J’ai parlé dans mon dernier billet du drame de Mme Cornue. Nous avons tous été touché par son malheur. Enfin, presque tous… Grande Dame parle de l’insensibilité de certains, je voulais répondre dans les commentaires puis je me suis dit que ce serait trop long et que je le ferais plutôt chez moi. Quand un drame frappe on ne sait jamais comment on va réagir, j’en ai déjà parlé mais je ressens le besoin de le redire, on ne sait jamais comment on va réagir… Ne jugez donc pas les autres. Ne dites jamais “moi je ne ferais pas ça” parce qu’au fond vous ne voulez pas savoir ce que vous feriez…
J’ai vécu un petit drame à la mort de mon Angélique, rien de comparable à mon sens à ce que Nadia vit, mais une perte quand même. Une grande brèche dans mon coeur. Je vous l’ai déjà dit le matin de l’accouchement je prenais un petit café bien relaxe, insensibilisé à ce qui allait suivre, le Geek pensait même aller travailler après la “naissance”… Et vous savez quoi? Deux jours après l’accouchement, deux petites journées seulement après avoir bercé le corps sans vie tout mini de ma toute douce, je partais camper avec mes Cocos. Une fin de semaine de camping prévue depuis longtemps, l’illusion que ça aiderait à oublier, à traverser l’épreuve. Ce que nous avons eu l’air sans coeur de faire ça, partir deux jours après avoir ramené une petite boîte verte à la maison plutôt qu’un bébé vagissant. C’était après coup une mauvaise idée, ma montée de lait est arrivée en pleine nuit entre deux réveils par la pluie qui mouillait la tente, avoir le sein qui déborde de lait et aucune bouche à nourrir ne doit pas se vivre entre des murs de vent. Mais nous pensions sincèrement faire la bonne chose. Et ma peine était immense, mon coeur chavirait à tout instant, je ne pleurais pas à chaque seconde, j’arrivais même à rire, mais en dedans c’était le désert. J’ai parlé de ma fille sur mon blogue et j’en parlerai encore. Pas pour exposer, publiciser, dévoiler, parce que c’est ainsi, c’est ma vie et elle en fait partie.
C’est si facile de dire ou de penser qu’on ferait si ou ça… je le sais je le fais aussi trop souvent… mais au fond on ne sait pas et on ne veut pas savoir. Ça me frise les orteils de penser qu’on se permet de juger de la façon dont quelqu’un vit un si grand drame, qu’on se permet de juger de la personne. Qu’on aurait fait différent, c’est possible, est-ce à dire qu’on aurait fait mieux? Qu’est-ce que mieux?
Et oh pour finir, tous ceux qui clament haut et fort que “eux ne survivraient pas” et bien j’ai appris une chose… On survit… et au fond c’est ça le pire… et le meilleur aussi.