abord, bouffer. Quand tu accouches on te donne la permission suprême de sucer du glaçon… Un accouchement c’est long… c’est même parfois long longtemps et puis ça prend de l’énergie et c’est pas un petit glaçon qui va te donner le jus pour “popper” bébé. Alors moi je dis mesdames Manger! Ah oui, mais si tu vomis après… Bien à Cocotte j’ai vomi, j’avais rien mangé depuis 24 heures… c’était pas mieux, c’était pas moins dégueux… En passant de la bile ce n’est pas jaune, c’est vert… eh oui ces choses qu’on découvre…

Deuxièmement, souffrir pour être une vraie femme épanouie. Bon là tout le monde fait ce qu’il veut, mais je vais vous dire gardez les options ouvertes. Et vous ne serez pas moins femme et/ou mère même si docteur amour (nom que j’ai affectueusement donné à l’anesthésiste) vous injecte son super produit dans la colonne. Une copine me faisait remarquer qu’à l’hôpital on promouvoie de plus en plus l’épidurale, j’ai réfléchi et je me dis que c’est bien. À mon premier je me sentais tellement poche de ne pas avoir fait ça comme une vraie, en surfant la douleur. J’avais l’impression d’avoir échouer… de ne pas avoir eu un vrai accouchement. D’être une moitié de femme… Balivernes et foutaises. Chacun fait comme il veut, mais svp pas de culpabilité, pas de jugement. Peut-on accoucher comme on veut et sans douleur si ça nous chante? Déjà qu’on culpabilise pour la garderie, pour l’allaitement, pour l’éducation, peut-on accoucher comme ça nous tente? En tout cas pour moi parti la culpabilité. Je n’attendrai pas douze heures pour l’épidural et vous savez quoi j’en serai même fière. Je m’assume, je suis une vraie moi aussi même si j’offre sans remord, mon dos, mon corps tout entier, tout s’il le faut à docteur amour. Pour le remord on repassera, je culpabiliserai sur la garderie, ça ce n’est pas encore réglé ;)

L’allaitement maintenant. Quelqu’un aurait peut-être pu me dire la première fois que ce n’était pas si simple. J’avais eu droit au discours de c’est naturel, les femmes font ça depuis la nuit des temps, tu approches le mammelon et bébé sait naturellement quoi faire. Bon, c’est pas si compliqué c’est vrai, mais ce n’est pas si simple non plus. Ça demande des efforts, beaucoup de temps, de la patience et ça fait quand même un peu mal. Je ne pense pas qu’on sert bien la cause en minimisant ce que ça implique. Moi ça me décourageait. J’y suis arrivée, mais j’avais le goût d’en étriper 2-3. Alors allaiter c’est bien, c’est bon, ça fini par être simple, mais ça demande beaucoup au début. C’est tout.

Un accouchement c’est féérique… Bien peut-être pour certains, mais en gros c’est plutôt gore je dirais. Ça saigne, ça crie, ça craint quoi. Oui, quand on met bébé dans tes bras c’est magnifique et merveilleux, mais pour le côté chandelle, petite lumière tamisée, encens, on repassera. Oui, ça arrive, mais on s’entend que ce n’est pas la majorité, que d’envisager plus terre à terre ce n’est pas mal, que ça prépare plutôt et que si tout se déroule comme dans un épisode de Friends en 22 minutes bien tant mieux.

Voilà donc un échantillon de ce que j’ai appris. C’est mon expérience, mon vécu, ma tranche de vie. Ça vaut ce que ça vaut… Ce n’est pas pour décourager, c’est pour renseigner. Une femme avertie en vaut deux selon moi et ça ne vous empêche pas de faire ce qui vous tente.

Conversation d’hôpital

Aujourd’hui visite hebdomadaire à l’hôpital… j’amène encore Cocotte avec moi, elle sort quand le docteur fait son examen. Elle ne veut pas voir ça qu’elle dit, je ne la force pas, ce n’est pas nécessaire de toute façon. Mais elle reste proche du rideau et entend tout.  Voilà notre conversation entre docteur et moi.
Le docteur - Hum bon je vais y aller à 2 doigts, tu me dis si je te fais mal.

Moi - Ok

Le docteur -Bon c’est bon là? Je suis rendue. Hum ouin c’est mou.

Moi -Ça va.

