Archives de octobre 2007

Stresser

Cette grossesse ci je me sens tellement mieux émotivement, beaucoup plus zen. Je sais très bien que tout peut capoter en 3 secondes, mais je sais aussi que tout peut bien aller et surtout je sais que peu importe le résultat je serai plus forte. Je prends plus de plaisir à voir mon bide gonfler (au 5e je peux vous dire que le bedon se fait moins attendre), il m’arrive même de caresser mon ventre (chose que j’ai évité à Lou jusqu’à minimum 20 semaines). Bref, je suis bien.

Là où je capote plus ferme c’est quand je pense que je vais avoir deux enfants de 20 mois de différence. Ouch! Comment je vais faire pour la post césarienne? Comment je vais faire quand je vais retourner au boulot? Comment je vais faire pour ne pas m’effondrer de fatigue les premiers mois? J’ai jamais eu ça des bébés rapprochés, je ne sais pas comment on fait. Tout à coup je suis nulle? Tout à coup je gage tout et mes enfants virent fous à cause de moi? Puis c’est nous qui avons voulu des bébés collés, mais tout à coup on s’est trompé? Tout à coup on n’est pas capable? Hein??? Tout à coup là???

Bon ça fait du bien de le sortir. Je me sens déjà mieux. Je vais y arriver… je pense… après tout ce n’est pas mon premier quand même. Respiration…

Tout ça pour illustrer que j’ai beau en être au 4e bébé, à la 5e grossesse, j’angoisse encore. Comme quoi il y a toujours quelque chose pour nous stresser. Ah et les mamans qui ont eu des bébés rapprochés venez donc me rassurer… si vous le pouvez bien sûr ;)

Menteuse compulsive

Je débute en vous disant que je déteste le mensonge. L’hypocrisie me pue au nez. Je suis capable de me doser, mais mes proches le savent avec moi pas de faux-semblant. Je suis raide parfois je sais, je fais attention, mais au moins ce n’est pas hypocrite. Je préfère de loin une vérité sec qu’un mensonge mieilleux… sauf… Bien oui il m’arrive de mentir… avec plaisir même… alors sauf avec les télémarketeux. Hein? Je m’explique.

Je sais que harceler les gens au téléphone est un emploi difficile, peu payant, probablement peu gratifiant alors j’essaie de toujours rester polie même si on me dérange aux heures les plus indues et dans mon intimité retranchée. Sauf que j’ai découvert la technique suprême pour avoir la paix, et ce en toute douceur, le mensonge. Je ments, effontément, sans scrupule. Exemple? Disons que la madame ou le monsieur (je ments aux deux, je suis bi du mensonge) de La Presse téléphone pour un abonnement, je refuse parce que mon conjoint travaille au Journal de Montréal. Ni une ni deux, on n’insiste pas, on me salue, raccroche et c’est fini. J’utilise la même stratégie pour les autres journaux. Quand on veut nettoyer mes tapis, je dis que j’en ai aucun dans la maison (ça c’est vrai par contre…), quand on me demande si je suis propriétaire, je réponds locataire et vice versa. Je ments à toutes les sauces, sans vergogne. Et ça marche. La paix assurée, un appel de 2 minutes qui demeure courtois et une certaine satisfaction du travail bien fait. Et je l’avoue aussi un certain plaisir à me la jouer, une vraie Angelina Jolie (les lèvres, le corps, le look et Brad Pitt en moins, mais bon on a les enfants en commun et la puissance du jeu, vous devriez entendre comment je suis convaincante ;) ).

Le plus beau dans tout ça? Je partage le truc avec vous. Je suis tu pas géniale! On se peut plus.

Croire

Depuis que j’ai des enfants je me demande souvent comment expliqué la vie sans Dieu. C’est que vous voyez je ne sais pas trop si j’y crois. Je sais que la majorité des choses qu’ont fait pour Dieu sont de la foutaise. Je suis persuadée que Dieu s’en fout qu’on fasse carême 40 jours avant Paques, qu’ont jeûne jusqu’au coucher du soleil, qu’on mange kasher, qu’on s’agenouille, qu’on génuflexe, mais est-ce que j’y crois?

