Archives de novembre 2007

Toc toc

En pleine réunion avec nouvelle patronne, sujet sérieux, première impression, tout le machin, et tout à coup toc toc. Ecto dit bonjour. Bébé bouge, il est vivant, pour le moment du moins et c’est bon sans bon sens. Me voilà en pleine réunion les yeux dans la flotte, le sourire niais. Bébé est vivant. Ostie que c’est bon. Excusez le sacre, mais il me semble que c’est meilleur avec Ostie devant ;)

Pas si pire

Une étude paraît aujourd’hui et nous informe que nos jeunes de 4e années ne sont pas des as de la lecture. À qui la faute? Aux parents, aux professeurs, à la Réforme et aux bibliothèques scolaires qu’on nous dit.  

En tant que professionnel de la lecture, mon constat est que le problème trouve sa source dans les fondements, au tout début, soit dans la bibliothèque scolaire. L’adulte québécois lit peu, pas étonnant puisque dès le début il n’a pas été stimulé en ce sens. On ne lui a pas offert d’occassion de développer son goût et son amour de la lecture. L’offre des bibliothèques d’école est (et c’est une euphémisme) pauvre pour ne pas dire carrément souffrante. Les livres sont souvent et pour la très grande majorité désuets, et le mot est faible dans mon temps c’était désuet maintenant c’est totalement dépassé. Les professionnels sont absents des bibliothèques scolaires, au mieux on trouve un technicien à temps partiel contractuel. Les parents bénévoles ce n’est pas mauvais, mais aimeriez-vous que l’enseignement donné à vos enfants le soit non pas par des professionnels qualifiés, mais par des bénévoles? Et il en est ainsi depuis longtemps, très longtemps, beaucoup trop longtemps.

On spécifie également dans l’article que 91% des écoles ont une bibliothèque scolaire. Un dépôt de livre n’est pas une bibliothèque, un ramassis de livres n’est pas une bibliothèque. Une bibliothèque est tellement plus que des étagères, des tables de lecture et des “chuts” répétés par une madame à chignon et à lunette. Il faut des livres dans une bibliothèque, mais il faut aussi du matériel pédagogique adéquat et surtout des professionnels pour s’en occuper. Oui, c’est de l’argent. On paye des professionnels qualifiés pour enseigner l’éducation physique à nos enfants, on recourt à des enseignants diplômés pour les faire courir et jouer au ballon-chasseur (et c’est très bien ainsi, loin s’en faut), mais on refuse d’avoir des professionnels pour s’occuper de l’animation et l’organisation de la lecture dans nos écoles. Drôle de priorité…

La lecture se portera mieux quand on donnera les moyens aux profs d’avoir les outils adéquats, une bibliothèque scolaire de qualité. Pas avant. Malheureusement.

Et pendant ce temps la ministre déclare par son attaché que ce n’est pas si pire: “Le Québec arrive quand même en haut de la moyenne de tous les pays. Et par rapport à 2001, nous n’avons perdu que quatre points. On ne peut pas parler d’une tendance significative.” Bien non on n’est pas si mauvais… rien qu’un peu, pas trop… 

 

Cystite et pharmacien

Il m’arrive de parler trop vite… Comme la dernière fois, il y a deux semaines, où ma copine a fait une cystite (infection urinaire) et où j’ai clamé haut et fort que je ne savais pas ce que c’était moi ça, que j’avais de la chance parce que je n’en avais jamais faite… Une semaine après (même pas un mois là) j’attrapais la dite chose. Maintenant je sais, je comprends et je compatis. Me voilà instruite. Tiens toi qui a parlé trop vite. Bref, me voilà partie pour une ronde de pilule et un petit tour à la pharmacie.

À mon arrivée le pharmacien est pompé au maximum, il vient de passer 30 minutes à s’obstiner avec un vieux monsieur qui voulait renouveler une prescription expirée depuis un an. Beaucoup de bruits et bien du niaisage plus tard, le gentil pharmacien me sert, mais je remarque chez lui une certaine tension. L’atmosphère est lourde et plutôt tendue. Je sors mon plus beau sourire pour détendre le tout et je m’informe un peu du médicament en question et de son efficacité.

-Donc ça fonctionne bien ce truc là? que je demande.

-Oui, oui, c’est le traitement de choix surtout chez les femmes enceintes. Pharmacien pas trop relax.

-Bon, mais moi ma cystite est asymptomatique (ouais le lendemain beu bye asymptomatique bienvenue sensations, mais bon à ce moment là je ne savais pas ce qui allait venir… heureusement). Comment je vais faire pour savoir que c’est parti?

-Vous avez pas de symptômes? demande-t-il un brin incrédule.

-Non rien (ouais cause toujours, tu perds encore rien pour attendre…).

-Bien là si vous avez pas de symptômes vous avez fait comment pour savoir que vous aviez une cystite? Gentil pharmacien est encore un peu pompé et il demande ça avec un gros soupir.

Je réponds avant même de penser… comme ça m’arrive si souvent.

-Bien j’ai fait pipi sur un caca de mouton, c’est devenu jaune. Quand ça jaunit c’est parce qu’il y a une infection. Que je dis sérieuse comme un pape.

