Archives de mars 2008

Principes

Moi pis mes osties de principes des fois!!! Bon je commence intense, mais j’ai mon voyage là, comme pas à peu près. Malheureusement et heureusement aussi je suis une fille à principes. J’ai toute sorte de principes qui pour moi sont fondamentaux. Je pourrais élaborer longtemps, mais disons que la plupart du temps j’en suis plutôt fière, mais parfois ça ne me sert pas non plus. Comme la fois où j’ai refusé un gros montant d’argent d’un grand magasin parce que je considérais que c’était m’acheter. On m’offrait un montant d’argent en cossins plutôt que ce à quoi j’aurais eu droit. J’avais dit au moment de ma plainte que je n’étais pas à vendre et que le respect n’avait pas de prix pour moi. J’ai donc  préféré me passer de leurs bébelles cheap et avoir le sentiment d’être intègre. N’empêche que je suis intègre, mais j’ai toujours pas de tapis décoratif dans mon salon.

Enfin, tout ça pour dire qu’au début je ne voulais pas vous parlez de touts mes déboires avec l’école de ma fille (en fait plutôt avec sa prof), de tout ce qui se passe là. Pourquoi? Par principes, parce que ça ne se fait pas, parce qu’il n’y a rien que j’ai plus en horreur qu’un parent qui blâme tout sauf lui-même ou son enfant pour ses problèmes. Sauf que là au diable les principes, la cour est pleine, j’ai besoin d’évacuer.

J’ai confiance au système d’éducation, je viens d’une famille où il mouille des profs, ma soeur et ma belle-soeur sont profs de primaire entres autres. Puis je suis allée à l’école assez longtemps pour me débrouiller dans le système et comprendre un certain nombre de choses. Quand ça c’est mis à mal aller pour ma fille (je vous en ai déjà parlé d’ailleurs) j’ai cherché des explications chez elle, dans son comportement, dans son cheminement. Pour moi il était improbable voire impossible que la faute incombe au prof, je vous le dis je suis allergique au blame shifting et aux parents qui surprotègent leur progéniture. Sauf que j’ai fauté sur celle-là. J’aurais bien dû me douter qu’une enfant en 4e année ne devient pas mauvaise (je ne parle pas de moins bonne, je parle de pas bonne là), qu’une enfant moyenne ne développe pas des troubles graves jamais détectés auparavant ni même suspectés. J’aurais dû, mais je ne l’ai pas fait. Puis le doute c’est installé, les incidents se sont multipliés à une vitesse folle et le tout c’est confirmé. J’en suis tombée sur le cul. Ma fille a une incompétente comme professeur. C’est triste, c’est extrêmement choquant, mais c’est ça. Le pire… tout le monde le sait. Je suis presque la dernière à le réaliser. La direction le sait. L’orthopédagogue le sait. La commission scolaire le sait. Tout le monde le sait. Et maintenant je le sais aussi. Et je me bats… et ça me fait chier. C’est long, pénible, chiant et sérieusement à long terme ça donnera peut-être quelque chose, mais à court terme rien du tout. Il est trop tard pour ma fille et il est trop tard pour les 25 autres élèves de sa classe. Ça me donne le goût de dire criss de syndicat…

Mais dans un autre ordre d’idée sans syndicat je peux vous dire que ça ne serait pas toujours rose… justement je suis là-dedans présentement… pour moi et laissez moi vous dire que… Puis non je vais quand même pas envoyer valser tous mes principes d’un seul coup, je vais la fermer sur celle-là ;)

Bedondaine

Hier nous avons eu le plaisir et le privilège de rencontrer la charmante JulieJulie pour une super séance de bedon. La rencontre fut très agréable et les photos sont magnifiques. Julie a une patience incroyable, ne s’est pas laissée démonter par l’énervement plutôt intense de Coco qui était dans une forme… disons énergique, a su combler nos demandes et même en anticiper plusieurs. Je suis ravie des résultats, vous pouvez voir une présélection ici.

Merci encore belle Julie

Et tiens je vous mets mon petit coup de coeur

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Une autre petite

Pour faire suite au dernier billet, une autre qu’on me sort souvent quand on me voit avec l’ensemble de la marmaille et ma grosse bedondaine:

“Hon sont-tu tout à vous?” ou encore “Dites moi pas que c’est tout à vous ces enfants là?” ou pour une variation sur le même thème “Bien là c’est quand même pas tout vos enfants à vous là?”.

