Étant au repos (léger, mais quand même) je sors peu de la maison, je m’épargne donc quantité de commentaires déplacés. Mais il m’arrive encore de mettre le nez dehors et là j’y ai droit. Dans ma grande générosité je partage avec vous la sagesse du peuple.
À noter que je suis à 30 semaines 5 jours de grossesse, j’ai un beau gros bedon rond et je suis à plus ou moins 7 semaines, 7 semaines et demi d’accoucher. Personnellement, je trouve ça bientôt, mais bon c’est relatif…
La remarque qui revient fréquemment:
-Ha mon doux quelle bedaine! C’est pour bientôt? Madame sous le choc.
-Oui, un mois et demi, deux.
-Ha ben là vous avez encore un bon bout à faire. My God vous allez exploser.
Il y a plein de variantes du type “encore 7 semaines, pauvre vous vous allez rouler” ou encore “vous allez bien fendre en deux”. Bref, plein de belles petites remarques charmantes.
Dans une pharmacie où l’on se fait des amis, j’ai eu droit à:
“Ayoye c’est gros une bedaine enceinte, mais bon une chance vous êtes déjà un peu ronde c’est moins dure que devenir grosse quand on est mince là.”
Chez ma coiffeuse:
“C’est important de se gâter à la fin comme ça. On a le corps tout “scrapper” on peut bien prendre soin de ce qu’il nous reste, une bonne coupe ça fait du bien à défaut d’avoir des beaux petits seins dures.”
Au dépanneur, à l’épicerie, à l’école, à la bibliothèque, bref partout lorsque je dis que non ce n’est pas le premier mais bien le quatrième.
“Ah bien mon Dieu! Ah bien j’en reviens pas. Ah bien wow! Que vous êtes courageuse!” .
Courageuse… C’est drôle parfois je me sens folle, parfois un brin marginal, parfois un peu capoté et souvent chanceuse, mais courageuse jamais. La mère qui élève seule 4 enfants avec un salaire sous le seuil de la pauvreté est courageuse, la femme qui lance ses 7 enfants par la fenêtre pour les sauver d’un feu est courageuse, la fille de 17 ans qui se retrouve enceinte et qui se retrouve aussi toute seule pour élever le bébé est courageuse, la femme qui doit attendre des années pour réaliser son rêve de maternité est courageuse. Moi, pas une miette, je suis juste chanceuse.
Ah et pour conclure ma savoureuse du mois:
“Quatre??!!!! Ayoye il y a du monde malade quand même, j’endure à peine mon deuxième, voir si j’en aurais 4.”
Le tout mesdames et messieurs devant les deux enfants en question suffisamment âgés pour comprendre…