Pas si pire
Une étude paraît aujourd’hui et nous informe que nos jeunes de 4e années ne sont pas des as de la lecture. À qui la faute? Aux parents, aux professeurs, à la Réforme et aux bibliothèques scolaires qu’on nous dit.
En tant que professionnel de la lecture, mon constat est que le problème trouve sa source dans les fondements, au tout début, soit dans la bibliothèque scolaire. L’adulte québécois lit peu, pas étonnant puisque dès le début il n’a pas été stimulé en ce sens. On ne lui a pas offert d’occassion de développer son goût et son amour de la lecture. L’offre des bibliothèques d’école est (et c’est une euphémisme) pauvre pour ne pas dire carrément souffrante. Les livres sont souvent et pour la très grande majorité désuets, et le mot est faible dans mon temps c’était désuet maintenant c’est totalement dépassé. Les professionnels sont absents des bibliothèques scolaires, au mieux on trouve un technicien à temps partiel contractuel. Les parents bénévoles ce n’est pas mauvais, mais aimeriez-vous que l’enseignement donné à vos enfants le soit non pas par des professionnels qualifiés, mais par des bénévoles? Et il en est ainsi depuis longtemps, très longtemps, beaucoup trop longtemps.
On spécifie également dans l’article que 91% des écoles ont une bibliothèque scolaire. Un dépôt de livre n’est pas une bibliothèque, un ramassis de livres n’est pas une bibliothèque. Une bibliothèque est tellement plus que des étagères, des tables de lecture et des “chuts” répétés par une madame à chignon et à lunette. Il faut des livres dans une bibliothèque, mais il faut aussi du matériel pédagogique adéquat et surtout des professionnels pour s’en occuper. Oui, c’est de l’argent. On paye des professionnels qualifiés pour enseigner l’éducation physique à nos enfants, on recourt à des enseignants diplômés pour les faire courir et jouer au ballon-chasseur (et c’est très bien ainsi, loin s’en faut), mais on refuse d’avoir des professionnels pour s’occuper de l’animation et l’organisation de la lecture dans nos écoles. Drôle de priorité…
La lecture se portera mieux quand on donnera les moyens aux profs d’avoir les outils adéquats, une bibliothèque scolaire de qualité. Pas avant. Malheureusement.
Et pendant ce temps la ministre déclare par son attaché que ce n’est pas si pire: “Le Québec arrive quand même en haut de la moyenne de tous les pays. Et par rapport à 2001, nous n’avons perdu que quatre points. On ne peut pas parler d’une tendance significative.” Bien non on n’est pas si mauvais… rien qu’un peu, pas trop…
Tu as bien raison. En tant qu’enseignante, je fais de mon mieux, mais si la lecture n’est pas valorisée à la maison, je ne parviens pas à atteindre mon objectif. Je manque d’outils… et de temps!
Hummm…
Moi je trouve que la source du problème est d’abord à la maison. Le goût de la lecture ça se transmet bien avant que l’enfant apprenne à lire.
Ma fille doit avoir au-dessus de 300 livres dans sa chambre. Depuis qu’elle est toute petite qu’elle regarde des livres. Très jeune je lui ai transmis l’amour des livres.
L’amour de la lecture viendra tout seul. Elle a très hâte d’apprendre à lire (elle a l’âge de ton fils) pour pouvoir ENFIN les lires tous ces beaux livres-là.
Oui ensuite ça prend une bonne source d’approvisionnement mais ici ils ont une petite bibliothèque dans l’école mais nous avons aussi celle du village qui est, je crois, très très intéressante. Je crois que lorsque l’on VEUT lire, on va facilement faire l’effort de se déplacer à un endroit ou à un autre pour obtenir des livres.