Le docteur - Bon je mets un bon gros deux doigts écartés. On a un trois centimètres. Ah pis c’est lousse. Je vais essayer de lui toucher la tête ok?

Moi -Ok.

Le docteur - Ah oui je la sens. Bon bien j’ai tout bien senti c’est bon.

Cocotte me demande après dans l’ascenceur bondé: “Maman le monsieur (elle pouvait pas dire le docteur???) où il les a mis ses doigts pour sentir la tête de mon frère et pis pourquoi tu es molle et lousse?”

Je lui ai tout expliqué le plus exactement possible. Elle a compris, du moins je pense, mais à voir l’air de certaines personnes j’aurais dû expliquer tout ça dans l’ascenceur… C’est à croire que certains ne savent pas trop par où arrivent les bébés…  Alors voilà vous savez tout, un gros 3cm et je suis molle et lousse ;)

Je vous exploite… un petit peu

Vous savez je m’étonne moi-même pendant cette grossesse. Je savais que je serais plus craintive, mais je me porte mieux que je croyais. Je n’obsède pas outre mesure, je ne disjoncte pas quand bébé n’a pas bougé pour 3 minutes et je reste saine d’esprit la majorité du temps… du moins en ce qui concerne la grossesse pour le reste c’est variable ;)

Mais bon voilà que maintenant j’ai un moment. Et si… l’irréparable se produisait… si… vous savez quoi. Respirer, rester positive, profiter du moment présent, chasser les mauvaises pensées, focuser. Mais la peur reste quand même. C’est normal je sais et je l’écris juste pour le sortir parce qu’une fois dit c’est déjà moins pire… Je me sers donc de vous ;) Je vous exploite un petit peu pour calmer mon angoisse et je vous en remercie.

Pour moi écrire c’est cela. Raconter, partager, mais aussi vider, vidanger, aérer, laisser aller. Je me sens toujours plus légère après, plus vide, le vide serein et divin. Alors pardonnez moi de me servir de vous, je promets de vous exploiter juste un petit peu…

Parce que je sais

Aujourd’hui visite hebdomadaire à l’hôpital. En gros et pour faire bref, tout est sous contrôle, rien n’est parfait, mais ça va. Et très bonne nouvelle Brice s’est tourné… J’avais 20% des chances qu’il tourne et l’adorable petit loup a écouté sa maman. Et le tout mesdames et messieurs sans aucunes interventions loufoques, même pas de fesses en l’air… ça me donnait le tournis.

Je me pointe donc à l’hôpital pour mon rendez-vous qu’on m’a fixé tôt… vraiment tôt et comme je me présente au poste je vois un couple sortir de ce que j’ai dorénavant baptisé la chambre de la douleur. L’endroit où les bébés envolés naissent, une petite carte discrète sur la porte signale un deuil… Je savais donc ce qu’ils vivaient. Mon coeur s’est arrêté de battre, dans ses yeux j’ai vu et j’ai su. J’aurais voulu la prendre, lui dire, la bercer, lui murmurer non pas que je comprends, non parce que je ne comprends pas je ne suis pas elle, mais que je sais. Oui, je sais. Mon coeur, mon corps, ma tête, mon âme sait ce qu’elle vient de laisser derrière, ce qu’elle vient de vivre. Je sais que jamais demain ne sera comme hier, que le monde a perdu un peu de couleur et que rien ne sera jamais plus pareil. Et en même temps j’aurais voulu disparaître, fondre et me couler dans le plancher pour ne pas qu’elle voit mon gros ventre rebondi. Parce que elle ne sait pas que je sais et que ce ventre est le rappel de ce qu’elle n’a plus. J’aurais voulu lui dire tout ça, mais j’ai baissé les yeux, par respect et j’ai pensé à ce petit être qu’elle laissait derrière, cette petite vie qui ne serait jamais. Puis une fois partie j’ai posé les mains sur mon tout petit gigotant et j’ai dit merci. Je ne sais trop à qui, mais j’ai dit merci pour ce cadeau, cette deuxième chance. Et j’ai aussi eu une pensée pour ma puce si minuscule qui n’aura connu que cette chambre comme maison et je l’ai remercié aussi d’avoir fait de moi ce que je suis maintenant. Parce que je sais, mes pensées vont vers ce couple en ce moment, je pense à eux et j’espère qu’ils auront la chance que j’ai.

