Archives de January 2010

Bordel

Aux deux derniers qui se construisent des maisons avec des cousins et des couvertures à la grandeur de la maison, je dis:

“Les gars! Quel bordel!! On se retient un peu svp.”.

Lou regarde son frère et dit:

“Envoye Clem vient, on s’en va au bordel!”

Haïti

Pour moi Haïti c’est beaucoup Dany Laferrière que j’ai découvert par une grande amie… J’ai commencé par L’odeur du café et ce fut un coup de coeur, un grand “boing” dans la patate. À la lumière de la tragédie qui touche Haïti ces jours-ci je repensais à un extrait:

“Une fois par mois, mon grand-père allait voir ses terres, près du cimetière, en face de la vieille guildive de Duvivier. Il y passait toute la journée et ne rentrait que fort tard dans la soirée. Son dîner l’attendait sous le couvre-plat en plastique rose, dans la salle à manger. Quelques mouches volaient autour des plats, par principe. Son repas favori: banane, mirliton, aubergine, très peu de riz (cuit sans sel) avec du pois noir en sauce. Pas de viande, ni de carotte. Da dit toujours qu’il n’y a que mon grand-père et les enfants qui n’aiment pas les carottes. Il s’asseyait, mangeait lentement et se servait toujours une tranche d’ananas pour dessert. Après le repas, mon grand-père se nettoyait longuement les dents. C’était sa fierté. Il a conservé toutes ses dents jusqu’à la fin. Un soir, il avait l’air plus fatigué que d’ordinaire. Il a à peine touché à son repas, s’est longuement brossé les dents avant d’aller se coucher. Une dernière fois.

On l’a retrouvé, le lendemain matin, dans son lit, tout raide.

-Qu’est-ce que la mort, Da?

-Tu verras.”

Elle ne pensait pas si bien dire…

Aie-je besoin de dire que de donner est nécessaire? J’ai choisi la Croix-Rouge.


Et de deux

Bien oui deux billets dans la même heure… Faut croire que je suis en manque ;-)

Juste une petite anecdote mignonne…

Coco 8 ans qui me dit: “Maman moi plus tard je ne vais pas te marier”.

Bon ça y est… Je suis détrônée… Il a compris ;-)

-Non, moi je vais marier M. Parce que tu sais on peut pas avoir de bébé avec sa mère.  Qu’il me dit.

-Oui, c’est une bonne raison. Que je lui dis en souriant.

-Mais tu sais je t’aime pareil là. Juste pas pour me marier.

-Bah c’est correct, je suis ta maman ça me suffit. Que je lui dis en souriant.

-Tu es pas triste hein? Qu’il me demande l’air bien sérieux.

-Bien non mon Coco. Que je lui réponds en souriant.

Lou s’approche donc de moi, me prend la main puis me dit tout sourire.

-Bien moi maman je veux me marier avec toi.

-Bien non mon Lou, tu ne peux pas les mamans ça ne marie pas leur petit garçon. Que je lui précise.

-Pis tu sais tu ne pourrais pas avoir de bébé. De dire Coco.

Définitivement le côté bébé de l’affaire le préoccupe lui… Va falloir préciser l’histoire des abeilles et des fleurs bientôt…

Alors Lou tout sérieux répond:

-Bah, je vais marier maman pis je ferai des bébés à toutes mes autres amoureuses.

Me demande de qui il retient lui… Faudrait peut-être que je m’inquiète ;-)

Se justifier

Je n’écris pas beaucoup… Je me retiens je pense, c’est un constat. Je n’ai jamais aimé la controverse pour la controverse, je n’aime pas le drame. Je déteste me justifier et je trouve depuis un temps que tout tourne autour de la justification. Je lisais les revues de l’année, les bilans et autres choses du genre, certains s’exprimaient sur ce qui les avait le plus écoeuré dans la dernière décennie et bien moi c’est la justification. Plus capable de justifier tout ce que je fais, tout ce que je choisis. J’ai l’impression qu’il n’y a qu’une seule et bonne réponse à toute situation. Et si la bonne réponse à une situation était multiple… si chacun avait sa réponse personnelle.

Je vous explique ce que je veux dire. Je lis à gauche et à droite des femmes se justifier à qui mieux mieux sur leur choix de travailler ou de ne pas travailler, de faire fréquenter la garderie à leurs enfants ou pas, d’allaiter, de prendre des couches lavables, etc. Tout le monde y va de son analyse personnelle. Je veux voir mon enfant grandir, je veux l’élever moi-même, j’ai besoin de m’épanouir hors du foyer, j’ai besoin d’argent, je veux le meilleur pour mon bébé… Et si la bonne réponse était l’ensemble de ces réponses là? C’est quoi le besoin de toujours aller chercher l’approbation de la masse? Pourquoi ma décision serait-elle mieux que celle de Céline, Martine, Sophie, Annie, Claudette? Mon choix c’est le mien, j’ai le privilège incroyable de vivre en 2010 où les femmes ont le choix, du moins en partie, le choix de prendre une décision pour elle, pour leur famille. Je n’ai pas envie de me justifier. Je crois fondamentalement, profondément avoir fait le bon choix, le choix pour moi. Et je l’assume, et que Céline, Martine, Sophie, Annie, Claudette ne soient pas d’accord… vous savez quoi je m’en contrecr***. Est-ce que j’ai besoin de leur accord? Non.

Là vous me direz que c’est normal de se remettre en question, de défendre ses opinions, ses croyances fondamentales et tout, et vous avez raison. Le fait que je ne veule pas me justifier ne signifie pas que je n’ai pas d’opinion sur la question, que je ne crois pas à rien. Mais je pense que ce que je crois est teintée par ce que j’ai vécu et je suis persuadée que mon choix n’est certainement pas le meilleur pour tous.

Qu’est-ce que je pense du maternage? Je pense que ça appartient à chacune d’entre nous, que nous le vivons toute différemment. Je ne l’ai même pas vécu de la même manière pour ma première que pour mon deuxième ou mon troisième ou mon quatrième, c’est dire…

Donc depuis un certain temps je me retiens d’écrire parce que je veux pas avoir l’air de me justifier, parce que je ne veux pas avoir l’air de prêcher pour un bord. Puis je me suis dit que c’est moi que je prive. J’aime écrire, juste pour écrire. Je ne veux pas une carrière de blogueuse, je ne veux pas être lue par mille personnes, j’ai juste envie d’écrire. Puis je me dis qu’il doit bien avoir moyen de dire ce qu’on pense sans se justifier et sans juger. Alors je me remets à écrire plus librement. Je dirai ce que je pense, mais je vous le dis tout de suite, ce n’est que mon vécu et ça vaut ce que ça vaut… soit pas grand chose dans la mesure où vous n’êtes pas moi.

Faites vos choix et cessez de vous justifiez, votre choix c’est le meilleur, certain, c’est le votre!

Le bonheur est dans les petites choses…

Dire qu’on rêve de grandeur, de splendeur… Dire qu’on attend le bonheur avec un grand B, l’amour avec un grand A, alors que les plaisirs sont dans de si petites choses… Lou 3 ans…

-Maman, maman!!!!! Presque hystérique…

-Maman, il y a deux zambonis sur la glace, deux zambonis, DEUX là, DEUX!!!! Ah maman je suis heureux!!! Grand soupir de bonheur complet…

Et dire qu’on cherche le bonheur dans l’absolu alors qu’il est dans une, non dans deux zambonis ;)