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À l’aube de la fin du hockey…

Ça y est la saison régulière est finie… Ne reste que les séries… Un dernier trois semaines et plus de hockey. Déjà direz-vous? Enfin, dirais-je…

J’en aurais long à dire, mais je me contenterai d’une image pour l’instant, un petit cliché d’un moment.

Début septembre, il fait enfin beau et relativement chaud. Le mercure atteindra les 30C en après-midi. Tu as eu la présence d’esprit de mettre des pantalons, mais tu n’as pas sorti ton manteau d’hiver, tu manques encore cruellement d’expérience. Tu te retrouves donc les fesses sur les bancs gelés de l’aréna, les mains agrippées à ton café Tim Horton pour te réchauffer (Tim Horton prendra une place grandissante dans les prochaines semaines, ça non plus tu ne le sais pas encore, mais laisse moi te dire qu’aujourd’hui tu comprends toutes les publicités de hockey. Tim et toi ça deviendra solide, pour ne pas dire béton). Bref, tu es là trop peu habillée, le derrière au froid, les mains rougient dans l’aréna puante d’humidité (pas évident de maintenir une glace à 30C) et tu soupires. En soupirant tu t’aperçois que tu fais de la fumée avec ta bouche… en septembre… Et là tu lèves les yeux et tu voies le cadran, c’est toujours 0 à 0, il est 5h55… Un samedi matin… Tu ne sais toujours pas grand chose, mais tu as compris à cet instant précis que tu es embarquée dans quelque chose… Heureusement, tu ne mesures pas encore à quel point. Tu serres ton café un peu plus fort, 5h55… et tu viens voir une douzaine de petits gars de 7-8 ans essayés de pousser une rondelle… Tu ne sais pas ce que tu as fait, mais quelque chose te dit que tu vas le regretter un petit peu… Un tout petit peu…

La plupart du temps

La plupart du temps je suis plutôt posée. Je ne prends pas position trop drastiquement, je m’implique de façon posée dans les débats et je me tiens plutôt loin de la politique. Peut-être parce que j’ai été élevée entre le ciel (bleu) et l’enfer (rouge) de mon père et grand-père qui pouvait pratiquement s’entre-tuer sur des questions politiques, je suis aujourd’hui tempérée sur ces questions… Mais là j’ai envie de dire ce que je pense… Puis ça risque d’être raide un petit peu.

Je suis bien écoeurée de lire et d’entendre les pseudo intellectuels, lucides, sages et bien pensants dire qu’il faut enfin monter les frais de scolarité. Que l’Université est sous financée et qu’il faut que les étudiants fassent leur part… Qu’il faut être en parité avec le reste du Canada, qu’en Ontario les frais sont plus élevés, que les études ne perdent pas en popularité pour autant, que le décrochage n’est pas plus grand. Ma première question est la suivante: est-ce que les Ontariens paient autant d’impôt que nous? Hein? Dites-moi donc. Ah non! Ah bon. C’est donc dire qu’on investit ici plus dans nos impôts, impôts qui servent entre autres à financer nos universités, non? Ok. C’est bon. C’est donc dire que mes études payées en grande partie par les impôts des travailleurs tels mes parents font qu’aujourd’hui que je gagne plutôt bien ma vie. Ainsi, je paie à mon tour des impôts plutôt substanciels qui serviront à payer les études de mes enfants. Et si mes enfants n’étudient pas? Bien je paierai celles de ceux qui le feront et je réinvestis ce que j’ai reçu. Mais ce qu’on me dit c’est que je vais continuer à payer autant d’impôt et en échange on va abaisser les services que j’aurai. Ostie que je suis tannée de ça. De me faire dire qu’on est donc bien chanceux… Ça coûte rien étudier ici… Bien quand je regarde le montant qu’on enlève sur ma paye à chaque deux semaines pour mes impôts, je ne trouve pas ça si cheap que ça… Remarquez je mélange tout, je dois rien comprendre… Est-ce que ça veut dire qu’on ne peut rien faire? Non, mais dire qu’on ne paie pas c’est insultant, voire malhonnête.

Ce qui m’amène d’ailleurs à me dire que je suis un petit peu (lire beaucoup, pas mal) écoeurée d’entendre à quel point on a une grosse dette au Québec, que ça fait donc dure, qu’on va laisser un héritage horrible à nos enfants. Je ne suis pas économiste, je connais pas grand chose dans ces questions, mais une chose que je sais c’est que si je me pointe à la banque pour un prêt, on va regarder mes dettes, mais aussi mes actifs… Tu sais d’un côté les négatifs, de l’autre les positifs. Mais c’est comme si pour les questions politiques ça ne tient plus, on a x milliards de dettes, that’s it that’s all! On n’a pas d’actif? La SAQ ça ne vaut rien? Hydro-Québec non plus? On n’a pas d’immobilisation? Il y a zéro actif? Mais non ça, on ne compte pas ça. Mais je vous l’ai dit je ne suis pas économiste, juste une tite madame un peu nounoune qui parle de bébelle qu’elle ne connaît pas et ne comprend pas.

