Archives de June 2007

De retour!

Expédition dans le petit nord terminé. L’entreprise fut un succès même si sur le chemin de l’allée Coco a commencé a demandé si on arrivait à Blainville… que Cocotte a eu le mal des transports et que Mini Coco a rempli sa couche deux fois en plein parc de la Vérendry… mauvais timing. Mais le voyage fut satisfaisant, on a fait le plein de famille, d’amis et de nature. Il a fait froid (-1 vendredi soir) et hyper chaud (34C lundi), il a fait beau, l’Abitibi est toujours aussi belle, mais toujours aussi loin ;) Il y a beau dire, on est vraiment bien chez soi, c’est bon d’être de retour!

Merci!

De vos bons mots, de votre gentillesse, ça me touche… beaucoup. Je craignais beaucoup comment j’allais me sentir, je me sentais… ambigüe disons. Je me demandais comment la présence de Lou allait me faire réagir. Finalement, le temps fait bien les choses. J’ai pensé à elle, beaucoup, mais au fond pas beaucoup plus que d’habitude. Elle est toujours dans mes pensées, dans ma tête, mon coeur. Et c’est des pensées douces. Louis-Philippe me rappelle l’espoir, le pourquoi du comment et que demain est nécessairement un jour meilleur. Bref, ce fut bien.

Le Geek a beaucoup aimé mon billet précédent. Ça l’a touché. Mais au fond je n’ai fait que dire la vérité. Son amour m’a sauvé, c’est quétaine, mais c’est ça. Ça fait de lui mon sauveur, c’est tu pas beau. Je l’aime mon Geek pour chacun des enfants qu’il m’a fait, pour Angélique autant que les autres. Sans elle je ne serais pas celle que je suis et je n’aurais pas autant conscience de ma chance. Parce que oui je suis chanceuse, très même, cela en est presque indécent… ;) Merci encore!

T’es jamais partie

D’en haut tu me donnes encore
Tout le contraire de la mort
Tu me donnes le goût de la vie
Et comme toi je souris
Tout le temps tu souris
Je souris avec toi
Avec toi en dedans
En dedans pour la vie
Parce que t’es jamais partie

Mara Tremblay – T’es jamais partie

Alors voilà ça fait deux ans… Pis tu es encore là, dedans mon coeur, dedans ma vie. Et ta mort étrangement me donne tellement de vie. Je ne le dirai jamais assez, mais à quelque part ma puce tu m’as sauvé. Je suis depuis toi mille fois plus tout, plus vivante, plus vraie, plus aimante, plus complète, plus intense, plus sensible, plus moi. Parce que ta mort, bien au delà des larmes et de la peine, m’a apporté tant de profondeur, j’ai eu envie aujourd’hui de partager un peu de ta beauté, de ta grandeur. J’ai envie d’expliquer un peu ce que tu m’as donné de bon.

Quand t’es partie ma belle, mon monde s’est arrêté, ma vie a manqué d’air, plus de souffle, juste un gouffre. Mais dans toute cette misère, dans toute cette peine, là au milieu du désert, un homme, le mien et le tien aussi, ton père. L’épreuve de ta mort m’a fait réalisé combien ton père c’était lui, l’homme de ma vie, le mien, le vrai, le grand. Tu me diras qu’après plus de 10 ans, deux enfants, il était temps, mais je suis comme ça moi, ça me prend du temps. Je le savais qu’il était spécial ton papounet, mais je faisais mon indépendante, ma sauvageonne. Puis là j’ai eu besoin de lui et lui de moi. Je lui ai montré toute ma vulnérabilité, je lui ai laissé tenir mon coeur à découvert, sans pudeur, sans retenue et il l’a tenu ma puce. Il a tenu mon coeur, ma main, mon corps tout entier et il m’a aimé, il m’a bercé, il m’a donné un peu de lui sans compter, sans penser. Dans toute ma misère, il a été là, sans faiblir, sans flancher, sans se cacher, l’âme à nu, la peine au fond du coeur, mais toujours là. Il est pas parti une seule fois, pas de défilement, pas d’hésitation, juste lui, rien que lui, tout lui. Quand tu es partie ma puce, ton père est resté, mon homme est devenu encore plus mien, encore plus vrai. Jamais je ne l’ai aimé comme depuis. Et ça c’est toi. Et tous les jours depuis c’est comme ça. Ce qui me fait dire qu’au fond t’es jamais partie. T’es toujours là. Angélique merci! Merci pour cette révélation, merci d’avoir eu le plus merveilleux des petits papas du monde.