Avec le temps j’ai développé certaines réponses:

“Bien non je m’ennuyais j’en ai ramassé deux dans le rayon de la viande” (Ça c’est pour l’épicerie) . “Les enfants? Quels enfants?” (En regardant affolée autour de moi. Cocotte lève généralement les yeux au ciel). “Non, non” (Ça suscite des regards dévorants de curiosité… que je laisse joyeusement dans le doute). “Hum… ” (Et je me contente de sourire. Ça suscite encore plus d’interrogations). Ou parfois un simple “Oui” (Je ne suis pas toujours dedans).

À noter que chaque commentaire (même ceux qui sonnent un peu raides) sont dit avec un beau sourire… je reste gentille et polie (du moins j’essaie ;) ).

Mère courage

Étant au repos (léger, mais quand même) je sors peu de la maison, je m’épargne donc quantité de commentaires déplacés. Mais il m’arrive encore de mettre le nez dehors et là j’y ai droit. Dans ma grande générosité je partage avec vous la sagesse du peuple.

À noter que je suis à 30 semaines 5 jours de grossesse, j’ai un beau gros bedon rond et je suis à plus ou moins 7 semaines, 7 semaines et demi d’accoucher. Personnellement, je trouve ça bientôt, mais bon c’est relatif…

La remarque qui revient fréquemment:

-Ha mon doux quelle bedaine! C’est pour bientôt? Madame sous le choc.

-Oui, un mois et demi, deux.

-Ha ben là vous avez encore un bon bout à faire. My God vous allez exploser.

Il y a plein de variantes du type “encore 7 semaines, pauvre vous vous allez rouler” ou encore “vous allez bien fendre en deux”. Bref, plein de belles petites remarques charmantes.

Dans une pharmacie où l’on se fait des amis, j’ai eu droit à:

“Ayoye c’est gros une bedaine enceinte, mais bon une chance vous êtes déjà un peu ronde c’est moins dure que devenir grosse quand on est mince là.”

Chez ma coiffeuse:

“C’est important de se gâter à la fin comme ça. On a le corps tout “scrapper” on peut bien prendre soin de ce qu’il nous reste, une bonne coupe ça fait du bien à défaut d’avoir des beaux petits seins dures.”

Au dépanneur, à l’épicerie, à l’école, à la bibliothèque, bref partout lorsque je dis que non ce n’est pas le premier mais bien le quatrième.

“Ah bien mon Dieu! Ah bien j’en reviens pas. Ah bien wow! Que vous êtes courageuse!” .

Courageuse… C’est drôle parfois je me sens folle, parfois un brin marginal, parfois un peu capoté et souvent chanceuse, mais courageuse jamais. La mère qui élève seule 4 enfants avec un salaire sous le seuil de la pauvreté est courageuse, la femme qui lance ses 7 enfants par la fenêtre pour les sauver d’un feu est courageuse, la fille de 17 ans qui se retrouve enceinte et qui se retrouve aussi toute seule pour élever le bébé est courageuse, la femme qui doit attendre des années pour réaliser son rêve de maternité est courageuse. Moi, pas une miette, je suis juste chanceuse.

Ah et pour conclure ma savoureuse du mois:

“Quatre??!!!! Ayoye il y a du monde malade quand même, j’endure à peine mon deuxième, voir si j’en aurais 4.”

Le tout mesdames et messieurs devant les deux enfants en question suffisamment âgés pour comprendre…

J’en ai marre

Il me semble que je me baignerais, je mettrais un beau petit maillot et je me sentirais belle et sexy. Je serais toute seule dedans mon corps, j’arriverais à me lever de mon divan en 2 secondes et quart sans souffler ou chialer. J’enfilerais des gougounes d’un mouvement rapide et je sortirais sur mon patio boire une bonne bière froide ou un délicieux verre de rouge.

Au lieu de ça, je vais aller chercher mes enfants à l’école et mettre mon manteau qui ne ferme même plus après m’être extirpé du divan en me lamentant. Je vais essayer de ne pas me tuer ou de ne pas écraser Clément en enfilant mes bottes. J’aurai l’air d’une grosse baleine déguisée en pingouin et je vais tenter de trouver une place pour stationner à l’école dans un stationnement même pas déneiger plein de malade qui roule trop vite (si seulement j’avais le droit de marcher j’irais tellement à pied). Ensuite je vais essayer de ne pas me péter une jambe ou de ne pas me casser le coccyx en tentant de d’atteindre la cour d’école glacée. Au retour je vais boire un grand verre d’eau et espérer sincèrement que la tempête de la semaine dernière était la dernière sinon je ne réponds plus de moi. Je suis écoeurée… vraiment.

