Archives de April 2008

Un fil…

La vie ça ne tient pas à grand chose, un fil, un très mince fil. Tout va bien tout est beau dans le meilleur des mondes puis soudain tout bascule, le fil se tord, parfois même il se brise. J’ai vu le fil se tordre pour moi il y a bientôt trois ans et j’ai compris qu’à défaut de ne pouvoir l’empêcher de tortiller je pouvais au moins en profiter le temps qu’il tenait.

Ces jours-ci le fil se tord sérieusement pour des gens que j’aime. Leur pinotte de l’âge de Coco ne va pas bien. Le genre de maladie que seulement au nom on sait que c’est sérieux. Celle-là qui vous scie les jambes, vous coupe le souffle. Le style de drame où on ne peut même pas dire tous les espoirs sont permis parce que ce serait mentir. Je pense à eux, à défaut d’autres choses je pense à eux.

Puis comme pour nous rappeler d’en profiter la mort est venue là où on ne l’attendait pas, elle a pris une femme encore jeune, merveilleusement belle, équilibrée comme peu de gens que j’ai connu. Comme ça, au détour, sans avertir, un matin tout va, le lendemain c’est fini. Je pense à sa fille sans maman, à son mari qui doit maintenant vivre sans elle, lui qui a vécu plus longtemps avec elle dans sa vie que sans, à ma famille particulièrement Pauline qui l’a connu petite fille. Je pense au vide. À ce point entre mes deux seins qui m’opprime, me coupe l’air.

Et j’ai soudainement furieusement envie de vivre, de rire, d’hurler, de courrir, de donner la vie. Clément arrive dans deux petites semaines, dans 15 jours, 14 dodos, mon fil s’allongera et je vais profiter de chaque seconde, de chaque respiration, parce que mon fil n’est pas plus solide que celui des autres et que je sais bien trop que n’importe quoi peut arriver. En attendant, je vais honorer la vie, je vais envoyer des ondes à petite Cocotte malade, je vais penser très fort à tous ceux que Line a laissé derrière et je vais penser à elle qui incarnait si bien la vie. Je connais si peu de choses de la vie sinon qu’il faut la vivre maintenant, je vous laisse donc, je m’en vais vivre un peu.

Trois semaines…

Voilà c’est ce qu’il reste au maximum avant l’arrivée de Clément. Aujourd’hui j’avais ce que j’espère notre dernière rencontre photographique avant son arrivée, une écho de contrôle pour vérifier que le diabète et l’hypertension ne l’affecte pas trop. Verdict: Il est parfait mon petit monsieur, grande forme, 50e percentile, doppler impeccable. Bref, tout baigne. J’ai lâché un énorme soupir de soulagement et ma doc aussi (va falloir que j’écrive à quel point je l’aime elle un de ces 4, elle est géniale). On n’a pas vu grand chose de petit monsieur, un pied ici, une main là, mais il ne coopérait pas vraiment et surtout ce n’était pas une séance de pose beauté, mais bien un contrôle médical. Ça veut donc dire que mes trois séances de prise de tension quotidienne, mes petites pilules oranges deux fois par jour, mes six glycémies journalières, mes trois injections d’insuline quotidienne et la satanée diète (qui m’a d’ailleurs fait perdre un kilo et demi en deux semaines) portent fruit. J’ai l’air d’une passeoire à force de me piquer de partout, mais petit homme va bien et il n’y a que ça qui compte. Maintenant reste plus qu’à boucler la valise et attendre. Et vous savez ce que je mets dans ma valise, une belle grosse palette de chocolat Côte D’or au lait, celle dans l’emballage beige… j’en rêve, j’en bave… Elle va être bonne, tellement bonne.

Gnan gnan gnan

Vous vous doutez bien que mes super voisins pelleteux professionnels s’en donnent à coeur joie avec le soleil qui se pointe. Ça pellete le banc de neige mes amis, faut que ça fonde et vite. Mais pas n’importe comment, nenon, il faut défaire le banc de neige en petite couche toute douce, il faut étendre la neige finement sur l’asphalte qu’elle fonde en synergie. Nous et bien on garde la même ligne de pensée que pour le reste, la neige fondra quand elle voudra bien, liberté c’est notre devise.

Mon super voisin me disait dernièrement que nous aurions de la neige encore en juillet si on ne la pelletait pas. Comprendre ici que lui faisait son travail…

Bien devinez quoi? Qui est la première maison de la rue à ne plus avoir de neige devant sa maison? Qui? Hein qui qui qui? Bien oui c’est nous!!! Puis sans pelletage aucun gnan gnan gnan et je n’ai pas pu résister… j’ai croisé super voisin, lui ai fait remarqué la chose et j’ai glissé: “La nature quand tu la respectes elle te le rend bien.” Ça y est je suis en train de virer folle moi aussi… mais c’était bon!!!! Et lui voir la face… ça valait de l’or. Je vous dis que la pelle c’est fait aller après. Mais pour cette année… j’ai gagné gnan gnan gnan ;)

Ah et puis maintenant que le pelletage tire à sa fin, le nouveau sport estival est commencé… de quossé? L’arrosage de l’asphalte! Bien oui elle a manqué d’eau cet hiver, faut la sauver. Le Geek n’en revenait pas du tout, il a subtilement croqué la chose.

