Honte!
J’ai honte ce matin, honte de la race humaine. Le drame de la petite Cédrika me vire à l’envers complètement. C’est horrible, inimaginable, effroyable, mettez tous les qualificatifs horribles que vous voulez. J’ai une fille de 9 ans, l’âge de la petite Cédrika, et mon coeur saigne juste de penser 3 secondes à ce que vit sa famille. Voilà qu’hier je tombe sur des gens dans un forum qui se questionne sur la réaction du père. Me semble qu’il ne pleure pas beaucoup… Il a pas l’air net… J’ai pas un bon feeling… Heille!!! Ma gang de… et je me retiens à 3 mains pour ne pas vous insulter carrément. Qu’est-ce que vous savez de comment on réagit dans un moment pareil? Hein vous en savez quoi?
Personnellement, je n’en sais rien, heureusement. Mais j’ai quand même une petite idée, j’ai entrevu comment on peut sentir en situation dramatique lorsqu’on a perdu notre bébé. Ça n’a évidemment rien à voir avec la petite Cédrika, avec l’horreur de devoir vivre dans l’attente, et jamais je n’oserais comparer mon histoire avec la leur, mais pareil j’ai eu un petit avant goût, un horrible avant goût. Et laissez moi vous dire qu’on ne réagit pas comme on pense. On se dit toujours si ça m’arrive je vais m’écraser, hurler, brailler… Bien oui, mais ce n’est pas simple comme ça.
Quand Angélique est morte, le matin de l’accouchement le Geek et moi on est parti pour l’hôpital avec rien, rien pentoute, pas de linge, pas de valise, pas rien. Mon chum avait même dit à son patron qu’il irait au travail en après-midi… On a arrêté chez Tim Horton le matin, on a lit le journal, on a déjeuné. On est arrivé, on a rempli mille paperasses, on a fait des interventions, ça allait comme sur des roulettes, pas une petite larme, calme, sereine presque et là la brique, le pot, le fanal, toute la maison sur la tête dans une seule question: “Que voulez-vous faire du corps de votre bébé après la naissance?”. V’lan dans les dents! Bang! Là vous auriez été contente petite médame de forum, je braillais à m’en fendre l’âme, pliée en deux.
Qu’est-ce que vous savez du drame des autres? Heureusement rien, bien crissez lui patience au père de Cédrika.
100% d’accord avec toi.. il fait tout ce qu’il peut!
Les gens sont tellement prompts sur les jugements! La délicatesse se perd…
On ne sait pas…tant qu’on ne l’a pas vécu…
La perte d’un être précieux, c’est la pire chose qu’on peut vivre…mais on vit toutes nos émotions de différentes façons.
Je suis d’accord avec toi, qu’on le laisse tranquille ce pauvre père de famille déchirée.
Tu as raison, on ne sait pas comment on va réagir dans un moment pareil. Et quand, en plus, c’est devant les caméras avec tout le Québec qui vous regarde… et vous juge…
Que c’est vrai que nous sommes rapide pour juger, mais que nous fermons les yeux sur notre propre nombril. Quand il nous arrive quelque chose par la suite, on se rend compte que l’on est nous aussi suceptible de vivre un drame ou encore de réagir plus froidement que nous l’avions prévu.
J’ai déjà porté un jugement sur un parent que j’avais jugé de négligeant qui avait laissé son enfant dans sa voiture sans le faire exiprès et que l’enfant est décédé. Quelques mois plus tard, j’ai aussi oublié un de mes enfants dans ma voiture quelques minutes et croyez moi, je me suis sentie tellement honteuse d’avoir jugée trop vite une autre personne.
Mon dieu les gens n’ont vraiment pas grand chose à faire dans la vie pour aller chercher des idées pareilles… Ce constant besoin d’aller soupçonner les autres du pire, quelle tristesse.
Sans rapport, Nath, as-tu changé d’adresse email?
Si je me mets à la place de ce père qui doit prendre les responsabilités de sa famille. Je suis certaine que c’est l’adrénaline qui me rendrait capable de sang froid. Qu’est-ce que les gens penseraient si c’était le contraire? Le pauvre papa qui pleure sur son sort chez lui, mais qui fait rien pour essayer de trouver sa fille. Là aussi certaines personnes diraient que c’est louche. Des mauvaises langues, il y en aura toujours.
Grande Dame et toi, parlez-vous de DLVDM? Je suis tombée là-dessus moi aussi ce matin. Elles ont encore réussi à faire “une perle de message”…
Signé Annie qui n’a pas pleuré, ni son enfant, ni son père, en public… (pfffff!)
Nathalie, scuse moi mais tu as ouvert une “valve”, qui avait failli ouvrir en lisant Grande-Dame hier.
BIEN OUI, même quand on perd notre enfant, même quand on perd quelque chose d’aussi précieux, c’est fesable d’avoir “de l’allure” en public. Pas dans toutes les situations, pas à 100% du temps, mais c’est FESABLE pis c’est pas parce qu’on aimait pas notre enfant.
Le père, il est probablement encore “figé” et ch’pas sûre que je serais pas dans la même situation que lui, être à sa place. J’pense que le cerveau, c’est bien fait et que quand un drame semble trop horrible, il en fait un peu “abstraction”, comme si on ne le croyait pas RÉELLEMENT.
Dans ce genre de drame, soit on perd complètement les pédales, on capote, soit on décide d’être efficace, de faire ce qui peut être fait, car pour le reste…
Il doit se dire qu’il aura aussi bien le temps de déprimer, de brailler, de dépressionner, quand “ça sera le temps”, quand les recherches cesseront, que tout le monde aura visiblement oublié cette petite et qu’eux (les parents) se sentiront encore 100% “dedans”…
Car oui, le public va, peu à peu, oublier. Oh, certes, on va se souvenir de son prénom, de son visage, du “fait” en tant que tel mais sans plus…
L’être est ainsi (mal) fait.
Mausus que nous sommes moches parfois (souvent).
Je ne veux pas excuser ceux et celles qui ont fait des remarques sur le père - je m’en confesse, j’ai eu, le premier 48 heures, le même “doute”. Je crois qu’on a trop vu d’horreurs ces dernières années- et on pourrait partir un tout autre débat sur le fait qu’on les médiatise peut-être trop - pour ne pas être devenus désabusés et cyniques. Par ailleurs, les médias (particulièrement la télé), nous a habitué à des parents en larmes, en crise, au désespoir. Le père de Cédrika tranche avec ce modèle.
Et puis, on veut des coupables rapidement, et c’est plus rassurant de penser que ça peut être un proche, plutôt qu’un étranger qui pourrait s’en prendre également à nos enfants. Je crois que nous transposons nos propres peurs dans ce regard porté sur le père.
Je n’excuse pas, mais je comprends.