Archives de août 2007

F*** le gym

Depuis un bout de temps je pense m’abonner au gym. J’ai définitivement besoin de bouger et aplanir un peu de rondeur ne ferait sûrement pas de tort. Je sais très bien que je ne suis pas mince, je suis ronde, j’ai des courbes, en masse, là où il faut et même là ou il ne faut pas ;) Mais en même temps mon corps je l’assume. Je n’ai plus 20 ans, j’ai eu des enfants, c’est ça qui est ça. Ça m’a pris du temps, pas certain que tous les jours je suis aussi zen que maintenant, mais en gros je l’aime bien mon corps de madame et de maman. La chose qui me dérange le plus c’est ma grosse face ronde, mais ça je l’avais même quand je pesais 92 livres mouillées. Ma fille de 9 ans mince (pour ne pas dire maigre) a ça aussi. Il paraît qu’un peu de chirurgie pourrait aplainir mon menton… jamais de la vie. J’ai bien trop peur et après tout mon menton il est pas si mal je n’ai qu’à le pointer vers le haut ;)

Enfin tout ça pour dire que je me disais qu’un peu de gym ferait du bien. Et bien après une semaine de retour en classe, début de gardo je dis f*** le gym. J’en reviens pas comment je cours. Vous voulez un entraînement intensif, faites vous 3 enfants ;) Les horaires atypiques du début des classes (coco commence la maternelle et l’entrée progressive c’est fou, une heure ici, une demi journée là), la garderie en progressif pour Mini, les vaccins, les courses… Je cours… et le pire je me suis rarement sentie aussi bien, aussi vivante, aussi pleine d’énergie… On s’en reparlera dans un mois par contre. Je vous laisse je m’en vais chercher Coco.

I will survive

En fait je devrais plutôt dire j’ai survécu. Mini a eu sa première journée de garderie. Bon, ce n’était pas une vraie première journée, juste deux heures avec maman, mais bon on est allé, on a vu, et ma foi on a vaincu. Vaincu le monstre dans mon coeur, dans ma tête, le monstre de culpabilité, de remords, de douleur d’abandonner (pas laisser là, abandonner (je me la joue fort je sais)) mon pauvre bébé chéri dans des mains étrangères.

Son éducatrice est presque trop parfaite pour être vrai, elle est gentille comme tout et Lou s’est même laissé prendre. Je connais le milieu, c’est le même que pour Coco, c’était comme revenir à la maison. Bref, ça ira… j’y gagnerai plusieurs cheveux blancs (merci nice and easy), quelques rides (bah je crois pas au crème anti ride), et quelques brûlements d’estomac (merci gaviscon), mais je vais survivre. Et mieux encore Lou aussi.

Demain jour 2 de l’intégration, je vous laisse je m’en vais me faire des scénarios pas possibles, je m’en vais angoisser au possible, je m’en vais faire des cauchemars, je vais survivre, mais je n’ai pas dit que ce serait simple ;) Il n’y en aura pas de facile…

Pong… enfin

J’avais engagé une petite partie de ping pong avec Grande Dame et celle-ci respectant les règles du jeu m’avait renvoyé la balle avec cette question: Le fait d’avoir des enfants a-t-il changé ta perception de toi-même?

J’ai beaucoup tardé dans ma réponse et j’en suis désolée, c’est que ça m’a questionné. Et moi je suis incapable de faire dans le simple sur les questions existentielles. Je prends la question dans un sens, je la revire, la chavire encore un peu, bref, je suis la reine de l’auto-analyse. J’aurais pu continuer à me questionner, mais bon je me lance avec une réponse, ou du moins un semblant de réponse.

Au début, quand j’ai lu la question je ne savais pas trop quoi en tirer, je me disais oui bien sûr avoir des enfants a changé ma perception de moi-même, mais je n’arrivais pas vraiment à dire comment. Puis je me suis aperçue qu’au fond ce n’est pas tant ma perception qui a changé que l’acuité de celle-ci. Je n’ai jamais autant eu conscience de moi que depuis que j’ai des enfants. Je suis devenue soudainement tellement plus importante et tellement plus insignifiante en même temps. Plus importante parce que des êtres innocents dépendent de moi et que j’ai un devoir social d’en faire des personnes potables et insignifiante parce que soudainement mon centre de l’univers est centré sur tout autre chose que moi ou mes besoins. Ce que je suis ne compte plus tellement, autre que pour mes petits. Avoir des enfants m’a aussi développé une conscience sociale à fleur de peau. Et depuis Angélique moi qui se percevait comme forte je me sens maintenant beaucoup plus fragile, mais paradoxalement plus puissante.

Je sais tout ça sonne compliqué… je vous l’avais dit. Mais bon c’est ça qui passe dedans ma tête et ce n’est que quelques minutes, imaginez une semaine ;)

Merci Grande Dame pour la réflexion.

Honte!

J’ai honte ce matin, honte de la race humaine. Le drame de la petite Cédrika me vire à l’envers complètement. C’est horrible, inimaginable, effroyable, mettez tous les qualificatifs horribles que vous voulez. J’ai une fille de 9 ans, l’âge de la petite Cédrika, et mon coeur saigne juste de penser 3 secondes à ce que vit sa famille. Voilà qu’hier je tombe sur des gens dans un forum qui se questionne sur la réaction du père. Me semble qu’il ne pleure pas beaucoup… Il a pas l’air net… J’ai pas un bon feeling… Heille!!! Ma gang de… et je me retiens à 3 mains pour ne pas vous insulter carrément. Qu’est-ce que vous savez de comment on réagit dans un moment pareil? Hein vous en savez quoi?

