Croire
Depuis que j’ai des enfants je me demande souvent comment expliqué la vie sans Dieu. C’est que vous voyez je ne sais pas trop si j’y crois. Je sais que la majorité des choses qu’ont fait pour Dieu sont de la foutaise. Je suis persuadée que Dieu s’en fout qu’on fasse carême 40 jours avant Paques, qu’ont jeûne jusqu’au coucher du soleil, qu’on mange kasher, qu’on s’agenouille, qu’on génuflexe, mais est-ce que j’y crois?
Quand Angélique est morte ma colère était immense. Dieu, auquel je ne croyais déjà pas fort, venait de prendre le bord. Puis lentement avec les mois, moi l’athée, je me suis découvert des envies de prières. Je me suis mise à prier comme je n’avais jamais fait, à prier ma fille. Mon Angélique aide moi, ma puce j’ai besoin de toi, chérie là j’ai besoin de tes lumières. Je lui raconte ma vie. Je prends des marches jusqu’au métro avec elle, je lui jase de la vie entre deux stations, je la traîne partout. Puis j’ai compris. Angélique n’est pas morte, elle est en vie, elle est en moi. Elle est vivante parce que j’y crois.
Et dans ces moments là je me dis que peut-être que Dieu existe finalement. Que si une micro fille de quelques centaines de grammes, longue comme une grande main, qui a flotté 20 semaines dans mon petit bedon vit, bien c’est que peut-être que oui il y a plus grand.
Pour l’instant je laisse Dieu s’occuper du plus important, la faim dans le monde, la guerre, la misère, la pauvreté et moi je prie ma mini fille. Mes quelques grammes. Je continue à prendre le métro avec elle, à jaser de tout et de rien parce qu’elle est là en moi. Je crois à Angélique. Et je me dis que si on peut croire à si petit, on doit sûrement pouvoir croire à plus grand. Et je me dis aussi que j’en ai de la chance parce qu’à défaut de Dieu, je crois à quelque chose, à l’immensité de l’amour, à l’intemporel amour, à l’infini amour. Merci puce, tu vois c’est encore toi qui a le dernier mot…
Très beau texte Nath.
Ça nous amène à réfléchir. C’est quand je lis des trucs comme ça sur ton blogue que je trouve ça dommage d’être à 650 km de toi et de mon frère. On pourrait facilement avoir des discussions vraiment profondes ces samedis soirs de novembre… Un jour je te parlerai de la théorie du tout. Pas Dieu, pas Allah, mais le tout… Je parle aussi à Gertrude, ma grand-mère. J’étais assez proche d’elle et elle me manque de temps à autre, alors j’imagine qu’une moussette…
Je vis la même chose que toi. Moi je parle à mes jumelles (né à 25 semaines)à tous les jours. Je me dis qu’elles vivent dans mon coeur. À leur décès je ne voulais plus entendre parlé de Dieu puis ça a passé. Et il y a 3 ans on a diagnostiqué une dysphasie à mon fils. L’a Dieu reçu toute une engeulade je te jure. Et finalement j’ai réalisé que c’est pas en Dieu que je croyais, mais à mes anges, mes filles qui ont fait un passage éclair mais marquant. Je les remercie de mes belles journées et leurs demande du courage dans les mauvaises. Elles m’accompagnent toujours et ça me fait du bien de savoir qu’elles sont toujours avec moi de cette façon. Il y a peut-être un Dieu mais je pense qu’il est personnel à chaque personne.