Archives de May 2007

Et vlan dans les dents (coeur sensible s’abstenir)

Je parlais de dégueux, même de DÉGUEUX, bien ça m’apprendra… parce que du dégueux je n’en avais pas vraiment vu avant hier. Chez nous par les temps qui courrent ça tombe comme des mouches. Un petit virus par ci un petit rhume par là, ça n’arrête pas, mais là j’ai eu droit à THE cerise sur le sundae, the ultimate, la gastro qu’on avait réussi à éviter jusque là. Bien oui je ne disais pas un mot, je ne parlais de rien, j’avais peur de provoquer les choses, mais on dirait bien que d’en parler ne change pas grand chose. Ce que je me réjouissais d’avoir éviter a frappé et pas le moindre d’entre nous, non c’est Mini Coco qui y a eu droit. Un bébé qui a la gastro c’est l’apocalypse rien de moins. Ça vomit et évacue par le bas sans aucun préambule, les couches débordent, ça pue, c’est MÉGA DÉGUEUX. Après quelques couches horribles, quelques vomis dignes de films d’horreur j’appelle le Geek en catastrophe, je ne peux pas assumer seul. Le temps de ramasser un dégât que Mini en fait un autre, ça déborde de partout, eh je capote.

Et voilà tu pas que c’est l’heure d’aller chercher Cocotte à l’école. C’est là que ça devient drôle. Il y a un grand boulevard à traverser et il n’y a pas de brigadier. Après avoir tergiversé j’opte pour aller chercher Cocotte à pied avec Mini dans la poussette et Coco à pied. Je recouvre la poussette de couvertures (au cas où ça déborde), j’aurais dû choisir des couvertures qui “match”, mais bon pas le temps alors on dirait un vrai arc-en-ciel. Je pousse dans le dos de Coco au maximum qui est dans sa phase Roi Lion et que ne veut rien savoir d’enlever son déguisement de lion (un déguisement avec méga crinière de poil). Bon je n’ai pas le temps de m’obstiner, part avec Coco en lion, une poussette multicolore avec couvertures qui pendouillent de partout. Pour faire dans le ton, mon chandail est taché d’eau de Javel, en voulant aseptiser j’ai ruiné mon gilet. Vous imaginez l’image, une mère hirsute, le chandail plein de “spots” de javel, avec un petit garçon déguisé en lion qui pousse une poussette pleine de couvertes de toutes les couleurs. La GRANDE classe.

Pour conclure le tout, j’ai fini par éternuer et je n’avais même pas de mouchoir. Au point où j’en étais je me suis mouchée dans mon gilet. Deux secondes après avoir ramener tout le monde à la maison le Geek est arrivé. Côté timing j’ai déjà vu mieux… Qui est-ce qui s’est poussé acheter du pedialyte en courrant? Moi moi moi! Qui est-ce qui a arrêté de dégobiller la seconde où le Geek a mis les pieds dans la maison? Et oui toujours les mêmes qui ont tout ;)

De choses et d’autres, mais d’abord du dégueux

Dégueux? Vous avez dit dégueux? Non, j’ai dit DÉGUEUX! Preuve à l’appui:

Hier je suis en plein changement de couche de Mini qui vient de finir sa sieste. Au beau milieu du périlleux exercice, c’est que Mini bouge beaucoup, on sonne à la porte. Zut! Bébé est en fesse, je le dépose donc dans sa couchette et je cours à la porte. La chambre de Mini est tout près de la porte d’entrée, je l’entends qui babille doucement. Ouvre donc la porte pour me trouver face à face avec des Témoins de Jéhova (ça pullule par chez nous). Je reste gentille et calme, mais je me fais ferme. Pas besoin d’être sauvée, il est déjà trop tard, non merci priez pour moi si ça vous chante, je dois retourner à bébé. Le tout a pris 3 minutes, 3 minuscules petites minutes. Je retourne donc à bébé qui continue de babiller joyeusement dans son lit et là, là, DÉGUEUX!!! Vous vous rappelez je changeais la couche de Mini, il était en fesse, vous me voyez venir? Qu’est-ce que Mini en a profité pour faire pendant ce minuscule 3 minutes? Et oui le numéro 2… et petit monsieur avait tellement de plaisir… DÉGUEUX! J’ai bien failli retourner en courrant dehors engueuler les Témoins de Jéhova, mais bon je suis restée civiliser et j’ai fait une brassée de lavage, un bain, un grand nettoyage… N’empêche DÉGUEUX!

Dans le genre dégueux Mini y met beaucoup du sien ces temps-ci. Pas plus tard que ce midi, je donne à mon petit Lou un biscuit de dentition pendant que je prépare mon dîner. Il est à deux pas de moi, je m’active en lui jasant ça, Mini babille et cause avec son chien qui se tient tout près (on ne sait jamais ce qui peut tomber des hauteurs de la chaise). Et là je me retourne pour voir Mini qui tend au chien son biscuit, le dit chien s’étire lèche abondamment le dit biscuit puis Mini le remet illico dans sa bouche. Beurk! Je n’ai pas été assez rapide pour éviter l’échange de bave. Dégueux! J’ai donné le biscuit au chien et calmer la grosse peine de Lou qui voulait seulement partager.