Quand Angélique est morte ma colère était immense. Dieu, auquel je ne croyais déjà pas fort, venait de prendre le bord. Puis lentement avec les mois, moi l’athée, je me suis découvert des envies de prières. Je me suis mise à prier comme je n’avais jamais fait, à prier ma fille. Mon Angélique aide moi, ma puce j’ai besoin de toi, chérie là j’ai besoin de tes lumières. Je lui raconte ma vie. Je prends des marches jusqu’au métro avec elle, je lui jase de la vie entre deux stations, je la traîne partout. Puis j’ai compris. Angélique n’est pas morte, elle est en vie, elle est en moi. Elle est vivante parce que j’y crois.

Et dans ces moments là je me dis que peut-être que Dieu existe finalement. Que si une micro fille de quelques centaines de grammes, longue comme une grande main, qui a flotté 20 semaines dans mon petit bedon vit, bien c’est que peut-être que oui il y a plus grand.

Pour l’instant je laisse Dieu s’occuper du plus important, la faim dans le monde, la guerre, la misère, la pauvreté et moi je prie ma mini fille. Mes quelques grammes. Je continue à prendre le métro avec elle, à jaser de tout et de rien parce qu’elle est là en moi. Je crois à Angélique. Et je me dis que si on peut croire à si petit, on doit sûrement pouvoir croire à plus grand. Et je me dis aussi que j’en ai de la chance parce qu’à défaut de Dieu, je crois à quelque chose, à l’immensité de l’amour, à l’intemporel amour, à l’infini amour. Merci puce, tu vois c’est encore toi qui a le dernier mot…

Vomir mes trippes

C’est l’état dans lequel je me sens… j’ai envie de vomir tout le temps… tout le temps… sans arrêt… à toute heure du jour et de la nuit. Ça me tient occupé, quoique ce n’est pas comme si je m’ennuyais. Le début de cette grossesse est intense, mais chaque nausée me semble une bénédiction, si je vomis ça doit être parce que quelque chose pousse dans mon bedon. Parce que oui j’avoue j’angoisse. Je ne suis pas guérie. Je ne le serai jamais faut croire, je crains toujours ce qui pourrait arriver. Je me raisonne, je me calme, je médite et puis je vomis. Et je réussis presque à oublier… à oublier le pire et je me vois avec un petit poupon tout rose dans quelques mois. En attendant le poupon, je m’en vais vomir encore une fois…

Histoire de prénoms

Bon je sais à 7 semaines, on a le temps pour choisir un prénom, mais on y pense quand même.

La question à 1000 piasses: est-ce que ce sera un nom composé? Réponse (à 1000$ aussi pourquoi pas, je prends les chèques, visa, master card, pas difficile la fille): pas nécessairement.

Trois de nos quatre enfants ont un nom composé. C’est comme ça, rien de planifier officiellement, c’est juste tombé que les noms qu’on aimait étaient composés.

Nous avons bien quelques critères. D’abord, ce doit être un nom français (francophone), pas de prénom anglo pour nous. Puis ce doit être un prénom relativement peu donné. Je dis relativement parce que je ne veux pas un prénom totalement inusité que personne n’arrive à prononcer, mais pas question de donner un nom qui fait partie du top 10. Quand on s’appelle Nathalie, on est sensible à ce genre de question. Et finalement ça doit faire l’unanimité entre les deux. Pas question de “tu choisis cette fois, la prochaine fois c’est mon tour”. On doit aimer tous les deux, on l’a fait à deux, on le prénomme à deux, déjà qu’on ne peut pas partager les douleurs de l’enfantement… on partage ce qu’on peut.

Les prénoms de nos enfants ont été choisis avec ces critères. Ils ont chacun une histoire.

Pour notre fille son prénom a été choisi sur un coup de coeur d’adolescente. J’avais 16 ans, j’ai lu un roman dont les deux heroïnes s’appellaient Jade et Audrey, j’ai eu un flash, ma fille allait s’appeller Jade-Audrey. Le prénom a passé le test avec le Geek, notre première née, une fille, se prénomme Jade-Audrey. J’adore son nom, il est unique, doux, tendre comme elle. Ça lui va à merveille. C’est français, rare (il y en a une autre), mais pas complètement étrange et on aimait tous les deux.