asphalte.jpg

Ça y est, je suis soulagée

Depuis quelques semaines j’angoisse, je vois toute la neige et je me dis que ça ne se peut pas, que ce n’est pas normal. C’est que voyez-vous je me suis toujours dit depuis le début de ma grossesse que j’accouchais au printemps, que bébé arriverait au printemps, mais bon il n’y avait pas trace de printemps. Le printemps ce n’est pas 10 pieds de neige sur le terrain, des manteaux d’hiver et des bottes. Jamais toute cette neige ne fondrait, le printemps ne viendrait qu’en juin (ou en juillet si j’écoute mon super voisin pessimiste). Je ne pourrais donc pas accoucher… c’était décidé. Puis le soleil est sorti, la neige a fondu presque entièrement, j’ai rangé mon manteau d’hiver pour sortir des chandails trop petits (mais ô combien plus léger), je porte mes souliers. L’ordre des choses est rétablie, je vais pouvoir accoucher… fiouuuu ;)

Le printemps arrive la bedaine sort

Bon ça y est les voisines peuvent se rincer l’oeil, avec l’arrivée du printemps elles rentrent au bercail (plusieurs s’exilent à la chaleur pour les rigueurs de l’hiver) et je sors ma bedaine (plus difficile de constater l’état de grossesse en manteau d’hiver). Voilà donc que je croise l’une d’elle qui rentre de sa migration vers le sud. Je vois tout de suite dans ses yeux le choc (c’est vrai que je suis plus qu’enceinte), elle équarquille ses pupilles, laisse tomber la mâchoire et me lâche:

“Bien voyons vous là! Qu’avez-vous été faire pendant que j’étais pas là? Voulez-vous bien me dire! Mon doux!”.

Ma réponse… “Rien de spécial, plein de petites affaires bien agréables… ça finit de même des fois.” Que je réponds regard un brin lubrique en flattant mon gros bedon rond.

Ça valait la peine… je l’ai vissé, elle n’a même pas su quoi répondre d’autre que: “Eh eh ouin bien eh bonne journée là”.

Mais bon je ne m’en fais pas… elle va cuver… elle va se reprendre ;)

Pour l’amour de la photo

Mon Geek aime faire de la photo, regarder des photos, lire sur la photo, bref il en mange.

Il s’est fait un photo blogue pour partager ses coups de coeur de ses propres réalisations ou encore celles des autres. Il met une photo par jour minimum. J’adore l’idée et j’avoue que les photos sont belles alors je partage: Les pixels de Benoit. Évidemment c’est majoritairement des photos de nos rejetons… que voulez-vous on en a trop fait maintenant on vous les fait endurer ;)

Un travail à temps plein…

Bon j’écris peu ces temps-ci, c’est que voyez-vous je suis occupée ce n’est même pas drôle. Pire que si je travaillais… je vous jure parfois je voudrais être à la place du Geek pour aller prendre une pause au bureau ;)

J’en suis maintenant à des rendez-vous hebdomadaires à l’hôpital depuis 30 semaines. Puisque ma doc (la meilleure du monde) est trop gentille elle me case mes rendez-vous sous sa garde. Comme ça j’évite de devoir expliquer mon cas ce qui prend toujours trop de temps. Pour l’instant bébé va bien, c’est moi qui tire un peu de la patte. Mon col est relativement beau (ça c’est le bon côté), mais ma pression est ordinaire, le diabète s’en mêle et je ne dors presque plus. Donc rendez-vous avec l’endocrinologue demain, échographie avec doppler le 23, NST hebdomadaire mercredi et rendez-vous aussi avec le néphrologue (pas certaine que c’est ça, j’en perds un peu moi aussi).

Au travers de ça je dois reconduire l’auto chez le garagiste (me suis fait emboutir dans la super tempête de mars), amener Coco chez le dentiste jeudi prochain, rencontrer (encore calvaire) la prof de Cocotte, remplir des formulaires pour mes assurances (et en faire remplir à mon employeur, ma caisse, etc.) et m’occuper de monsieur Lou qui a attrapé un horrible virus… diarrhée depuis 5 jours… ça dure 7 à 10 jours supposément. On est au jour 5, c’est moins pire, mais bon disons que si l’adage qui veut que se mettre les mains dans la m… signifie ne pas manquer d’argent est vrai et bien nous serons riches et dans pas long long.

Au travers ça j’ai eu l’Appel hier, celui avec un grand A. L’éviction de monsieur Clément se fera le 15 mai s’il accepte d’attendre jusque là et si mon corps accepte de tenir le coup jusque là lui aussi (38 semaines 6 jours). Ça s’en vient… vite, bien bien vite. Donc voilà comme dirait une vénérable bibliothécaire d’un autre temps “Alors c’est tout ça”.

Follerie

Petit tour au garage ce matin (le vrai garage pour les voitures là, pas le docteur, au cas où certains feraient de la mauvaise association). Le monsieur du dit garage, ci-après nommé le gars, arrive me regarde et dit gentiment et plutôt poliment:

-Ah wow! Belle bedaine ça madame, c’est à veille de sortir ça mes amis. C’est-tu votre premier?

-Non, mon 4e.

La face lui change, les yeux lui sortent et c’est plus fort que lui il réplique:

-Ostie tu es folle! Eh… excusez moi là, vous êtes folles madame.

Je l’ai trouvé vraiment bonne, je la ris encore. N’empêche qu’il a du me demander dix fois si je niaisais, si j’étais sérieuse, que “wow ça avait tu de l’allure”. Bref, j’ai fait sa journée et il a fait la mienne ;)