Pong… enfin
J’avais engagé une petite partie de ping pong avec Grande Dame et celle-ci respectant les règles du jeu m’avait renvoyé la balle avec cette question: Le fait d’avoir des enfants a-t-il changé ta perception de toi-même?
J’ai beaucoup tardé dans ma réponse et j’en suis désolée, c’est que ça m’a questionné. Et moi je suis incapable de faire dans le simple sur les questions existentielles. Je prends la question dans un sens, je la revire, la chavire encore un peu, bref, je suis la reine de l’auto-analyse. J’aurais pu continuer à me questionner, mais bon je me lance avec une réponse, ou du moins un semblant de réponse.
Au début, quand j’ai lu la question je ne savais pas trop quoi en tirer, je me disais oui bien sûr avoir des enfants a changé ma perception de moi-même, mais je n’arrivais pas vraiment à dire comment. Puis je me suis aperçue qu’au fond ce n’est pas tant ma perception qui a changé que l’acuité de celle-ci. Je n’ai jamais autant eu conscience de moi que depuis que j’ai des enfants. Je suis devenue soudainement tellement plus importante et tellement plus insignifiante en même temps. Plus importante parce que des êtres innocents dépendent de moi et que j’ai un devoir social d’en faire des personnes potables et insignifiante parce que soudainement mon centre de l’univers est centré sur tout autre chose que moi ou mes besoins. Ce que je suis ne compte plus tellement, autre que pour mes petits. Avoir des enfants m’a aussi développé une conscience sociale à fleur de peau. Et depuis Angélique moi qui se percevait comme forte je me sens maintenant beaucoup plus fragile, mais paradoxalement plus puissante.
Je sais tout ça sonne compliqué… je vous l’avais dit. Mais bon c’est ça qui passe dedans ma tête et ce n’est que quelques minutes, imaginez une semaine
Merci Grande Dame pour la réflexion.
C’est compliqué comme tu dis, mais je comprends bien ton méli-mélo. Une maman c’est tout et rien à la fois, forte et vulnérable, égoïste et capable de l’abnégation la plus totale…
C’est exactement ça. Un sentiment de puissance et de fragilité. Moi, je sais que ça m’a humanisée. J’ai toujours été très “sociale”, mais j’avais peut-être le jugement un peu vite. D’avoir eu un enfant m’a fait comprendre que parfois, on fait juste son possible, et que parfois, son possible est p’tit p’tit p’tit. Paradoxalement, ça m’a fait constater que je pouvais mettre mon énergie à défendre comme une lionne ma tribu, même si je sens que mes moyens sont limités.
Très très beau billet. Je le trouve très précis, formulé dans un langage universel de mamans. Je pense que toute maman pourrait s’y reconnaître.
Merci