Pis ça fait deux ans, mais t’inquiète pas dans mon coeur, dans ma tête, dans tout mon être t’es jamais partie.

652 km

652 kilomètres c’est la distance précise entre notre maison et Rouyn-Noranda. 652 km dont la plupart de bois, de lac et de courbes sur une route douteuse à une seule voie. 652 km dont près de 300 dans une réserve faunique où l’épinette est reine et maîtresse. Après 250 km on a fait le tour, un bain de nature c’est bien bon, mais on rapprocherait volontiers la place d’un bon 552 km ;) Enfin, c’est là qu’on s’en va prochainement et ça m’a donné le goût de partager avec vous ce qui représente le plus Rouyn pour moi. Allons-y donc pour une petite anecdote.

Hiver 1998 on part pour le petit nord en auto pour la première fois, les fois d’avant c’était en autobus. Le chemin n’est pas plus court, mais étrangement plus intense, on est plus près de la route, plus dedans le bois. Au 648e kilomètres on aperçoit au loin la côte Johanne, une immense côte que peine chaque voiture à monter. Avant d’attaquer la fameuse montée mon amoureux me dit : “Vite prépare Richard j’ai couché dans mon char”.  “Pourquoi?” que je demande. “Fais le tu vas voir, c’est… malade. Pis quand je te dis go tu pars la toune” que me dit le Geek empressé. Je prépare donc le CD dans notre lecteur (c’est l’ancien temps là, pas de lecteur intégré dans l’auto et pas de ipod, on faisait manuel à cette époque). On commence donc à grimper la côte et rendu presqu’au sommet le Geek me dit: “Ok là vas-y”. J’appuie sur le bouton et là à full blast dans mes oreilles Richard Desjardins qui entonne: “J’ai roulé 400 milles sous un ciel fâché, aux limites de la ville mon coeur à clenché…”. Et là Rouyn devant, la ville qui se déploie, dans tout ce bois, elle est là, belle comme une démone interdite. 652 kilomètres pour ce moment là. Et là le coeur qui clenche pour vrai, le motton dans la gorge, les larmes dans les yeux, la magie de Richard. Rouyn-Noranda c’est ça.

Depuis cette toute première fois chaque arrivée à Rouyn-Noranda se caractérise par Richard dans nos oreilles et à chaque fois le coeur clenche et le souffle me manque.  Merci vieux bum.

De tout

Un petit billet de nouvelles en vrac:
Mini Coco n’est plus si mini que ça, il pousse comme de la mauvaise herbe. Il jasouille (dit 10 papas pour un maman, mais bon il dit maman), fait des bye bye, mange comme un ogre et est mignon. Je passe des heures à le regarder être mignon, juste ça, rien que ça. Il a eu sa première coupe de cheveu, compliment de bibi qui s’en est excessivement bien tiré (malgré les doutes du Geek qui se rappelle LA fois où je lui ai taillé le toupet… une boule à 2 au clipper c’est ce que ça finit par donner…). Enfin, il est tout ce qu’on attend de lui soit notre bébé.

L’été arrive à grand pas, plus qu’une semaine et on se retrouve tous en vacances (sauf le Geek qui devra attendre août, mais bon parfois quand les 3 cocos s’y mettent le bureau c’est aussi des vacances ;) ). Bref, la farniente est au menu, piscine, parc, vélo, piscine, parc, vélo, bref vous voyez le portrait. Tout ça me plaît bien, si ce n’est que septembre viendra trop vite… mais bon un jour à la fois.