Supériorité

Coco 6 ans parle à son frère de 18 mois, il articule chaque mot comme si c’était le dernier et fait répéter fidèlement sa petite bête. L’autre répète au mieux de ses capacités.

-De-dans, met la ba-ba-lle de-dans. Allez Lou dit le, de-dans. Articule exagérément le grand frère.

-Dadans, dadans, bal dadans. Répète le petit chien savant… eh le petit frère.

-De-dans, c’est Deeeee-dans. Coco met bien l’emphase sur le E.

-Dadans dadans dadans. Répète inlassablementle petit frère.

-Ouin, tu comprends pas vite vite toi. Tu es pas rapide, rapide, mais tu es mignon, tu es gentil pis je t’aime faque c’est pas trop grave si tu es pas aussi intelligent que moi. De conclure l’être supérieur en caressant la chevelure du pauvre petit frère lent.

Les plus belles années

Voilà quelque chose auquel j’ai beaucoup pensé ces dernières semaines, j’étais pleine de nostalgie. Quelles sont les plus belles années de ma vie? Celles qui sont passées? L’enfance, l’adolescence, il y a 5 ans, 10 ans? Pourquoi toutes ces questions vous me direz? En gros, parce que je prépare la fin de ma maternité et la fin c’est bien souvent le temps des questionnements. Puis aujourd’hui je tombe sur un billet du Voyou qui me donne envie de partager mes réflexions avec vous.

Je dis que je prépare la fin de ma maternité et c’est vrai et ce sera définitif. À la naissance de Clément en mai par césarienne je me ferai ligaturer. On ne peut pas plus définitif. Je suis certaine de mon choix, mais j’avoue qu’au début je ressentais un malaise, et si je changeais d’idée? Et si un jour j’en voulais un autre? Et si? Et si? Puis j’en ai eu assez, j’ai décidé de creuser le pourquoi du comment. Pourquoi ce malaise alors que je sais très bien que Clément est le dernier, que physiquement pour moi un autre bébé est impossible (oui impossible) que quatre enfants me suffit. Pourquoi? Bon, il y a le deuil, la fin de quelque chose, ça fait toujours un choc, mais il y a aussi l’impression de laisser derrière les plus années de ma vie. Ma mère me dit toujours: “Profite de tes petits pendant qu’ils sont petits, c’est le plus beau temps après ce n’est plus pareil.”. Et je me disais que ça faisait du sens et je profitais, mais en même temps mes petits grandissaient et je trouvais ça encore bien. Puis j’ai réalisé que je ne voulais pas de ça. Je ne veux pas d’un passé nostalgique, plus beau que le reste, je ne veux pas passer ma vie à penser que le meilleur est derrière. Non, je ne veux pas. J’ai donc fait le ménage dans ma tête et je profite maintenant du moment présent. Clément c’est le dernier. C’est la fin, mais le début d’autre chose. Mes petits sont mignons et adorables, ils deviendront grands et boutonneux et peut-être bien un peu cons parfois, mais ils seront encore mignons, ce sont les miens.

Les plus belles années elles sont devant. Et vous savez quoi, j’y crois, fermement. Le meilleur est à venir. Fuck la nostagie, je l’ai déjà dit le passé est toujours plus beau qu’il ne l’a vraiment été, j’ai envie de focuser sur le maintenant. Comme une faveur que je me fais, je me le dois, je le dois à ceux que j’aime et je le dois à Angélique je pense. Encore elle, toujours elle. Et vous savez quoi, si je devais répondre là maintenant à la question “Quelle est le plus beau moment de ta vie?”. Bien je dirais, là, là maintenant, enceinte de mon quatrième, 32 ans, heureuse, amoureuse, écoeurée de plein d’affaires, désillusionnée sur d’autres, mais heureuse quand même. Et dans ces moments là je me sens chanceuse, beaucoup tellement que j’ai presque honte… J’ai dit presque ;)

PS. Ne vous faites pas d’illusions non plus, je ne cours pas dans un champ de marguerite en robe blanche les cheveux aux vents en proférant Carpe diem à tue-tête non plus. Je suis réaliste, je sais la fragilité de tout ça, mais pour l’instant ça me va.