Le culte du corps

Bon je mentirais si je disais que l’apparence de mon corps m’importe peu, mais je mentirais aussi si je disais que ça me préoccupe à l’extrême. J’ai un corps correct, qui a eu des enfants, qui s’est un peu enveloppé et qui est servi par un petit mètre cinquante deux. C’est clair qu’on ne me verra pas sur la couverture de Elle Québec, mais personne ne court aux abris quand je me promène en public non plus. Ce qui m’écoeure royalement c’est tout le tin touin qu’on fait autour du post partum. Partout on voit des actrices qui ont comme métier d’avoir un beau corps se vanter d’avoir perdu tout le poids en quelques jours ou pire de devoir vivre avec un horrible surplus de poids 2 mois après… Regardez Gwyneth Paltrow elle le dit, elle doit vivre avec quelques kilos en trop et puis ça pend… Sortez les mouchoirs quelqu’un je braille comme un veau. C’est donc dans cet état d’esprit que je me trouvais quand j’ai vu mes premières nouvelles vergetures… rouges et toutes là. Je me suis empressée de faire ma crisette au geek comme quoi il ne m’aimerait plus, que je serais laide et toute fripée et gnan gnan gnan. Le pauvre a fait ce qu’il a pu pour consoler une pauvre hormonale en feu. Je lui ai dit que je ne pourrais pas faire comme Heidi…

-”Heidi? Heidi qui?” de demander le geek.

-”Heidi Klum, un mannequin, après 6 semaines de la naissance de son bébé elle a fait le défilé de Victoria’s secret en petite bobette et brassière sexy.” Que je lui ai déclamé lyrante.

-”Bien tu es pas mannequin, tu fais ta bouffe pis ton ménage et tu vas t’occuper du bébé, t’auras pas de nounou, tu es pas Heidi.” Avec sa voix rationnel de mâle.
-”Oui, mais c’est ça l’image qu’on nous montre, c’est ça qu’on devrait viser tu comprends. Si tu vois ça, tu vas t’attendre à ce que je fasse pareil…”

-”Nath svp. Tu es pas Heidi, pis je veux pas Heidi, je m’en fous d’elle. Je m’en fous de tes vergetures, je t’aime pis c’est beau en quelque sorte, c’est le signe que tu as porté mes enfants.” Qu’il me dit tout gentil.

-”Ouin, mais c’est pas ça qu’on montre quand même. Au premier j’étais capable, mais là je pourrai pas.” Que je lui sors la voix tremblotante.

-”On s’en fout je te dis, arrête là pis viens te coller.” Il a encore le ton doux, mais je le sens un peu exaspéré ;)

Bref, il a raison le geek je le sais, mais c’est vrai aussi qu’on nous farci d’images surréalistes. De femmes qui compromettent probablement leur santé pour retrouver leur petite taille. Et je trouve ça injuste aussi de dire que c’est comme ça, de donner cette fausse impression. Au premier j’aurais pu mettre un bikini la semaine après… mais pas au deuxième… et probablement que je ne suis pas seule comme ça. C’est donc dans cette grande introspection sur l’image, les médias, les femmes et tout que je suis tombée sur un blogue incroyable, c’est un projet interactif où les femmes peuvent poster des photos d’elle avant, pendant et après l’accouchement. Ça s’appelle Shape of a mother et c’est très inspirant et très vrai. Il y a des Heidi, mais il y a aussi des Sophie, des Mary et des Nathalie. Et à voir tous ces corps de mère on en vient à trouver belles les marques de la maternité.

De l’art de tourner bébé…

Vous voulez vous bidonner et bien une petite recherche sur les exercices possibles pour tourner un bébé à la tête de cochon devrait vous faire bien sourire. Personnellement, je ne me peux plus. Tous les trucs sont mentionnés, certains semblent logiques d’autres sont complètement loufoques et d’autres ne font pas l’unanimité.

Par exemple, certains recommandent de nager cela stimulerait bébé à vouloir aller voir vers le bas, mais d’autres disent le contraire, la piscine empêcherait bébé de tourner… J’ai donc décidé de me baigner pour le plaisir sans devenir une Sylvie Fréchette, ça ne devrait ni stimuler ni inhiber le petit coquin.