La semaine prochaine on part fêté la St-Jean dans le petit nord (Rouyn-Noranda ou Évain pour les puristes ;) . Un bain de nature, bébittes qui piquent comprises… J’ai hâte de voir comment se passera la “ride de char” avec un bébé de 9 mois qui après 20 minutes hurle à s’en fendre l’âme…

Alors voilà c’est tout, rien de bien palpitant mais du bonheur à la tonne, un gros concentré de bonheur intense. Je les aime assez mes cocos… ça juste pas d’allure ;)

9 ans

Et voilà, elle a 9 ans aujourd’hui. 9 années de bonheur et d’amour, 9 petites années qui ont passé si vite. Elle est belle ma fille, elle est douce, elle est généreuse. Un brin lunatique, un tantinet timide, un peu têtue, un peu à notre image.

Il y a 9 ans, elle se frayait un chemin dans la vie après une naissance traumatissante. Elle a hésité, restée – partir, elle était si fatiguée, heureusement (Heureusement) elle est là. Il y a 9 ans j’allais prendre ma fille pour la première fois et ma vie a changé pour toujours, pour le meilleur, rien que le meilleur, juste le meilleur.

Elle m’a appris le partage, le don de soi, la générosité, la patience et l’amour absolu, infini, infiniment absolu. Ma grande Cocotte a 9 ans… Bon anniversaire ma belle chérie.

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Christiane

La mort est un tabou tenace, la mort d’un bébé l’est encore plus. Quand notre Angélique est morte les gens nous ont témoigné beaucoup d’empathie, de sympathie et de douceur, mais il y avait souvent comme un malaise, un inconfort. Je les comprends parfaitement de ne pas avoir su exactement quoi dire ou quoi faire, mais pour nous juste un geste de reconnaissance de notre peine était déjà beaucoup. J’ai eu droit à plusieurs téléphones de sympathie, des messages de réconfort, des cartes pleines de mots doux. Cela a mis un grand baume sur ma peine. Tous les témoignages se sont surtout fait avec retenue et distance. Mis à part nos familles immédiates, les gens se gardaient une distance.

Grande-Dame , qui m’a largement inspirée ce billet, raconte tous les témoignages de sympathie auquel elle a eu droit à la mort de son fils. Elle dit combien deux mamans algériennes l’ont touché avec leur générosité. Ça m’a donné envie de partager avec vous l’un des plus beaux gestes que quelqu’un a posé quand nous avons perdu notre bébé.

Le jour où j’ai appris que notre bébé était mort, la vraie vie devait continuer. J’allais accoucher le lendemain et il fallait vaquer à notre vie en attendant. J’avais un intense besoin de la présence de mes autres enfants. Je suis donc allée chercher mon fils à la garderie et ma fille au service de garde de l’école. En arrivant à l’école ma fille m’a accueilli en voulant savoir si je portais une soeur ou un frère (c’est à l’écho de routine que nous avons appris la mort d’Angélique et ma fille attendait impatiemment ce moment pour savoir le sexe du bébé). J’ai écarté la question et Cocotte bien que déçue a laissé tomber. L’éducatrice de ma grande par contre a senti que quelque chose n’allait pas. Pendant que ma fille ramassait ses choses elle m’a demandé ce qui se passait. Les yeux dans la flotte j’ai essayé de lui dire, mais ça ne sortait pas. Elle m’a pris la main et j’ai réussi à baragouiner que le bébé était mort. Et là Christiane, ma belle Christiane m’a prise dans ses bras et m’a bercé en pleurant avec moi. Je suis très prude de mes sentiments, mais elle a fait ce dont j’avais exactement besoin. Je ne l’ai pas remercié de sa grandeur, mais ce jour là sa chaleur m’a réconforté plus que je ne l’aurais cru possible. Une quasi étrangère m’a ouvert les bras et m’a donné une parcelle d’elle-même. J’ai senti de la compassion, un sentiment vrai et fort. On m’a témoigné beaucoup de sympathie par la suite, mais ce que Christiane a fait a dépassé ce dont je m’attendais, ce dont j’espérais. Elle a laissé tomber la distance, la retenue.