Pour notre premier fils ce fut assez rapide aussi. Le grand-père du Geek est décédé lorsque j’étais enceinte de ma fille. Nous avions déjà convenu à ce moment qu’un garçon allait s’appeller comme le patriarche Charles. Nous étions tous deux d’accord, mais le Geek avait des réticences. Ça le gênait de donner exactement le même nom que son grand-père à son fils. On a donc opté pour Charles-Antoine. Puis à quelques jours de mon accouchement notre rencontre impromptue avec un petit Charles-Antoine digne des films d’horreur les plus coriaces, nous a fait changé d’idée. Mon arrière grand-père s’appelant Olivier nous avons pensé à ce prénom, puis dans un éclair de génie le Geek a proposé Charles-Olivier. Le nom de nos deux ancêtres réunis. Charles-Olivier ce fut donc. Son prénom lui sied parfaitement.

Pour le petit dernier ce fut plus long et ardu de trouver. Grégoire était notre premier choix, mais pour toute sorte de circonstance notre petite Angélique avait porté ce nom quelques temps. Il nous semblait déplacé de redonner le nom. Le Geek aimait beaucoup Émile, moi aussi, mais le nom est populaire. Puis ce fut Maximilien, mais il y a déjà eu un Maximilien Caron célèbre (il a même donné son nom à un pavillon à l’U de M). Et au détour d’une conversation avec un Louis-Philippe charmant et adorable, son prénom m’a flashé, Louis-Philippe. Il en fut donc ainsi.

Pour Angélique inutile de chercher très loin… la référence à notre petit ange, mais aussi un coup de coeur pour le prénom.

Voilà donc l’histoire des prénoms de ma progéniture. La suite pour bientôt ;)

Quatre!!!??? Ayoye!

Bon c’est clair que la minute où l’on a décidé de se lancer dans l’aventure d’un 4e on assumait pleinement toutes les remarques concernant notre Ô très grande fertilité. N’empêche que je m’épate toujours de ce qu’on peut me sortir comme commentaires. Je vous en fait un ramassis.

-QUATRE!!! Mais vous êtes malades! Malade??? Oui un peu quand même, mais surtout fêlé.

-Quatre… (ton subjugué) ayoye tu es mon idole… Pas besoin de chanter ni de danser ni d’être une star pour être une idole, juste besoin d’enfanter.

-Wow ton chum c’est un taureau. Hum si mon chum est un taureau moi je suis quoi…??

-Ouch méchants lapins vous autres. Juste pour votre information, on n’a pas fait la “chose” que 5 fois malgré mes 5 grossesses… Vous n’avez pas d’enfant? Donc vous êtes vierges?

-QUATRE… mais là c’tun accident? Dépassé deux c’est clair que c’est des accidents, qui de moindrement censé peut vouloir plus de deux marmots???

-Coudonc tu fais rien que ça toi des bébés. Non je fais aussi des sudokus des fois.

-Tu n’es pas tannée d’être toujours enceinte? Bah c’est pratique je magasine dans une seule boutique.

-Faudrait dire à ton chum de te lâcher un peu là quand même. Qui dit que ce n’est pas moi l’obsédée hein???

-Donc il va y avoir un remplacement ici dans pas long? Oui, mais tu n’es pas le premier sur la liste ;)

-J’espère que c’est le dernier! Hum on pense se rendre à 16, c’est que ma grand-mère paternelle en a eu 15 et j’ai l’esprit de compétition…

-Mais là tu vas le mettre où? Il y aura toujours de la place dans le bain ou dans le garde-robe d’entrée.

Et plein d’autres du genre… mais pour conclure ma préférée de tout, elle m’a laissé complètement pantoise.

-Ayoye quatre tu dois avoir le trou slaque toi…

Tant d’inquiétude et d’amour dans 2.3mm

2.3 mm c’est la taille de mon micro bébé. 2.3 mm, mais l’équivalent de kilomètres d’amour. Et le plus merveilleux… un petit coeur qui bat. Rien d’autre à dire, je suis heureuse, je ne suis pas sortie du bois, c’est clair, mais mon bébé est vivant, c’est en masse pour commencer. Ah et oui on l’a baptisé Ecto (pour ectopique) en l’honneur des premières frayeurs qu’il nous a causé.