D’autres prônent l’exercice de la lampe de poche. Il s’agirait de prendre une lampe de poche et de demander au père (ou à tout autre volontaire) de diriger le faisceau de la lampe dans l’entrejambe de la mère et de parler près de la sortie. Le bébé serait supposé détecter la lumière et entendre la voix et vouloir à tout prix faire le grand flip pour constater de visu. Le geek et moi on s’est tellement tappé les cuisses juste d’y penser. Prenez trois secondes, laissez les images mentales vous habiter… (pas nécessairement de moi, mais bon l’idée générale)… Il y a de quoi sourire. On va laisser faire cette option, le geek ne saurait pas trop quoi lui dire… et puis l’idée d’avoir quelqu’un qui jase au petit là… nan je serais incapable de garder mon sérieux.

L’autre grande théorie c’est le quattre pattes. En gros, se mettre à quattres pattes, les fesses plus hautes que les épaules encourageraient junior à tourner. Plusieurs variantes sont proposées, la position avec mouvements du bassin, le derrière sur une pile de coussin, etc. Ça je veux bien essayer, j’y crois pas trop, mais bon j’aurai au moins tenter quelque chose.

Ma voisine préférée m’a sorti sa théorie aussi. Je l’ai croisé aujourd’hui avec grande Cocotte et une fois informée que bébé ne s’était pas tourné, elle m’a conseillé…

-”Faut faire du quattres pattes ma petite madame, tant que vous pouvez.” qu’elle me dit.

-”Oui, je sais. J’essaie ça, le derrière dans les airs quatres fois par jour.” que je lui réponds un peu déçue, j’espérais plus de sa part… j’avais qu’à attendre un peu.

-”Oui, mais moi ce que je veux dire c’est demander à votre mari de s’occuper de vous à quattre pattes, le mouvement du bassin et le brassage ça va vous le tourner le petit.” Qu’elle me réplique.

Ça valait le coup d’attendre un petit 3 secondes, j’ai eu plein d’images mentales la mettant en scène toutes aussi incroyables et épeurantes les unes que les autres. J’ai conclu notre discussion rapido parce que grande Cocotte je vous rappelle était là avec moi… à tout écouter. D’ailleurs, j’avais franchement la chienne quand Cocotte m’a posé une question.

-”Maman?”

-”Eh oui.” La voix tremblante.

-”La voisine là…”

-”Oui.”

-”Bien elle est bizarre hein?”

J’ai soufflé un grand coup et je ne l’ai pas détrompé… On dit que les enfants ont un sixième sens pour capter les gens, je ne sais pas si c’est vrai, mais sur celle-là Cocotte a tapé dans le mille.

Nous appelerons bébé Brice… en l’honneur du roi de la glisse Brice de Nice.

Une de mes bloggeuses préférées a écrit une perle naturopathe savoureuse sur l’accouchement. Ça m’a bien fait rire quand j’ai lu et ça m’a rappelé quelques trucs pas possibles qu’on m’a déjà sorti. Vendredi à ma visite à l’hôpital j’ai eu droit à ma perle personnelle. Maintenant que je suis réconciliée avec mon sort, que je suis prête à me faire tripoter le bedon à coup de poing, à me piquer à qui mieux mieux, je peux vous raconter la partie plus légère de ma visite hospitalière.

J’ai passé un bout de temps appréciable à la maternité vendredi ce qui m’a amené à voir plusieurs infirmières dont une nouvelle, une remplaçante. Elle était très gentille, mais un peu trop grano à mon goût. Elle m’a expliqué sa théorie du contrôle de la douleur, celle-ci étant supposée m’aider en cas de version. Je lui laisse l’honneur des mots, je ne voudrais pas m’approprier sa pensée.

“La douleur il ne faut pas la combattre ma belle, il faut la chevaucher. Oui, la chevaucher, mais pas comme un cheval, non c’est trop dure, pas assez glissant. Il faut plutôt la chevaucher comme une vague, comme si tu surfais. Tu te prépares, tu regardes la vague se former de loin, tu la vois enfler, tu t’avances lentement. L’approche doit être lente et sereine, c’est une grosse partie de la réussite. Tu restes assises sur ta planche jusqu’à la dernière minute, ce n’est pas nécessaire de perdre ton énergie pour rien. Quand la vague arrive enfin, tu la montes, fièrement en te laissant glisser dessus. Tu surfs ma fille. Une fois que la vague descend tu t’échoues sur la plage, le corps dans le sable chaud et mou. Tu prends ton souffle, mais tu te relèves et tu y retournes vite, les vagues n’attendent pas et le surf ça doit être toute ta vie à ce moment là. Alors tu comprends, la douleur c’est comme une vague et tu la surf la vague, tu la chevauches.”

