avril 30, 2008
Un fil…
La vie ça ne tient pas à grand chose, un fil, un très mince fil. Tout va bien tout est beau dans le meilleur des mondes puis soudain tout bascule, le fil se tord, parfois même il se brise. J’ai vu le fil se tordre pour moi il y a bientôt trois ans et j’ai compris qu’à défaut de ne pouvoir l’empêcher de tortiller je pouvais au moins en profiter le temps qu’il tenait.
Ces jours-ci le fil se tord sérieusement pour des gens que j’aime. Leur pinotte de l’âge de Coco ne va pas bien. Le genre de maladie que seulement au nom on sait que c’est sérieux. Celle-là qui vous scie les jambes, vous coupe le souffle. Le style de drame où on ne peut même pas dire tous les espoirs sont permis parce que ce serait mentir. Je pense à eux, à défaut d’autres choses je pense à eux.
Puis comme pour nous rappeler d’en profiter la mort est venue là où on ne l’attendait pas, elle a pris une femme encore jeune, merveilleusement belle, équilibrée comme peu de gens que j’ai connu. Comme ça, au détour, sans avertir, un matin tout va, le lendemain c’est fini. Je pense à sa fille sans maman, à son mari qui doit maintenant vivre sans elle, lui qui a vécu plus longtemps avec elle dans sa vie que sans, à ma famille particulièrement Pauline qui l’a connu petite fille. Je pense au vide. À ce point entre mes deux seins qui m’opprime, me coupe l’air.
Et j’ai soudainement furieusement envie de vivre, de rire, d’hurler, de courrir, de donner la vie. Clément arrive dans deux petites semaines, dans 15 jours, 14 dodos, mon fil s’allongera et je vais profiter de chaque seconde, de chaque respiration, parce que mon fil n’est pas plus solide que celui des autres et que je sais bien trop que n’importe quoi peut arriver. En attendant, je vais honorer la vie, je vais envoyer des ondes à petite Cocotte malade, je vais penser très fort à tous ceux que Line a laissé derrière et je vais penser à elle qui incarnait si bien la vie. Je connais si peu de choses de la vie sinon qu’il faut la vivre maintenant, je vous laisse donc, je m’en vais vivre un peu.
Commentaires(8)