Archives de May 2010

Pas sorti du bois…

Plus ils vieillissent plus je me dis qu’on n’est pas sorti du bois… Ça combiné au fait qu’on va finir par faire faillite tellement ça va coûter cher de bouffe… Déjà qu’à 8 ans ça mange en quantité phénoménal, je me dis qu’une fois les trois petits mâles en pleine phase de croissance, on est bon pour la banqueroute ;-)

Donc je disais qu’on n’est pas sorti du bois… exemples:

Ça s’obstinent une fois de plus, je ne sais pas trop pourquoi, des jouets, la couleur du mur, le vent dans les arbres, bref tout et n’importe quoi. Et ça y va à grand coup de “Tu es con!”, “Toi même pauvre con”. J’interviens (encore une fois, encore un peu dans le vide… mais bon je ne vais pas les laisser faire totalement non plus) et j’y vais avec de la superbe “reverse psychology”.

-Voyons les enfants! Franchement! On ne se parle pas comme ça! Voir là! Est-ce que je dirais ça à votre père quand on n’est pas d’accord? Est-ce que votre père me dirait ça lui: Tu es con! Pauvre con! Hein?

-Bien non il dirait pas ça Papa voyons! De me dire Coco catégorique. Et je me dis que bon j’ai peut-être réussi à faire mon point… qu’il y a peut-être de l’espoir finalement.

-Bien non, il dirait: Tu es conne, pauvre conne! Tu sais, tu es une fille, c’est féminin, faut accorder le nom en genre!

Lou 3 ans et demi se lance dans une description détaillée de mon physique. J’ai des beaux yeux, des grands cheveux, etc. etc…

-Maman, toi tu as des grosses boules! De me dire Lou.

-Bien voyons Loulou! Veux-tu me dire où tu as appris ça toi? Franchement là. Où tu as appris ça? Je prends mon ton le plus indigné possible.

-Bien je ne l’ai pas appris là. De me dire le petit monsieur avec évidence. Je le sais c’est tout. Ma soeur a des petites boules, toi tu en as des grosses. Je le sais, je suis bon tu sais là, j’en sais des choses moi!

Pis pour conclure… y a aussi la préado qui commence à nous causer quelques maux de tête… Et son paternel a pris conscience de certaines choses dernièrement. Lors d’une séance d’essayage de linge je constate que ma poulette se fait joyeusement zieuter par de jeunes et fringuants jeunes garçons du secondaire, je rapporte le tout au Geek à mon retour.

-Bien là ils regardaient quoi là! De se scandaliser le pôvre papa!

-Bien ils regardaient ta fille! Ils la mataient… Et j’insiste sur le mater… je suis evil parfois… gnak gnak gnak!

-Voyons!!!! Elle a juste 11 ans là!!!!! Yeux sortis des orbites!

-11 ans trois quart et 7/8 oui! Pis bon elle est cute, pis c’est une fille et c’est des gars… Ton de l’évidence…

-Bien là des gars, des gars….

-Chéri… que je dis la voix pleine de miel… Tu ne te rappelles pas avoir eu 14 ans? Tu ne te rappelles pas? Tu sais les hormones là? Tu sais à quoi tu pensais quand tu regardais même la grosse madame pas belle au centre d’achat, tu sais là? 14 ans là… full hormone…

-Ah non!!!! Tu as pas le droit de me faire ça!!! Criss je veux pas me rappeller de ça… pas ma fille!!! De quitter la pièce en maugréant…

Ça finit toujours par vous revenir qu’ils disent :) Pas sorti du bois je vous dis :)

2 ans

clement_2

Il a deux ans aujourd’hui mon Coconut en sucre, mon petit dernier, mon bébé d’amour.

Deux ans et une année intense qui s’annonce… j’illustre.

Ce matin Coconut se lève, je l’accueille toute souriante la voix chantante.

-Bonne fête bel amour! Bonne fête mon coeur!

-Non! De dire le petit Coconut sucré d’un petit ton sec.

-Bien oui mon beau chéri c’est ta fête! Et moi de l’inonder de bisous.

-Non! En babounant.

-Ah mon petit coeur!

-Non!

-Bien oui mon beau fiston d’amour!