Encore aujourd’hui quand je repense à sa réaction, je ressens une grande chaleur et beaucoup de tendresse pour son geste. Je ne lui ai jamais dit combien j’avais apprécié ce qu’elle a fait, je me promets de le faire d’ici la fin de l’année scolaire et de lui présenter mon Lou. D’ici là je lui dit ici, merci Christiane.

And the winner is…

Une double otite… Enfin, on a trouvé le bobo qui fait que mon Coco fait de la fièvre depuis mercredi, pauvre petit chou. Visite du pédiatre jeudi passé, elle ne voit rien et me dit de revenir si ça empire ou s’il a encore de la fièvre lundi. La fin de semaine passe. Samedi on croyait la bête vaincue, mais à l’heure du souper refièvre et une grosse fièvre (39,9 – 40). Alors aujourd’hui je m’écoeure, téléphone pour un rendez-vous, pas de place. Pas question d’attendre encore, je me rends à la clinique sans rendez-vous, attends deux heures, voit un beau docteur qui diagnostique une otite double. Trop avancée pour attendre encore (parfois les otites se règlent d’elle-même surtout après 4 ans) donc antibio pour Coco. Je vais peut-être enfin pouvoir dormir… oh yesssss!!! Alors voilà une tite tranche de vie popoche, un morceau de vie de maman, maman qui est pas mal contente que son petit Coco ira mieux bientôt.

7 vérités

Je reçu une tag puisqu’elle vient de quelqu’un que j’aime beaucoup je me plie à l’exercice.

Voici les règles :Chaque personne décrit sept choses à propos d’elle-même. Ceux qui ont été «tagués» doivent écrire sur leurs blogues ces sept choses ainsi que ce règlement. Vous devez «taguer» sept autres personnes et les énumérer sur votre blogue. Vous laissez alors sur les blogues de ceux que vous souhaitez «taguer» un commentaire leur indiquant qu’ils ont été «tagués» et les intimant à lire votre blogue.

1. Je déteste les nombrils, le mien en premier. Je le sais c’est con, mais c’est comme ça. Incapable de toucher mon nombril (inquiétez-vous pas je le lave, mais c’est un supplice). L’idée de mettre mon doigt dans mon nombril et j’en ai des frissons. La publicité de nombrils qui chantent d’Activia me dégoûte, le nombril qui sort de mon fils me répugne. Bref, j’haïs les nombrils.

2. Je n’aime pas le noir. La grosse noirceur me foue la trouille. Il y a toujours une petite lumière chez moi. Je suis bien meilleur côté noirceur qu’avant, mais je ne suis pas super confortable très longtemps.

3. Je suis super dédaigneuse. Les cacas de bébé beurk (même ceux des miens), la bouette, toutes formes de déjections humaines, le compost, le fumier, alouette. Enfin, je suis diva là-dessus, très urbaine.

4. Je suis une grande solitaire. Je peux passer des journées entières dans le silence le plus complet. J’adore lire dans une maison silencieuse. Autant je stimule bébé par le son, autant je lui offre aussi des moments de silence complet, de répit.

5. Je pourrais passer ma vie à étudier. J’adore l’école, apprendre de nouvelles choses. J’ai fait deux maîtrises en même temps que deux bébés, on me dit souvent combien j’ai été bonne et tout, mais c’est de la foutaise, je l’ai fait par pure plaisir égoïste.

6. Le nom de ma fille était trouvée depuis que j’avais 12 ans. Je l’avais même écrit dans mon agenda de secondaire 3.

7. J’aime avoir des enfants. J’en aurais 12 (bon peut-être pas 12), j’en aurais plein. J’en adopterais aussi. En fait, j’aimerais beaucoup adopter un enfant puis en faire quelques autres, mais bon faut vivre selon nos moyens, une douzaine c’est un peu beaucoup ;) .

Pour les tagués je ne sais pas trop, tout le monde l’a été ou presque. Ceux qui n’ont pas été tagués allez-y si ça vous chante.