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Toc toc

En pleine réunion avec nouvelle patronne, sujet sérieux, première impression, tout le machin, et tout à coup toc toc. Ecto dit bonjour. Bébé bouge, il est vivant, pour le moment du moins et c’est bon sans bon sens. Me voilà en pleine réunion les yeux dans la flotte, le sourire niais. Bébé est vivant. Ostie que c’est bon. Excusez le sacre, mais il me semble que c’est meilleur avec Ostie devant ;)

Des nouvelles

J’écris ces temps-ci dans ma tête, manque de temps réel et un peu manque de motivation. J’ai comme la bizarre impression que je devrais écrire pour me défendre, me justifier. Me défendre ou me justifier de quoi? Je ne sais pas, d’attendre un 4e enfant (il y en a tellement qui meurt de faim en Afrique), d’avoir une césarienne (un avac? Comment ça pas possible, tu n’as pas toute l’info, as-tu lu le livre de tel spécialiste…), de travailler même si je suis mère (tu sais les garderies pas fort, le docteur Chicoine le dit), de tout, de rien. Je ne sais pas d’où ça vient et ce qui me surprend le plus c’est que c’est le genre de choses dont je me fous au fond complètement. Ça doit être les hormones ;)

Donc je me suis décidée à écrire pour vrai, pas juste dedans ma tête. Vous penserez ce que vous voudrez.

J’en suis à 13 semaines de bedon, petit bébé va bien. L’écho de la semaine dernière nous a montré un petit coco avec tous ses morceaux. J’ai fondu et le Geek aussi. Je commence à me dire que j’aurai vraiment un petit bébé en mai, que je serai à nouveau maman et c’est bon.

J’essaie de me rappeller tous mes billets mentaux et je vous les livre.

Je suis faible

Ça y est, c’est bon, j’abdique. Je peux me raconter des mensonges, je peux vous mentir, je peux mentir à tout le monde, mais à un certain moment ça ne passe plus… On ne peut pas se mentir à soi-même continuellement. Il faut reconnaître ses faiblesses. J’ai peur. C’est bon je l’ai dit. J’ai peur ça n’a pas de sens. Demain c’est mon premier rendez-vous chez le doc… et j’ai la trouille, une trouille pas possible, une peur intense, viscéral… J’ai beau me raisonner, rien à faire. Je suis persuadée qu’on n’entendra pas le coeur d’Ecto, qu’il sera mort, en fait un peu plus et je me convaincrais que je n’ai jamais été enceinte. J’ai tout halluciné ça, grossesse nerveuse.

Je sais, je sais, le passé n’est pas garant du futur, Lou est la preuve que ça peut bien aller, tout ira bien, je sais, je sais. N’empêche j’ai peur quand même. Je suis faible. C’est peut-être une façon de me protéger au cas où ça tournerait mal. Pour avoir déjà pris la débarque, une fille préparée en vaut deux, mais en même temps ça ne fera pas moins mal… En fait, j’en ai marre de m’analyser. J’ai juste envie de reconnaître le fait, j’ai peur, je suis faible. Probable que tout ira bien, en attendant je fait la chicken et j’attends que ça passe. Bref, j’assume. J’assume ma faiblesse.

Vomir mes trippes

C’est l’état dans lequel je me sens… j’ai envie de vomir tout le temps… tout le temps… sans arrêt… à toute heure du jour et de la nuit. Ça me tient occupé, quoique ce n’est pas comme si je m’ennuyais. Le début de cette grossesse est intense, mais chaque nausée me semble une bénédiction, si je vomis ça doit être parce que quelque chose pousse dans mon bedon. Parce que oui j’avoue j’angoisse. Je ne suis pas guérie. Je ne le serai jamais faut croire, je crains toujours ce qui pourrait arriver. Je me raisonne, je me calme, je médite et puis je vomis. Et je réussis presque à oublier… à oublier le pire et je me vois avec un petit poupon tout rose dans quelques mois. En attendant le poupon, je m’en vais vomir encore une fois…

Tant d’inquiétude et d’amour dans 2.3mm

2.3 mm c’est la taille de mon micro bébé. 2.3 mm, mais l’équivalent de kilomètres d’amour. Et le plus merveilleux… un petit coeur qui bat. Rien d’autre à dire, je suis heureuse, je ne suis pas sortie du bois, c’est clair, mais mon bébé est vivant, c’est en masse pour commencer. Ah et oui on l’a baptisé Ecto (pour ectopique) en l’honneur des premières frayeurs qu’il nous a causé.