-Non!

-Ouin tu n’es pas content toi. Un matin difficile.

-Non!

-On va déjeuner?

-Non!

-On va à Honolulu? Un moment donné une fille s’essait.

-Non!

-Ouin définitivement dans ta phase du non toi hein!

-OUI!

Toute une année je vous dis :) Bonne fête petit homme!

La preuve

Je vous l’ai toujours dit… la neige a peur de se poser sur la pelouse du voisin.

voisin

Hollywood here je suis…

Ça fait longtemps que je n’ai pas été profonde ici… Je ne pense pas que je me retiens, c’est juste que ça va plutôt bien et que l’intensité est dans le quotidien. Ça ne veut pas dire que je n’ai pas mes moments parfois, mes moments hollywoodiens comme je les appelle, mais ils sont rares.

Ce n’est pas non plus parce que je ne parle presque plus jamais de mon Angélique que je n’y pense plus. Au contraire j’y pense plus que jamais, ça fera bientôt 5 ans… mais je n’y pense plus comme avant. C’est rarement triste maintenant, c’est plus… posé je dirais, plus centré, plus doux, plus calme, meilleur je pense bien. Ça ne me fait plus autant mal que le souvenir change, je sais qu’il ne partira pas, mais je ne peux pas le retenir intact non plus, j’accepte qu’il change.

Mais parfois la vague revient et je dirais que c’est ce qui est le pire avec le deuil et la mort. On s’y fait, on l’intègre, on le gère et ça va bien puis un moment donné comme ça, sans tambour ni trompette, ça nous explose au visage et dans ces moments là croyez moi c’est incroyablement intense. Pire que pire je pense. Hollywood au grand complet dans 3 secondes et quart.

C’est arrivé cette semaine…

J’avais une échographie pour vérifier des petites choses (NON je ne suis pas enceinte ;-) ) et évidemment qui dit écho dit souvenirs de moments pas trop joyeux. Malgré deux bébés bien vivants après elle, malgré un nombre imposants d’échos après elle, il y a là quelque chose de briser. Je ne pourrai jamais penser à une écho sans me troubler et quand bien même on parlerait d’écho d’un tendon de la jambe. Enfin, le docteur fait son travail, je suis plutôt inconfortable, mais bon ça va. Puis vient le temps de quitter, je me sens bien, je me dis que finalement c’était pas si mal, que je suis peut-être guérie de ma “échorantite” . Je mets les pieds à l’extérieur et là BANG comme un coup de douze dans le front. Il fait le même temps exactement qu’il y a presque 5 ans, le soleil frappe dans mes lunettes exactement au même endroit et ça me scie en deux, plus de jambe, je manque de souffle. À ce moment là, j’ai mal… autant qu’il y a 5 ans… Et à cet instant là il n’y a pas grand chose que je ne ferais pas pour que ce ne soit pas arrivé, il n’y a pas grand chose que je n’échangerais pas pour ravoir ma puce ne serait-ce que trois secondes… même si ma vie est parfaite, même si au fond je ne changerais rien, à cet instant je vendrais pas mal n’importe qui au diable pour une minute avec elle…

Je me suis assisse sur le trottoir, j’ai respiré lentement, j’ai pleuré, la boule a passé, puis je me suis dit que je n’échangerais rien du tout, que c’était ainsi… Et j’ai compris encore une fois à quel point c’était en moi tout ça, que rien ne viendrait jamais rendre cela simple et facile, que ça serait mieux, mais que parfois il y aurait de ces moments pas possibles.

Je suis rentrée, j’ai fait le souper, la plaie ne saigne plus, mais j’ai laissé tomber l’idée de la suturer, il n’y a pas de points qui tiendraient le coup, vaut mieux se faire à l’idée qu’une fois de temps en temps on épongera.

Mon moment Hollywood est passé… j’attends le prochain… puis il me semble qu’un petit tour de crème fouettée et de fraises sur le bord du frigo serait pas mal plus stimulant qu’un 10 minutes à brailler sur un trottoir de clinique sale ;-) Envoye le Geek, 9 petites semaines et demi… quoique avec quatre enfants vaudrait mieux viser 9 minutes et demi.