Hollywood here je suis…
Ça fait longtemps que je n’ai pas été profonde ici… Je ne pense pas que je me retiens, c’est juste que ça va plutôt bien et que l’intensité est dans le quotidien. Ça ne veut pas dire que je n’ai pas mes moments parfois, mes moments hollywoodiens comme je les appelle, mais ils sont rares.
Ce n’est pas non plus parce que je ne parle presque plus jamais de mon Angélique que je n’y pense plus. Au contraire j’y pense plus que jamais, ça fera bientôt 5 ans… mais je n’y pense plus comme avant. C’est rarement triste maintenant, c’est plus… posé je dirais, plus centré, plus doux, plus calme, meilleur je pense bien. Ça ne me fait plus autant mal que le souvenir change, je sais qu’il ne partira pas, mais je ne peux pas le retenir intact non plus, j’accepte qu’il change.
Mais parfois la vague revient et je dirais que c’est ce qui est le pire avec le deuil et la mort. On s’y fait, on l’intègre, on le gère et ça va bien puis un moment donné comme ça, sans tambour ni trompette, ça nous explose au visage et dans ces moments là croyez moi c’est incroyablement intense. Pire que pire je pense. Hollywood au grand complet dans 3 secondes et quart.
C’est arrivé cette semaine…
J’avais une échographie pour vérifier des petites choses (NON je ne suis pas enceinte
) et évidemment qui dit écho dit souvenirs de moments pas trop joyeux. Malgré deux bébés bien vivants après elle, malgré un nombre imposants d’échos après elle, il y a là quelque chose de briser. Je ne pourrai jamais penser à une écho sans me troubler et quand bien même on parlerait d’écho d’un tendon de la jambe. Enfin, le docteur fait son travail, je suis plutôt inconfortable, mais bon ça va. Puis vient le temps de quitter, je me sens bien, je me dis que finalement c’était pas si mal, que je suis peut-être guérie de ma “échorantite” . Je mets les pieds à l’extérieur et là BANG comme un coup de douze dans le front. Il fait le même temps exactement qu’il y a presque 5 ans, le soleil frappe dans mes lunettes exactement au même endroit et ça me scie en deux, plus de jambe, je manque de souffle. À ce moment là, j’ai mal… autant qu’il y a 5 ans… Et à cet instant là il n’y a pas grand chose que je ne ferais pas pour que ce ne soit pas arrivé, il n’y a pas grand chose que je n’échangerais pas pour ravoir ma puce ne serait-ce que trois secondes… même si ma vie est parfaite, même si au fond je ne changerais rien, à cet instant je vendrais pas mal n’importe qui au diable pour une minute avec elle…
Je me suis assisse sur le trottoir, j’ai respiré lentement, j’ai pleuré, la boule a passé, puis je me suis dit que je n’échangerais rien du tout, que c’était ainsi… Et j’ai compris encore une fois à quel point c’était en moi tout ça, que rien ne viendrait jamais rendre cela simple et facile, que ça serait mieux, mais que parfois il y aurait de ces moments pas possibles.
Je suis rentrée, j’ai fait le souper, la plaie ne saigne plus, mais j’ai laissé tomber l’idée de la suturer, il n’y a pas de points qui tiendraient le coup, vaut mieux se faire à l’idée qu’une fois de temps en temps on épongera.
Mon moment Hollywood est passé… j’attends le prochain… puis il me semble qu’un petit tour de crème fouettée et de fraises sur le bord du frigo serait pas mal plus stimulant qu’un 10 minutes à brailler sur un trottoir de clinique sale
Envoye le Geek, 9 petites semaines et demi… quoique avec quatre enfants vaudrait mieux viser 9 minutes et demi.