August 4, 2008
On trouve de tout… même des incompétents
Bon je vais tenter de faire un billet compréhensif et bref, mais pardonnez à l’avance la bave qui me coule au coin de la bouche, je ne décolère pas encore.
Laissez moi commencer par dire que je comprends toutes celles qui ont commenté sur mon billet sur l’allaitement et qui disaient que le soutien est bien souvent uniquement des paroles. On nous fait sentir cheap au maximum si on n’allaite pas, mais dès que tu allaites plus que 3 semaines on s’en contre crisse. Quel beau double discours. Je m’explique.
Je n’entrerai pas dans tous les détails, mais je dois depuis mon accouchement et pour des raisons de santé sérieuse prendre des médicaments. Qui dit médicaments dit possibilité de passage dans le lait maternel donc assurance que le dit médicament est compatible avec l’allaitement. Je prenais donc un médicament jugé sécuritaire, mais qui depuis quelques jours ne faisait plus du tout effet. Consultation avec mon médecin de famille, elle me prescrit un autre médicament en pensant qu’il est compatible avec l’allaitement, mais en inscrivant sur la prescription pour le pharmacien de s’en assurer. C’est là où ça se gâte.
Pour faire bref le médicament n’est pas compatible. Le pharmacien plutôt que de me suggérer autre chose, de rappeler ma doc ou de me dire de le faire me sort: “Bien là ce n’est pas comme si vous aviez le choix, il faut prendre le médicament, vous ne pouvez pas allaiter. C’est bien l’allaitement le plus longtemps, mais là c’est le temps de penser à vous.” J’ai pris la peine de lui demander si je devais rappeler mon médecin, mais il m’a dit que ça ne donnerait rien, que c’était ça ou rien. Je n’ai rien dit, j’ai pris mes pillules et je suis partie le coeur en miettes. C’est parce que je me suis battue comme une forcenée pour mon allaitement. Après des gercures, des ampoules de lait qui ont persisté 1 mois, un réflexe d’éjection de compétition international, deux mastites, deux épisodes de muguet, il était hors de question que je laisse tomber sans me battre un peu. Que dis-je j’allais mordre quelqu’un plutôt que de me résigner bêtement. J’ai donc rappelé ma doc en larmes. Elle n’en revenait pas. Elle a fait ce que le pharmacien aurait dû faire et a trouvé un médicament compatible… sans trop d’efforts… En fait, j’avais trouvé moi-même… vive Internet.
Précisons également que le dit pharmacien avait laissé entendre devant mon air abattu que si jamais je continuais l’allaitement ça ne serait sûrement pas si grave puisque la dose qui passe dans le lait est une nano dose. Et bien devinez quoi? Le seul médicament causant des problèmes à l’enfant est celui qu’on m’avait prescrit. Une chance que j’ai fait mes recherches.
Tout ça pour dire que si je n’avais écouté que ce professionnel de la santé, supposé détenir le savoir ultime j’aurais soit mis la santé de mon bébé en danger potentiel soit cesser un allaitement auquel je tiens. Qui plus est l’allaitement est reconnu pour réduire les risques que mon enfant développe plus tard le dit problème de santé que j’ai.
Je suis en beau criss d’avoir eu un service aussi poche de la part d’un soi disant professionnel. On dit partout que l’allaitement est le meilleur, que c’est important, mais dans la pratique… pffffiiii. Jamais je n’aurais mis ma santé en péril pour l’allaitement, s’il avait fallu j’aurais cessé, mais ce n’était pas nécessaire, pas du tout. Il y a une abondante littérature sur le sujet, trouver le bon médicament n’a pas été si compliqué. Je vais faire une plainte par principe (moi et mes principes), mais je ne m’attends pas à grand chose.
Je sais que pour plusieurs c’est un non problème, mais c’est venu remuer en moi tellement de choses. J’ai travaillé vraiment fort pour mon allaitement et j’en suis bien fière (c’est peut-être un peu niais, mais je suis vraiment fière de moi) et au moindre petit pépin on me dit d’abandonner.
Pour l’allaitement depuis que mon Coconut est né j’ai eu du soutien de plusieurs personnes, mais au niveau de l’aide quand ce fut vraiment nécessaire… rien, niet, du tout. Je ne parle pas ici de soutien moral, de ce point de vue ça marche, je parle d’aide concrète et “médicale”. On m’a référé à un médecin spécialiste de la question et bien j’attends toujours… après presque 3 mois. Le vrai soutien je l’ai trouvé sur Internet par l’entremise du Dr Newman, un spécialiste, que dis-je un Dieu de l’allaitement. Je lui en dois quelques unes à lui et vous savez le plus spectaculaire, Dr Newman est médecin à Toronto et chaque fois que je lui ai écrit il m’a répondu… personnellement… et a même proposé d’appeler mon pharmacien… tout ça sans que je ne paie un seul sous ni ne présente aucune carte tchick tchik.
En attendant, je rumine et je prépare mon discours à super pharmacien. Lui il n’a aucune mais alors aucune chance d’approcher sa langue à seulement 100 pieds de mon corps…
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