652 km
652 kilomètres c’est la distance précise entre notre maison et Rouyn-Noranda. 652 km dont la plupart de bois, de lac et de courbes sur une route douteuse à une seule voie. 652 km dont près de 300 dans une réserve faunique où l’épinette est reine et maîtresse. Après 250 km on a fait le tour, un bain de nature c’est bien bon, mais on rapprocherait volontiers la place d’un bon 552 km
Enfin, c’est là qu’on s’en va prochainement et ça m’a donné le goût de partager avec vous ce qui représente le plus Rouyn pour moi. Allons-y donc pour une petite anecdote.
Hiver 1998 on part pour le petit nord en auto pour la première fois, les fois d’avant c’était en autobus. Le chemin n’est pas plus court, mais étrangement plus intense, on est plus près de la route, plus dedans le bois. Au 648e kilomètres on aperçoit au loin la côte Johanne, une immense côte que peine chaque voiture à monter. Avant d’attaquer la fameuse montée mon amoureux me dit : “Vite prépare Richard j’ai couché dans mon char”. “Pourquoi?” que je demande. “Fais le tu vas voir, c’est… malade. Pis quand je te dis go tu pars la toune” que me dit le Geek empressé. Je prépare donc le CD dans notre lecteur (c’est l’ancien temps là, pas de lecteur intégré dans l’auto et pas de ipod, on faisait manuel à cette époque). On commence donc à grimper la côte et rendu presqu’au sommet le Geek me dit: “Ok là vas-y”. J’appuie sur le bouton et là à full blast dans mes oreilles Richard Desjardins qui entonne: “J’ai roulé 400 milles sous un ciel fâché, aux limites de la ville mon coeur à clenché…”. Et là Rouyn devant, la ville qui se déploie, dans tout ce bois, elle est là, belle comme une démone interdite. 652 kilomètres pour ce moment là. Et là le coeur qui clenche pour vrai, le motton dans la gorge, les larmes dans les yeux, la magie de Richard. Rouyn-Noranda c’est ça.
Depuis cette toute première fois chaque arrivée à Rouyn-Noranda se caractérise par Richard dans nos oreilles et à chaque fois le coeur clenche et le souffle me manque. Merci vieux bum.
Merci de ce partage. Ce doit être magique!
Je ne suis jamais allée à Rouyn de ma vie, mais j’ai tout de même des frissons à lire ce billet…
Sacré Richard!