Brice je vous dis… on va l’appeler Brice. Je vous laisse je m’en vais me pratiquer à surfer dans mon bain, faudrait quand même pas que je manque la vague. Puis la prochaine fois que vous vous tapez le petit orteil sur le cadre de la porte n’oubliez pas chevauchez la vague, surfez mes amis.

Je veux juste un break…

Un petit break svp… Excusez moi à l’avance, mais je vais faire ma martyre, je suis tannée, écourée et il faut que ça sorte un moment donné.

Aujourd’hui rendez-vous hebdomadaire à l’hôpital pour vérifier bébé et sa maman. Ça fait déjà 8 semaines que j’y vais une fois semaine, je suis donc une habituée et jusqu’à maintenant tout est ok. On contrôle ma pression qui se comportait bien et mon col qui demeurait stable. Cette grossesse a eu plein de petits pépins mineurs qui représentaient un risque, mais qui finissait par se tasser. Ce matin bien que ce ne soit pas la fin du monde, j’ai eu droit à mon lot de claque sur la gueule.

Tout d’abord, ma pression qui n’est pas belle… Bon on s’attendait à ce qu’elle augmente en fin de grossesse alors bilan pour s’assurer que je ne prépare pas de prééclampsie… Bonne nouvelle de ce côté là c’est sous contrôle et ma pression bien que pas géniale se stabilise dans des hauteurs plus acceptables. Mais (évidemment!) mon taux de sucre est élevé… Criss…  Test de vérification et résultat: diabète. À presque 35 semaines… Je pensais m’en sauver, à Coco j’en avais eu tout du long, là niet rien, fallait bien que ça arrive comme ça à la fin pour me faire bien chier ;o) Donc diète (en gros je mange des maudites graines et de la salade) et recontrôle dans 6 jours. C’est pas grave, il ne reste pas longtemps… pensons positif.

Mais ce n’est pas tout… Vous pensiez quand même pas que je voulais un break juste pour ça? Et non, il y a aussi le fait que petit monsieur se présente en siège. Le cul d’abord, question de bien signifier ce qu’il pense du fait de devoir sortir de son petit nid tout douillet. Il a encore le temps de se tourner, ma doc me l’a dit, mais elle m’a précisé que dans la position où il se trouve les chances sont plus minces… à peu près 20%… C’est pas beaucoup. On a donc prévu une écho pour vérifier sa présentation et son poids et une version pour le 30 août s’il n’est pas tourné. Une version consiste à manuellement (par les mains du doc sur le ventre) tourner le bébé, les risques sont (paraît-il) minces, mais  ça fait très mal (paraît-il). La partie douleur vient du docteur… Elle m’a dit: “les gens n’aiment pas les versions parce que ça fait très mal presque autant, non autant qu’accoucher, mais les risques pour le bébé sont très minces”. Les docteurs ne disent jamais que quelque chose fait mal… c’est dire que j’ai hâte. Alors envoye bébé tourne.

Pour résumé je me retrouve à prendre ma pression avec mon tensiomètre trois fois par jour, me piquer pour mes glycémies six fois par jour et faire des petits exercices de quattres pattes pour favoriser le tournage de monsieur quatre fois par jours. Ce bébé là je le veux de tout mon coeur, mais c’était vraiment nécessaire de me faire chier autant ;o) En définitive, je dirai et ce pour la première fois depuis le début j’ai hâte que ça finisse. Ah oui et que je ne referai plus jamais ça… vous avez le droit de me battre si je change d’idée.

Le télémarketing… ou une plaie direct de l’enfer

Je pense que je dois être comme la plupart des gens en ce qui concerne le télémarketing… j’haïs ça. Je comprends qu’ils font leur boulot et qu’en plus c’est un sale boulot, c’est pour ça que je suis patiente avec eux, mais ça ne m’empêche pas d’haïr ça et encore plus particulièrement à l’heure du souper ou encore pendant le bain des petits.