La plupart du temps, je ferme ma gueule, là j’avais envie d’en sortir un peu. C’est bon, c’est fait, je retourne à mes cossins de madame et tiens m’a aller chercher mes derniers papiers pour faire mes impôts…

Pis c’est rien j’aurais pu vous parler du financement de l’école privée… mais je vais me retenir je risque de baver.

Cher monsieur déneigeux de trottoir…

Cher et tendre monsieur qui conduit sa mini déneigeuse sur le trottoir,

Je sais cher monsieur que ce n’est pas évident de conduire une aussi petite machine quand d’autres conduisent de grosses déneigeuses puissantes, c’est pourquoi je me sens si indulgente. Sachez seulement Ô monsieur que le jour où je décide d’aller chercher mes grands à l’école en tirant les deux petits, soit plus de 70 livres, en traîneau et que je me retrouve coincée sur le trottoir je ne l’ai pas voulu. Nenon, je ne l’ai pas choisi. Donc inutile de me klaxonner sauvagement et d’appuyer votre pelle sur le bord de mon traîneau. J’ai beau courir un 8 km à l’heure, je ne tire pas 70 livres dans un traîneau à cette vitesse. Et si très cher monsieur je n’accélère pas suffisamment à votre envie, il est également futile de me gueuler “grosse vache” et je t’enc**** parce que vous savez quoi? Le grosse bien je ne le prends pas… vache je veux bien, on a tous le droit à notre opinion, mais grosse non! Il y a toujours bien des limites, ronde je concède, mais grosse no way! Et comme je suis apôtre de non violence, je ne vous ai pas gueulé après, mais sachez qu’une fois que j’ai atteint le coin de rue et que je vous ai libéré le chemin, ce que vous croyez avoir aperçu était effectivement mon majeur bien dressé. J’ai même pris la peine d’enlever ma mitaine, pas question de créer d’équivoque. Ah… et ce que vous pensez avoir lu sur mes lèvres, c’est effectivement ce que vous croyez. Je ne l’ai pas crier, déjà que je dois vous remercier puisque grâce à vous j’ai dû trouver réponse à la question de mon trois ans: “C’est quoi enc*** maman?”. Alors voilà sur ce je vous laisse aller dans la joie et l’allégresse et moi je ne vous enc*** pas, nenon, je n’ai pas ce qu’il faut et je prône la non violence je l’ai dit… Mais… si jamais je croise un gros méchant, genre bien violent, bien je retiens votre proposition et je vous réfère. Allez ne me remercier pas, ça me fait plaisir, c’est de bon coeur!

Le contexte

Règle généralement admise et importante à appliquer: toujours, TOUJOURS s’assurer de comprendre et de connaître le contexte. Parfois (trop souvent) je ne contextualise pas assez… Exemple:

En pleine préparation du souper tout en tentant de distraire un bébé de 20 mois affamé et un trois ans souffrant de famine aïgue, Coco se décide à me poser THE question.

-Maman, c’est quoi être gai? demande-t-il l’innocence imprégnée dans la pupille.

-Eh gai? Bon ok il se questionne, je me dois de répondre de façon judicieuse et claire. Je me lance donc. Bien gai c’est quand on est un garçon et qu’on est amoureux d’un garçon ou bien une fille amoureuse d’une fille, tu sais on en a parlé déjà là?

-Gai c’est homosexuel? Que me demande Coco plein de surprise dans la voix.

-Oui, oui c’est ça. Dit donc toi tu demandes ça pourquoi? Tu as entendu ça où? Un ami a dit ça?

-Nenon là. Je demandais pour savoir.

Coco n’a pas l’air trop concerné par la question et dans le tumulte du souper et du reste je laisse tomber le contexte…

Le temps passe et alors que je n’y pensais plus, la question revient… En fait pas la question, le contexte… Et encore une fois en pleine heure de pointe familiale.

-Maman? Tu sais là gai là ça veut pas juste dire homosexuel là. De me dire Coco.

-Hein? Il me ramène gai encore? Bon faut sûrement que je creuse.

-Bien non gai ça ne veut pas dire juste homosexuel, ça veut dire joyeux aussi.

