Archives de February 2010

Cher monsieur déneigeux de trottoir…

Cher et tendre monsieur qui conduit sa mini déneigeuse sur le trottoir,

Je sais cher monsieur que ce n’est pas évident de conduire une aussi petite machine quand d’autres conduisent de grosses déneigeuses puissantes, c’est pourquoi je me sens si indulgente. Sachez seulement Ô monsieur que le jour où je décide d’aller chercher mes grands à l’école en tirant les deux petits, soit plus de 70 livres, en traîneau et que je me retrouve coincée sur le trottoir je ne l’ai pas voulu. Nenon, je ne l’ai pas choisi. Donc inutile de me klaxonner sauvagement et d’appuyer votre pelle sur le bord de mon traîneau. J’ai beau courir un 8 km à l’heure, je ne tire pas 70 livres dans un traîneau à cette vitesse. Et si très cher monsieur je n’accélère pas suffisamment à votre envie, il est également futile de me gueuler “grosse vache” et je t’enc**** parce que vous savez quoi? Le grosse bien je ne le prends pas… vache je veux bien, on a tous le droit à notre opinion, mais grosse non! Il y a toujours bien des limites, ronde je concède, mais grosse no way! Et comme je suis apôtre de non violence, je ne vous ai pas gueulé après, mais sachez qu’une fois que j’ai atteint le coin de rue et que je vous ai libéré le chemin, ce que vous croyez avoir aperçu était effectivement mon majeur bien dressé. J’ai même pris la peine d’enlever ma mitaine, pas question de créer d’équivoque. Ah… et ce que vous pensez avoir lu sur mes lèvres, c’est effectivement ce que vous croyez. Je ne l’ai pas crier, déjà que je dois vous remercier puisque grâce à vous j’ai dû trouver réponse à la question de mon trois ans: “C’est quoi enc*** maman?”. Alors voilà sur ce je vous laisse aller dans la joie et l’allégresse et moi je ne vous enc*** pas, nenon, je n’ai pas ce qu’il faut et je prône la non violence je l’ai dit… Mais… si jamais je croise un gros méchant, genre bien violent, bien je retiens votre proposition et je vous réfère. Allez ne me remercier pas, ça me fait plaisir, c’est de bon coeur!

Le contexte

Règle généralement admise et importante à appliquer: toujours, TOUJOURS s’assurer de comprendre et de connaître le contexte. Parfois (trop souvent) je ne contextualise pas assez… Exemple:

En pleine préparation du souper tout en tentant de distraire un bébé de 20 mois affamé et un trois ans souffrant de famine aïgue, Coco se décide à me poser THE question.

-Maman, c’est quoi être gai? demande-t-il l’innocence imprégnée dans la pupille.

-Eh gai? Bon ok il se questionne, je me dois de répondre de façon judicieuse et claire. Je me lance donc. Bien gai c’est quand on est un garçon et qu’on est amoureux d’un garçon ou bien une fille amoureuse d’une fille, tu sais on en a parlé déjà là?

-Gai c’est homosexuel? Que me demande Coco plein de surprise dans la voix.

-Oui, oui c’est ça. Dit donc toi tu demandes ça pourquoi? Tu as entendu ça où? Un ami a dit ça?

-Nenon là. Je demandais pour savoir.

Coco n’a pas l’air trop concerné par la question et dans le tumulte du souper et du reste je laisse tomber le contexte…

Le temps passe et alors que je n’y pensais plus, la question revient… En fait pas la question, le contexte… Et encore une fois en pleine heure de pointe familiale.

-Maman? Tu sais là gai là ça veut pas juste dire homosexuel là. De me dire Coco.

-Hein? Il me ramène gai encore? Bon faut sûrement que je creuse.

-Bien non gai ça ne veut pas dire juste homosexuel, ça veut dire joyeux aussi.

Et là j’ai comme un doute…

-Pourquoi tu me dis ça? Qui t’a dit que gai c’était joyeux?

-Bien c’est Madame C. là. Dans mon histoire Julien était joyeux, gentil et gai. Quand elle a demandé comment il était Julien bien moi j’ai dit qu’il était gai.

-Ok, et… J’ai peur là…

-Bien Madame C. voulait savoir si je comprenais c’était quoi gai faque j’ai dit que ça voulait dire homosexuel.

Ah… le contexte…

-Et… que je demande plus trop certaine de vouloir savoir.

-Bien Madame C. a dit que gai ça voulait dire joyeux, mais là j’ai dit que ça voulait dire aussi homosexuel, que ma mère me l’avait expliqué. Puis elle a dit que Julien bien lui il était gai comme dans joyeux.

-Et… Je le sens c’est pas fini…

-Bien j’ai dit que si Julien était gentil, joyeux et gai bien gai c’était peut-être pour homosexuel parce que c’est comme joyeux gai donc… Pis tu sais j’ai dit qu’on le savait pas au fond s’il était gai ou pas.

Silence maternel ici…

-Puis je lui ai dit à Madame C. qu’être homosexuel c’est bien correct, c’est juste que l’amoureux de Julien bien c’est un gars pis c’est tout tu sais.

Silence maternel encore… puis je demande

-Et madame C. elle a dit quoi?

-Que j’étais pas mal tit casse.

-Tit casse??? Hein?

-Bien oui, elle a dit: tu es tit casse mon Coco.

-Ah… perspicace…

-Ouin c’est ça père petit casse.

Morale de l’histoire… Le contexte… toujours chercher le contexte.