En général en étant ferme, mais polie je réussis à m’en sortir sans trop perdre de temps. Aujourd’hui je reçois un appel pour un truc de bébé, on m’offre quelque chose pour mon tout petit de 9-10 mois… J’ai dû dire à la fille qu’il n’y en avait pas de tout petit de 9-10 mois, qu’elle était décédée. La pauvre ne se pouvait plus, je l’ai rassuré, j’avoue que ça doit te donner une claque et te faire sentir mal dans tes souliers. Elle était gentille, m’a servi quelques formules toutes faites, mais bien senties quand même et on a raccroché. Elle ne m’a même pas offert de rappeler quand BB serait né cette fois, comme quoi les gens ne sont pas tous au $. Donc un événement platte, mais somme toute assez banal qui m’en a rappelé un autre par exemple… beaucoup moins heureux. Je vous raconte.

On est en novembre, autour de la date où notre Angélique aurait dû naître, c’est un temps difficile. Je me sens triste et un peu démunie, c’est normal, c’est une étape, je laisse aller, ça va se tasser. Le téléphone sonne et une télémarketeuse me félicite pour la naissance de mon enfant, ils ont appris que j’attendais bébé pour ces jours-ci et ils m’offrent de venir prendre des photos de bébé à la maison pour me faciliter la tâche. Je refuse poliment, la dame insiste…

-”Vous voulez pas de belles photos de votre petit bébé madame, il restera pas petit comme ça longtemps vous savez.”

Elle fait sa job je comprends, alors je ravale…

-”Non merci voyez-vous c’est qu’il n’y a pas de bébé…”

À ce moment là je pense que c’est un moyen délicat de faire comprendre la chose et je trouve que le message est clair quand même. En plus, elle me coupe avant que je précise que le dit bébé est décédé.

-”Ah bien ça m’étonnerait qu’il n’y ait pas de bébé, j’ai des renseignements qui attestent d’une grossesse de 16 semaines, alors sortez moi une autre excuse svp.” Qu’elle me balance avec un ton impoli.

Encore une fois je peux comprendre qu’ils se font revirer souvent, mais j’ai été polie et ça m’écoeure de me faire parler comme ça.
-”C’est parce que renseignements ou pas il n’y en a pas de bébé alors vous m’excuserez j’ai autre chose à faire.” Je suis bête, mais je reste polie, je suis au bord de pleurer.

-”Madame dites le donc que vous en voulez pas de photos, c’est correct si vous voulez pas de souvenir, pas besoin de faire semblant qu’il n’y a pas de bébé par exemple, je suis pas cruche.” Elle a vraiment le ton de quelqu’un très en colère.

De mon côté, je suis soufflée… je n’en reviens juste pas qu’on puisse parler à quelqu’un comme ça. Au delà du fait qu’elle ne sait pas les circonstances, c’est elle qui me dérange dans mon intimité et c’est moi qui se fait engueuler.

-”Il n’y en a pas de bébé parce qu’il est mort… en juin. Une fille… Angélique… Si je pouvais je vous acheterais le kit de photos au complet pour en avoir des souvenirs, mais je ne peux pas. Il n’y a rien à poser…” Que j’ai réussi à marmonner avant de me mettre à brailler.

Quand j’ai raccroché je l’entendais se confondre en excuses, je n’ai pas écouté, j’avais assez donné. Je suis encore polie avec les télémarketeux, mais bien moins patiente et je n’hésite plus à raccrocher. Si je me rappelais le nom de la firme je vous le dirais, j’ai oublié… je me suis promise de ne faire faire aucune photo de bébé à la maison… pas question de mettre une cenne dans leur poche.

Tu sais que la date prévue de l’accouchement se rapproche quand…

-Tu pleures en pliant du linge de bébé en pensant que dans 6 mois déjà il ne pourra plus porter ces petits pyjamas.
-Tu pleures en écoutant une émission mélo de bonne femme qui accouche parce que le bébé est trop mignon.
-Tu pleures en te regardant dans le miroir parce que tu voies les premières vergetures rouges et que c’est laid et que plus jamais ton amoureux va te trouver belle de toute la vie.
-Tu pleures en vidant le lave-vaiselle parce que tu ne vas pas vite et que tu aimerais pouvoir faire le ménage de toute la maison, mais que seulement le lave-vaiselle t’épuise.
-Tu pleures parce qu’il n’y a plus de concombres pour le dîner et que c’est bon des concombres et que tu en voulais.
-Tu pleures parce que tu es écourée de pleurer pour rien.

Oui, je dirais que la fin se rapproche… à grand pas.

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