C’est bon pour le moral

Petite introduction avant de tomber dans le vif de la chose. Mes enfants ont tous été aux couches jetables. Je sais c’est une honte, mais j’ai enfin décidé de faire le virage vert. C’est que ma mère nous a élevé aux lavables, j’avais plus de 7 ans quand ma soeur est née et je m’en rappelle. C’était dégueulasse! Le trempage, les fuites, l’odeur, tout quoi et surtout le frottage et moi je suis une grande sensible. Ça beau être le petit caca de mon petit trésor, ça m’écoeure au cube, je suis super dédaigneuse. Mais bon en 25 ans les choses ont changé, j’aurais du m’en douter. Considérant que nous faisons toujours dans la mesure du possible des choix écolos, les couches jetables sont à l’encontre de notre philosophie de vie. Après m’être méga renseigné (on est bibliothécaire ou on ne l’est pas, demandez au Geek il est juste plus capable de m’entendre analyser, décortiquer les pour, les contre, les modèles…) voilà que je vais faire le saut (à noter que le Geek est prêt depuis bien plus longtemps lui). Avant de plonger, dans ma recherche j’ai vu que plusieurs municipalités offrent aux parents une subvention pour le choix des couches lavables. Je regarde donc sur le portail de ma ville, je ne vois rien sur le sujet. Je décide donc d’écrire à la ville.

Comme mon titre dit tout, j’habite le 450, Laval. Un choix stratégique. On a longtemps habité Montréal, mais on n’avait pas les moyens d’acheter quelque chose d’assez grand pour la famille sur l’île donc après essais et erreurs on s’est rabattu sur Laval. Notre choix a été longtemps pensé, deux ans avant l’ouverture du métro on a donc acheté une maison à distance de marche de l’une des stations, car pour nous c’est transport en commun assuré, c’est un choix logique (on travaille au centre-ville), mais aussi écologique (pas question d’utiliser notre auto, c’est contre nos principes). Voilà maintenant un an qu’on profite de notre choix judicieux, tous les avantages de la ville et à l’époque ça restait abordable (maintenant on oublie ça, disons que notre sens du timing a été parfait). Bref, ce fut Laval, après tout c’est bon pour le moral il paraît.

J’écris donc à la ville un courriel d’information, quelque chose de simple, mais aussi de rigolo, on commence en douceur. Le déneigement à Laval fait dure, mais la réponse à ma question est venue dans les 10 minutes suivantes et quelle réponse. Je vous la “colle” :

Veuillez noter que la Ville de Laval a déjà fait une réflexion à ce sujet. Il s’est avéré qu’il serait difficile de vérifier avec certitude si une famille utilise bel et bien des couches de coton et non des couches jetables durant une année complète, à chaque jour de l’année. En supposant que des inspecteurs devraient effectuer des vérifications, les coûts d’inspection feraient monter la facture de façon importante en s’ajoutant aux coûts d’enfouissement et de gestion du programme.

Par conséquent, la Ville de Laval n’a plus envisagé de se doter actuellement d’un tel programme et aucun crédit n’est accordé aux familles qui utilisent des couches de coton au lieu des couches jetables.

J’ai lu deux fois plutôt qu’une… Ça ne me dérange pas qu’on n’offre rien aux parents, c’est plutôt la réponse… un inspecteur de couches lavables… J’en revenais pas, j’en reviens pas encore. Vérifier avec certitude… Puis là je me suis dit est-ce que les villes qui offrent ça ont des inspecteurs de couches??? Et j’ai appelé… (bien oui, il faut vérifier quand même). J’ai appelé la ville de Sherbrooke, je sais qu’ils offrent quelque chose (en plus Sherbrooke c’est quand même assez gros, ça ne fait pas village, j’ai rien contre les villages, mais juste au cas où ville de Laval trouverait que St-Machin-Quelque-Chose manque de crédibilité) . La dame très gentille m’explique qu’en présentant une facture détaillée et une preuve de résidence ils offrent un remboursement de 100$ pour l’achat d’au minimum 25 couches lavables. Alors là je demande comment ils font pour savoir qu’on utilise les couches lavables. Elle me répond qu’au prix que coûte 25 couches (genre 400$) le 100$ est un coup de pouce, l’investissement pour les parents reste suffisamment considérable pour que la municipalité croit en la bonne foi des familles. Là je demande s’ils ont des inspecteurs… pour les couches… La madame a ri, et ri et ri encore, elle se roulait complètement. J’ai fait sa journée… Elle a conclu ça par : “Quel imbécile mettrait des inspecteurs pour des couches?? Non, mais la bonne foi ça compte. Et puis quoi encore si vous déménagez avant que l’enfant soit propre on vous fait une facture au prorota du caca non utilisé”. Et de rire encore et encore…

Bref, Laval c’est peut-être bon pour le moral, mais pour l’environnement… et pour le bon sens…

Je me compose une réponse. Il y a fort à parier que ce sera moins… plus… enfin… Puis si jamais il y a des ouvertures de postes pour des inspecteurs de couches je vous tiens au courant. Tu sais payé 50 000$ comme col bleu par année pour aller “zieuter” les popotins de bébés, ça peut être intéressant ;)

Comments

  1. February 13th, 2008 | 2:59 pm

    OMG! Quelle honte de la part de Laval, de t’avoir envoyé une telle réponse. Non mais c’est vraiment trop ridicule.

    Oh! Voilà de quoi ajouter dans notre petit livres des raisons pourquoi on quitte et qu’on retourne dans le 514

  2. February 13th, 2008 | 3:13 pm

    Je me tords de rire. C’est tellement ridicule!

    Je suis bien d’accord avec Sherbrooke… Une preuve de résidence et une facture détaillée de couches, il me semble que c’est simple, logique et bien assez!

    Chou pour Laval…

  3. February 13th, 2008 | 3:21 pm

    Je relis leur réponse: “durant une année complète, à chaque jour de l’année”. Comme si une utilisation occasionnelle et complémentaire des couches jetables allait générer pour eux autant de déchets à traiter (lire de dépenses) que leur utilisation exclusive. Bref, ils ne voudraient subventionner que les purs et durs extrêmes. Pas question de subventionner ceux qui mettent des jetables le premier mois. Ou quand ils sortent. Ou la nuit. Ou pour les vaccins, parce que les lavables ne dégagent pas assez la cuisse au goût du médecin… et caetera… Pour la ville de Laval je suis une pollueuse extrême car j’ai fait tout ça!

    Je m’assume.

  4. February 13th, 2008 | 11:48 pm

    La Ville de Laval ne semble pas compter parmi ses employés beaucoup de parents consciencieux face à l’environnement : il est évident que la personne qui a répondu à ta demande ne connait pas grand chose à l’utilisation des couches lavables.

    Bravo aux Villes qui ont pris la bonne décision en encourageant et en aidant les familles à aller de l’avant dans l’achat de couches de coton. Peut-être que d’autres municipalités finiront par les imiter.

    C’est bien d’avoir manifesté ton intérêt. Je devrais en faire autant, même si j’ai déjà mes couches. En en parlant, l’idée finira par faire son petit bout de chemin!

  5. Joa
    February 17th, 2008 | 8:44 am

    Me semble de voir un inspecteur d’Hydro-Québec sonner chez nous pour venir voir si j’utilise correctement mes nouveaux thermostats programmables avant de me donner mon rabais de 45$. Un coup parti, Hydro pourrait installer une web cam dans ma salle de lavage pour voir si je lave à l’eau froide avec ma nouvelle laveuse frontale pour laquelle ils m’ont envoyé un rabais postal de 100$.