Personnellement, je n’en sais rien, heureusement. Mais j’ai quand même une petite idée, j’ai entrevu comment on peut sentir en situation dramatique lorsqu’on a perdu notre bébé. Ça n’a évidemment rien à voir avec la petite Cédrika, avec l’horreur de devoir vivre dans l’attente, et jamais je n’oserais comparer mon histoire avec la leur, mais pareil j’ai eu un petit avant goût, un horrible avant goût. Et laissez moi vous dire qu’on ne réagit pas comme on pense. On se dit toujours si ça m’arrive je vais m’écraser, hurler, brailler… Bien oui, mais ce n’est pas simple comme ça.

Quand Angélique est morte, le matin de l’accouchement le Geek et moi on est parti pour l’hôpital avec rien, rien pentoute, pas de linge, pas de valise, pas rien. Mon chum avait même dit à son patron qu’il irait au travail en après-midi… On a arrêté chez Tim Horton le matin, on a lit le journal, on a déjeuné. On est arrivé, on a rempli mille paperasses, on a fait des interventions, ça allait comme sur des roulettes, pas une petite larme, calme, sereine presque et là la brique, le pot, le fanal, toute la maison sur la tête dans une seule question: “Que voulez-vous faire du corps de votre bébé après la naissance?”. V’lan dans les dents! Bang! Là vous auriez été contente petite médame de forum, je braillais à m’en fendre l’âme, pliée en deux.

Qu’est-ce que vous savez du drame des autres? Heureusement rien, bien crissez lui patience au père de Cédrika.

La raison du bobo

Bon mon dernier billet était plutôt mélancolique et je me sens comme ça ces temps-ci. Et c’est plutôt rare chez moi, même dans l’adversité je suis plutôt hop la vie. Alors d’où me vient ce mal lancinant? Je pense que c’est la fin de l’été qui le cause. Le fait que mon Geek commence ses vacances ce soir et qu’après celle-ci l’école commence… et la garderie pour mon petit Lou… et mon retour au travail. Voilà c’est dit, je retourne bientôt au boulot.

Louis-Philippe va me manquer, tellement, énormément. Il me manque déjà c’est peu dire. Chaque fois que je le berce pour l’endormir mon coeur fait crunch… Mais c’est la vie, c’est ainsi. Je retourne au boulot, par obligation en très grande partie, mais on s’entend je ne m’en vais pas à l’abattoir. Mon travail est plaisant, mes collègues supers et c’est ce qui rend ça supportable.

Je veux écrire sur le retour au boulot depuis un moment déjà, mais je ne trouve jamais les bons mots, la bonne approche, la bonne manière. Quel tabou, quel sujet complexe. Travailler et avoir des enfants. Je vous fais une confession, je ne pense pas que je pourrais rester à la maison. J’aimerais énormément pouvoir rester une année de plus avec mon Lou, mais après je ne serais pas heureuse je crois. J’ai adoré mes mois avec bébé et mes grands, mais je mentirais si je disais que mon cerveau ne s’ennuit pas un peu de stimulation intellectuelle. Et je me sens horriblement coupable de dire ça. Toutes ces femmes qui restent à la maison et sont si épanouies. Mais j’ai décidé d’assumer, celle que je suis, celle qui est moi. Je retourne au boulot le coeur en miette de laisser mon Lou à d’autres, je donnerais tout pour ne travailler que deux heures par jour (quoique je serai déjà à temps partiel), mais j’ai hâte aussi de retrouver la bibliothécaire en moi, celle qui sommeille depuis quelques mois. J’ai hâte de retrouver mes dossiers, de me remettre à mes formations, à mes usagers. Les prochains mois seront fait de cette balance, de cette recherche de l’équilibre. J’espère que la maman et la bibliothécaire sauront trouver leur place… On verra bien.

Redonnez moi là

Est-ce que c’est trop demander de la ravoir?

Je veux retrouver la fille naïve qui était capable d’une joie complète et totale quand quelqu’un lui annoncait une grossesse. Qui ne pensait pas à des bébés morts, des fausses couches, des trucs horribles.
Je veux redevenir la fille qui était capable de prendre un bébé naissant sans devoir se retenir pour ne pas sangloter.
Je veux être à nouveau capable de trouver grave que ma télé soit brisée, que mon pot de crème hydratante est fini, que ma coupe de cheveux est laide. Je veux être capable de légèreté.

Je veux pouvoir embrasser mes enfants le soir sans penser que c’est peut-être la dernière fois. Je veux regarder ma grande faire des singeries au parc sans avoir envie de lui hurler de faire attention. Je veux mon innocence.

Remarquez je l’aime la fille profonde, celle qui voit la vie de manière différente, qui ne s’en fait pas avec le superflu. Je n’ai jamais autant profité de la vie. Je n’ai jamais autant vécu vraiment, mais des fois j’ai juste envie d’un peu moins d’intensité. Il n’y a jamais rien qui me fera regretté d’avoir eu mon Angélique, mais des fois j’aimerais qu’elle ne m’ait pas autant ébranlé. Je voudrais qu’il y ait une fin. Je veux juste redevenir l’autre, juste une journée. Une petite journée… rien qu’une.