Une tite bine sur l’épaule

Voilà ce dont j’aurais besoin, une petite tape dans le dos et plein, plein d’ondes positives. Demain j’ai ma prise de sang de contrôle… J’espère tellement que tout soit beau, que je puisse avoir mon écho et qu’on voit un tit quelque chose. J’espère… mais j’ai peur… Merde pourquoi je ne suis pas capable de penser uniquement positif. Allez je suis bonne, je suis belle, je suis capable… Please que tout soit ok, please, please, please.

Ouch… ça fait mal

Bon si on prend comme date potentielle le lendemain de ma dernière pilule comme premier jour de cycle, on obtient le 19 août. Le calcul avec cette date nous donne une grossesse de 4 semaines 5 jours. Pas beaucoup, bébé est mini mini, voire même nano, si mini que même à l’écho on ne le voit pas. Avec un si mini polichinel dans le tiroir il est normal je crois que je sois un brin consterné de me faire offrir une place assise dans le métro…

4 semaines 5 jours… une place assise dans le métro… ouch ça fait mal. Trop orgueilleuse j’ai refusé (pas question que j’accepte une place à 4 semaines 5 jours), mais pour ne pas froisser la dame j’ai posé une main sur mon bedon de graisse question de lui faire croire que c’est un bedon de bébé.

Réaction de ma fille de 9 ans à mon récit. “Bien non maman tu es pas encore grosse, c’est juste des restes de Louis-Philippe”. Ouch ça fait mal! 4 semaines 5 jours… imaginez 40…

Petite leçon

Il faut l’admettre je n’y croyais pas au miracle et bien j’ai eu ma leçon. Les miracles c’est possible et ça existe. Et oui vous avez bien lu un autre rebondissement spectaculaire dans l’histoire incroyable des grossesses de Nathalie.

Je ne fais pas de grossesse ectopique. L’échographie a confirmé que mes trompes sont exemptes de résidus et que mon utérus ne présente pas d’accumulation de fluide. On n’a pas réussi à voir plus que ça puisque selon mon taux ma grossesse serait très récente, mais on a vu un corpus luteum signe de grossesse et la technicienne croit avoir vu un renflement dans mon endomètre. Et le meilleur, mon taux de grossesse qui grimpait à vitesse tortue s’est repris, il a doublé et même plus. Ma docteur n’en revenait pas et moi non plus. On est toujours autant dans le néant pour expliquer les dates, mais une autre prise de sang et une échographie dans une dizaine de jours devraient clarifier le tout. Je n’en reviens pas. J’ai passé les deux derniers jours à pleurer et à me demander pourquoi le sort s’acharnait encore sur nous… j’ai un peu honte aujourd’hui, mais maudit que je suis heureuse.

Alors voilà petite leçon numéro 1: croire au miracle et petite leçon numéro 2 écrire sur son blogue signifie maintenant que tout le monde sait que je suis enceinte de 4 semaines et des poussières ;) So much pour la discrétion ;)

Je me reprends donc sur un meilleur ton. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs j’ai l’honneur de vous annoncer la meilleure nouvelle du monde: Je suis enceinte!

Merci un million de fois pour votre soutien, je vous aime.

Merde

J’ai longtemps cherché un titre pour ce billet. Aucun autre ne dit aussi exactement ce que je ressens qu’un beau gros Merde. Je suis rarement pathétique dans mes écrits, cette fois-ci je ferai peut-être exception, pardonnez moi à l’avance.