-Hein? De quoi? Hein? pharmacien complètement sonné.

-Bien non, j’avais un rendez-vous chez le médecin, mon test pipi était positif c’est tout.

Là on se regarde et en parfaite synchronisation on éclate de rire. L’atmosphère est redevenue toute légère, pharmacien a dépompé d’un coup comme une balloune qui dégonfle. Il était tout guilleret. Ça m’a valu un “vous là, vous êtes complètement folle” d’un ton gentil, ça sonnait même comme un compliment.

Des nouvelles

J’écris ces temps-ci dans ma tête, manque de temps réel et un peu manque de motivation. J’ai comme la bizarre impression que je devrais écrire pour me défendre, me justifier. Me défendre ou me justifier de quoi? Je ne sais pas, d’attendre un 4e enfant (il y en a tellement qui meurt de faim en Afrique), d’avoir une césarienne (un avac? Comment ça pas possible, tu n’as pas toute l’info, as-tu lu le livre de tel spécialiste…), de travailler même si je suis mère (tu sais les garderies pas fort, le docteur Chicoine le dit), de tout, de rien. Je ne sais pas d’où ça vient et ce qui me surprend le plus c’est que c’est le genre de choses dont je me fous au fond complètement. Ça doit être les hormones ;)

Donc je me suis décidée à écrire pour vrai, pas juste dedans ma tête. Vous penserez ce que vous voudrez.

J’en suis à 13 semaines de bedon, petit bébé va bien. L’écho de la semaine dernière nous a montré un petit coco avec tous ses morceaux. J’ai fondu et le Geek aussi. Je commence à me dire que j’aurai vraiment un petit bébé en mai, que je serai à nouveau maman et c’est bon.

J’essaie de me rappeller tous mes billets mentaux et je vous les livre.

Mais d’où ils sortent???

Je n’en peux plus… Je n’en peux plus d’entendre les ministres, les experts, les “je ne sais plus qui” scander le foutu retour de la dictée sur toutes les tribunes. On va ramener la dictée, il faut faire des dictées à nouveau, gnan, gnan, gnan… Heille d’où vous sortez! Ma fille est en quatrième année, elle fréquente une école publique. Une bonne école, du moins à mes yeux, elle a eu de très bons profs et de moins bons aussi. Et depuis sa première année elle fait une putain de dictée à toutes les putains de semaine. Puis pas une petite dictée de 3 lignes, un foutu contrôle avec dictée traditionnelle, verbe, tables et tout le machin. Et tous les putains de mardis depuis 4 ans, nous prenons une heure pour corriger la putain de dictée, c’est le devoir du mardi. Alors arrêtez donc de raconter n’importe quoi et faites un petit tour dans les écoles. Des dictées ils en font. La mienne n’est pas la seule en plus, j’ai investigué, et tous ceux à qui j’ai demandé font des dictées… Alors le capital politique sur n’importe quoi passons…

Boum boum boum

C’est ce qu’on a entendu… Petit bébé est là et est bien vivant! Quel son adorable!

Je suis faible

Ça y est, c’est bon, j’abdique. Je peux me raconter des mensonges, je peux vous mentir, je peux mentir à tout le monde, mais à un certain moment ça ne passe plus… On ne peut pas se mentir à soi-même continuellement. Il faut reconnaître ses faiblesses. J’ai peur. C’est bon je l’ai dit. J’ai peur ça n’a pas de sens. Demain c’est mon premier rendez-vous chez le doc… et j’ai la trouille, une trouille pas possible, une peur intense, viscéral… J’ai beau me raisonner, rien à faire. Je suis persuadée qu’on n’entendra pas le coeur d’Ecto, qu’il sera mort, en fait un peu plus et je me convaincrais que je n’ai jamais été enceinte. J’ai tout halluciné ça, grossesse nerveuse.

Je sais, je sais, le passé n’est pas garant du futur, Lou est la preuve que ça peut bien aller, tout ira bien, je sais, je sais. N’empêche j’ai peur quand même. Je suis faible. C’est peut-être une façon de me protéger au cas où ça tournerait mal. Pour avoir déjà pris la débarque, une fille préparée en vaut deux, mais en même temps ça ne fera pas moins mal… En fait, j’en ai marre de m’analyser. J’ai juste envie de reconnaître le fait, j’ai peur, je suis faible. Probable que tout ira bien, en attendant je fait la chicken et j’attends que ça passe. Bref, j’assume. J’assume ma faiblesse.

Remède à novembre

C’est novembre, il fait froid, il fait gris. J’ai une conjonctivite, un streptocoque, j’ai la gorge en feu, l’oeil coulant et je suis fatiguée. Pour couronner le tout j’ai eu mes premiers saignements… j’en ai à chaque grossesse… ça ne veut rien dire je sais… mais merde pareil. Enfin, un remède à tout ça? Une soirée télé, une bonne doudou, un verre de limonade (bon une bonne bière quand on n’est pas enceinte…) et on se tappe le Dîner de con. Rire assuré, détente guarantie. Et pour finir le tout en beauté un petit coup de Brenda téléphone Becky. Je me sens déjà mieux.