Je n’écris pas beaucoup… Je me retiens je pense, c’est un constat. Je n’ai jamais aimé la controverse pour la controverse, je n’aime pas le drame. Je déteste me justifier et je trouve depuis un temps que tout tourne autour de la justification. Je lisais les revues de l’année, les bilans et autres choses du genre, certains s’exprimaient sur ce qui les avait le plus écoeuré dans la dernière décennie et bien moi c’est la justification. Plus capable de justifier tout ce que je fais, tout ce que je choisis. J’ai l’impression qu’il n’y a qu’une seule et bonne réponse à toute situation. Et si la bonne réponse à une situation était multiple… si chacun avait sa réponse personnelle.
Je vous explique ce que je veux dire. Je lis à gauche et à droite des femmes se justifier à qui mieux mieux sur leur choix de travailler ou de ne pas travailler, de faire fréquenter la garderie à leurs enfants ou pas, d’allaiter, de prendre des couches lavables, etc. Tout le monde y va de son analyse personnelle. Je veux voir mon enfant grandir, je veux l’élever moi-même, j’ai besoin de m’épanouir hors du foyer, j’ai besoin d’argent, je veux le meilleur pour mon bébé… Et si la bonne réponse était l’ensemble de ces réponses là? C’est quoi le besoin de toujours aller chercher l’approbation de la masse? Pourquoi ma décision serait-elle mieux que celle de Céline, Martine, Sophie, Annie, Claudette? Mon choix c’est le mien, j’ai le privilège incroyable de vivre en 2010 où les femmes ont le choix, du moins en partie, le choix de prendre une décision pour elle, pour leur famille. Je n’ai pas envie de me justifier. Je crois fondamentalement, profondément avoir fait le bon choix, le choix pour moi. Et je l’assume, et que Céline, Martine, Sophie, Annie, Claudette ne soient pas d’accord… vous savez quoi je m’en contrecr***. Est-ce que j’ai besoin de leur accord? Non.
Là vous me direz que c’est normal de se remettre en question, de défendre ses opinions, ses croyances fondamentales et tout, et vous avez raison. Le fait que je ne veule pas me justifier ne signifie pas que je n’ai pas d’opinion sur la question, que je ne crois pas à rien. Mais je pense que ce que je crois est teintée par ce que j’ai vécu et je suis persuadée que mon choix n’est certainement pas le meilleur pour tous.
Qu’est-ce que je pense du maternage? Je pense que ça appartient à chacune d’entre nous, que nous le vivons toute différemment. Je ne l’ai même pas vécu de la même manière pour ma première que pour mon deuxième ou mon troisième ou mon quatrième, c’est dire…
Donc depuis un certain temps je me retiens d’écrire parce que je veux pas avoir l’air de me justifier, parce que je ne veux pas avoir l’air de prêcher pour un bord. Puis je me suis dit que c’est moi que je prive. J’aime écrire, juste pour écrire. Je ne veux pas une carrière de blogueuse, je ne veux pas être lue par mille personnes, j’ai juste envie d’écrire. Puis je me dis qu’il doit bien avoir moyen de dire ce qu’on pense sans se justifier et sans juger. Alors je me remets à écrire plus librement. Je dirai ce que je pense, mais je vous le dis tout de suite, ce n’est que mon vécu et ça vaut ce que ça vaut… soit pas grand chose dans la mesure où vous n’êtes pas moi.
Faites vos choix et cessez de vous justifiez, votre choix c’est le meilleur, certain, c’est le votre!