Et là j’ai comme un doute…

-Pourquoi tu me dis ça? Qui t’a dit que gai c’était joyeux?

-Bien c’est Madame C. là. Dans mon histoire Julien était joyeux, gentil et gai. Quand elle a demandé comment il était Julien bien moi j’ai dit qu’il était gai.

-Ok, et… J’ai peur là…

-Bien Madame C. voulait savoir si je comprenais c’était quoi gai faque j’ai dit que ça voulait dire homosexuel.

Ah… le contexte…

-Et… que je demande plus trop certaine de vouloir savoir.

-Bien Madame C. a dit que gai ça voulait dire joyeux, mais là j’ai dit que ça voulait dire aussi homosexuel, que ma mère me l’avait expliqué. Puis elle a dit que Julien bien lui il était gai comme dans joyeux.

-Et… Je le sens c’est pas fini…

-Bien j’ai dit que si Julien était gentil, joyeux et gai bien gai c’était peut-être pour homosexuel parce que c’est comme joyeux gai donc… Pis tu sais j’ai dit qu’on le savait pas au fond s’il était gai ou pas.

Silence maternel ici…

-Puis je lui ai dit à Madame C. qu’être homosexuel c’est bien correct, c’est juste que l’amoureux de Julien bien c’est un gars pis c’est tout tu sais.

Silence maternel encore… puis je demande

-Et madame C. elle a dit quoi?

-Que j’étais pas mal tit casse.

-Tit casse??? Hein?

-Bien oui, elle a dit: tu es tit casse mon Coco.

-Ah… perspicace…

-Ouin c’est ça père petit casse.

Morale de l’histoire… Le contexte… toujours chercher le contexte.

Bordel

Aux deux derniers qui se construisent des maisons avec des cousins et des couvertures à la grandeur de la maison, je dis:

“Les gars! Quel bordel!! On se retient un peu svp.”.

Lou regarde son frère et dit:

“Envoye Clem vient, on s’en va au bordel!”

Haïti

Pour moi Haïti c’est beaucoup Dany Laferrière que j’ai découvert par une grande amie… J’ai commencé par L’odeur du café et ce fut un coup de coeur, un grand “boing” dans la patate. À la lumière de la tragédie qui touche Haïti ces jours-ci je repensais à un extrait:

“Une fois par mois, mon grand-père allait voir ses terres, près du cimetière, en face de la vieille guildive de Duvivier. Il y passait toute la journée et ne rentrait que fort tard dans la soirée. Son dîner l’attendait sous le couvre-plat en plastique rose, dans la salle à manger. Quelques mouches volaient autour des plats, par principe. Son repas favori: banane, mirliton, aubergine, très peu de riz (cuit sans sel) avec du pois noir en sauce. Pas de viande, ni de carotte. Da dit toujours qu’il n’y a que mon grand-père et les enfants qui n’aiment pas les carottes. Il s’asseyait, mangeait lentement et se servait toujours une tranche d’ananas pour dessert. Après le repas, mon grand-père se nettoyait longuement les dents. C’était sa fierté. Il a conservé toutes ses dents jusqu’à la fin. Un soir, il avait l’air plus fatigué que d’ordinaire. Il a à peine touché à son repas, s’est longuement brossé les dents avant d’aller se coucher. Une dernière fois.

On l’a retrouvé, le lendemain matin, dans son lit, tout raide.

-Qu’est-ce que la mort, Da?

-Tu verras.”

Elle ne pensait pas si bien dire…

Aie-je besoin de dire que de donner est nécessaire? J’ai choisi la Croix-Rouge.


Et de deux

Bien oui deux billets dans la même heure… Faut croire que je suis en manque ;-)

Juste une petite anecdote mignonne…

Coco 8 ans qui me dit: “Maman moi plus tard je ne vais pas te marier”.

Bon ça y est… Je suis détrônée… Il a compris ;-)

-Non, moi je vais marier M. Parce que tu sais on peut pas avoir de bébé avec sa mère.  Qu’il me dit.

-Oui, c’est une bonne raison. Que je lui dis en souriant.

-Mais tu sais je t’aime pareil là. Juste pas pour me marier.

-Bah c’est correct, je suis ta maman ça me suffit. Que je lui dis en souriant.

-Tu es pas triste hein? Qu’il me demande l’air bien sérieux.

-Bien non mon Coco. Que je lui réponds en souriant.

Lou s’approche donc de moi, me prend la main puis me dit tout sourire.

-Bien moi maman je veux me marier avec toi.

-Bien non mon Lou, tu ne peux pas les mamans ça ne marie pas leur petit garçon. Que je lui précise.