J’ai une nouvelle, une supposée bonne nouvelle qui malheureusement est devenue une mauvaise nouvelle. Je ne sais trop comment amener ça, allons-y donc pour du direct. Je suis enceinte. Une merveilleuse nouvelle en soi, mais puisqu’à la loto-bébé je tire souvent le gros lot ce n’est pas une bonne nouvelle… C’est une grossesse ectopique à plus de 90%… alors voilà, l’art de faire du mauvais avec du bon.

Pour faire une histoire courte, le Geek et moi on a décidé finito la pilule en août. Le temps d’attraper l’oeuf, futur mini devrait se pointer autour des 2 ans de Lou. Alors dernière pilule 18 août, 22 août quelques saignements, mais minimes, test de grossesse pour être certaine (même si j’ai été religieuse dans ma prise du contraceptif (j’aime écrire religieuse et contraceptif dans la même phrase)), test négatif, je conclue que pour une fois je n’aurai pas des règles de fou. Le temps passe, 10 septembre, je ressens ce que je connais bien maintenant, les signes d’une grossesse, test et verdict positif. Retest le lendemain, repositif. Hum… les dates ne collent pas. Appeler ça un pressentiment, mais je sens que quelque chose cloche, téléphone à ma doc, prise de sang pour vérifier le tout. Mon taux est bas, mais bon la grossesse est peut-être juste récente, très récente, reprise de sang pour voir le tout évoluer, oups le taux monte mais anormalement (de 112 jeudi à 260 lundi). Ça regarde mal… examen, rencontre, verdict ectopique. Diagnostique à confirmer jeudi par écho et rereprise de sang, mais ça regarde mal, ça regarde très mal. Un miracle est toujours possible, mais bien franchement je n’y crois pas.

Alors voilà, j’ai encore une fois tiré le mauvais numéro. Je sais qu’il y a pire, la petite Cédrika disparue, la faim dans le monde, la guerre, mais là j’ai juste le goût de brailler puis de me rouler dans ma petite misère. J’en ai marre de voir mes bébés mourrir. J’en ai marre de créer la mort. Je veux juste un peu de simplicité. Je veux juste pisser sur un test de grossesse et être heureuse. Je veux la paix, la paix dans mon monde. Merde! Je ne veux pas voir un petit bébé jeudi avec un coeur qui bat, logé dans ma trompe et devoir lui shooter une dose de chimique pour l’absorber. Merde et remerde. Je m’en vais coller mon Geek lui aussi passablement secoué et bercer mon Lou, il est encore plus maintenant, signe d’espoir. Et je m’en vais aussi espérer parce que le miracle je n’y crois pas, mais je l’espère quand même.

Je sais que plusieurs collègues de travail me lisent. Je n’en ai pas encore parlé à notre “chef” svp soyez discret, je préfère lui en parler de vive voix. J’aurais peut-être du attendre avant d’écrire, mais j’avais besoin de le sortir.

Merci la vie

Ça y est. Louis-Philippe a eu un an, un an dimanche. Je guettais l’horloge, 21h06, une année entière. J’ai ouvert sa porte, j’ai retenu mon souffle, il dormait dans sa couchette, j’ai vu son souffle soulever son petit bedon rond, je me suis remise à respirer. On ne me l’a pas enlevé, il est encore là. À chaque jour depuis qu’il est né, je crains qu’on ne me le prenne. Comme si je ne méritais pas un enfant si doux. Mais il est là et pour la première fois en une année, j’ai vu mon Lou vieux, mon bébé à l’école, mon Mini qui demande les clés de l’auto et ça m’a fait du bien. Le temps passe si vite, mais je suis si heureuse de le voir vieillir. Que le temps continue de passer, qu’il ne s’arrête jamais, que mon Mini devienne grand. La vie est belle. Louis-Philippe a un an, il est là. Je dirai la même chose que j’ai dit dès que j’ai entendu son premier cri alors qu’il n’était même pas encore tout sorti “Il est vivant!”. Merci la vie.

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