-Pis tu sais tu ne pourrais pas avoir de bébé. De dire Coco.

Définitivement le côté bébé de l’affaire le préoccupe lui… Va falloir préciser l’histoire des abeilles et des fleurs bientôt…

Alors Lou tout sérieux répond:

-Bah, je vais marier maman pis je ferai des bébés à toutes mes autres amoureuses.

Me demande de qui il retient lui… Faudrait peut-être que je m’inquiète ;-)

Se justifier

Je n’écris pas beaucoup… Je me retiens je pense, c’est un constat. Je n’ai jamais aimé la controverse pour la controverse, je n’aime pas le drame. Je déteste me justifier et je trouve depuis un temps que tout tourne autour de la justification. Je lisais les revues de l’année, les bilans et autres choses du genre, certains s’exprimaient sur ce qui les avait le plus écoeuré dans la dernière décennie et bien moi c’est la justification. Plus capable de justifier tout ce que je fais, tout ce que je choisis. J’ai l’impression qu’il n’y a qu’une seule et bonne réponse à toute situation. Et si la bonne réponse à une situation était multiple… si chacun avait sa réponse personnelle.

Je vous explique ce que je veux dire. Je lis à gauche et à droite des femmes se justifier à qui mieux mieux sur leur choix de travailler ou de ne pas travailler, de faire fréquenter la garderie à leurs enfants ou pas, d’allaiter, de prendre des couches lavables, etc. Tout le monde y va de son analyse personnelle. Je veux voir mon enfant grandir, je veux l’élever moi-même, j’ai besoin de m’épanouir hors du foyer, j’ai besoin d’argent, je veux le meilleur pour mon bébé… Et si la bonne réponse était l’ensemble de ces réponses là? C’est quoi le besoin de toujours aller chercher l’approbation de la masse? Pourquoi ma décision serait-elle mieux que celle de Céline, Martine, Sophie, Annie, Claudette? Mon choix c’est le mien, j’ai le privilège incroyable de vivre en 2010 où les femmes ont le choix, du moins en partie, le choix de prendre une décision pour elle, pour leur famille. Je n’ai pas envie de me justifier. Je crois fondamentalement, profondément avoir fait le bon choix, le choix pour moi. Et je l’assume, et que Céline, Martine, Sophie, Annie, Claudette ne soient pas d’accord… vous savez quoi je m’en contrecr***. Est-ce que j’ai besoin de leur accord? Non.

Là vous me direz que c’est normal de se remettre en question, de défendre ses opinions, ses croyances fondamentales et tout, et vous avez raison. Le fait que je ne veule pas me justifier ne signifie pas que je n’ai pas d’opinion sur la question, que je ne crois pas à rien. Mais je pense que ce que je crois est teintée par ce que j’ai vécu et je suis persuadée que mon choix n’est certainement pas le meilleur pour tous.

Qu’est-ce que je pense du maternage? Je pense que ça appartient à chacune d’entre nous, que nous le vivons toute différemment. Je ne l’ai même pas vécu de la même manière pour ma première que pour mon deuxième ou mon troisième ou mon quatrième, c’est dire…

Donc depuis un certain temps je me retiens d’écrire parce que je veux pas avoir l’air de me justifier, parce que je ne veux pas avoir l’air de prêcher pour un bord. Puis je me suis dit que c’est moi que je prive. J’aime écrire, juste pour écrire. Je ne veux pas une carrière de blogueuse, je ne veux pas être lue par mille personnes, j’ai juste envie d’écrire. Puis je me dis qu’il doit bien avoir moyen de dire ce qu’on pense sans se justifier et sans juger. Alors je me remets à écrire plus librement. Je dirai ce que je pense, mais je vous le dis tout de suite, ce n’est que mon vécu et ça vaut ce que ça vaut… soit pas grand chose dans la mesure où vous n’êtes pas moi.

Faites vos choix et cessez de vous justifiez, votre choix c’est le meilleur, certain, c’est le votre!

Le bonheur est dans les petites choses…

Dire qu’on rêve de grandeur, de splendeur… Dire qu’on attend le bonheur avec un grand B, l’amour avec un grand A, alors que les plaisirs sont dans de si petites choses… Lou 3 ans…

-Maman, maman!!!!! Presque hystérique…

-Maman, il y a deux zambonis sur la glace, deux zambonis, DEUX là, DEUX!!!! Ah maman je suis heureux!!! Grand soupir de bonheur complet…

Et dire qu’on cherche le bonheur dans l’absolu alors qu’il est dans une, non dans deux zambonis ;)

Bonne année!!!

Les petits Cocos

Les petits Cocos

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