Sur une toute autre note aujourd’hui il y a 37 semaines et 5 jours que notre Lou est né. À 21h06 Louis-Philippe aura passé autant de temps à l’extérieur qu’à l’intérieur de sa maman. 37 semaines 5 jours de pur bonheur, de douceur, d’amour et de joyeux dégueux. Que du plaisir, juste du plaisir et encore du plaisir.

Rêver…

Être mère c’est abandonner le sommeil comme on le connaissait. J’ai beaucoup de chance j’ai enfanté des dormeux, mais ça reste que c’est eux qui décident et que parfois j’en prendrais bien encore un peu. Cette semaine a été infernale. Mini a eu un virus puis Coco puis moi. Des nuits horribles peuplés de nombreux réveils, j’ai eu l’impression de passer plusieurs jours en état second. On se relève lentement. Cette nuit fut meilleure, mais le réveil quelque peu perturbant.

Moi qui émerge des brumes -Ouch j’ai fait un méchant rêve presque qu’un cauchemard…

Le Geek tout endormi -Hein?

Moi -Oui, c’était bizarre. Je te dis je manque de sommeil pas à peu près. J’ai rêvé que je jouais au curling.

Le Geek pas certain d’être réveillé -Hein? Au curling? Hein?

Moi -Bien oui au curling. Pis j’étais bonne comme aux Olympiques. Et je savais tout comment jouer, je le sais pas dans la vraie vie comment jouer là, mais là je savais tout, j’étais super bonne. J’avais même un petit coat de mon commanditaire… Tim Hortons…

Le Geek -Je (pouah ah ah) Trop crampé pour dire quoi que ce soit.

Moi -Je te jure c’était bizarre. La seule affaire différente c’est que mon équipe au lieu d’être des petits vieux poches, c’était des super beaux mecs en bedaine.

Le Geek qui reprend lentement ses esprits -Bah c’est peut-être un signe.

Moi -Un signe? Un signe de quoi?

Le Geek -Bien un signe que tu devrais jouer au curling. Si tu étais bonne dans ton rêve c’est peut-être que tu as un talent caché.

Moi dubitative et interloquée -Un signe?

Le Geek -Bien oui, tu devrais jouer.

Moi -Me semble. Bien si les rêves sont un signe, je vais rêver que je fais l’amour avec mon équipe de curling ce soir.

Le Geek ton je ris plus là -Ha ha ha.

Il ne l’a pas trouvé drôle. Moi je l’ai trouvé pas pire du tout.

Oh boy…

Réceptionniste est un travail difficile, il faut savoir faire preuve de tact et d’intelligence. Les bonnes réceptionnistes sont chaleureuses, mais fermes, intelligentes et surtout diplômates. Aujourd’hui j’ai fait l’expérience d’une réceptionniste… les mots me manquent… Allons-y pour nunuche, nunuche championne toute catégorie. C’était tellement… tellement… enfin je vous laisse juger.

J’ai consulté le pédiatre pour Lou qui n’allait pas ces derniers jours, finalement bébé a un simple virus. Avant de quitter j’ai dû refaire son dossier informatique (changement de système ou je ne sais trop) c’est là que mon chemin a croisé celui de Nunuche.

Nunuche -Nom de l’enfant svp, clairement svp.

Moi -Louis… Phi – lip – pe C** articulé très clairement, peut-être un peu trop même…

Nunuche -En un mot ou deux?

Moi -Hein? Son prénom? Bien en deux mots… avec un trait d’union.

Nunuche -Où le trait d’union?

Moi -Bien entre Louis et Philippe Ouch! et Philippe avec deux P

Nunuche -Hein P-P-h-i-l-i-p-e ?

Moi -Eh bien non deux P à la fin… au début il y en a juste un. Double ouch!

Nunuche -Eh je ne vous suis pas là.

Moi -Me suivre? Eh bien… ok Là je lui ai épeller à la vitesse grand T (T pour tortue) le prénom.

Nunuche -Sexe?

Moi -Sexe? Pas depuis 2 jours.

Nunuche -Sexe de l’enfant. Soupir exaspéré.

Moi -Bien Louis-Philippe, c’est un garçon… Me semble que c’est évident…

Nunuche -Ah le nom veut rien dire si vous saviez avec tous les étrangers et leurs noms bizarres. Petit ton condescendant, un brin xénophobe.

Moi -Ouin mais Louis-Philippe ça me semble plutôt banal, pas trop étranger comme vous dites. Enfin… prochaine question.

S’ensuit une série de question sur sa date de naissance, le nom de son père, de sa mère et bla bla bla. Je devrai épeller mon nom parce que Nathalie ça s’écrit d’au moins 20 façons (ah bien je ne pensais pas autant), celui de son père et à peu près tout nom. Ensuite on passe à une série de questions plus complexes…

Nunuche -Date de naissance du père?

Moi -2 septembre 1975. Là j’ai un doute, ça va faire des flammèches dans sa caboche, je le sens.

Nunuche -Eh non date de naissance du PÈ-RE, pas de l’enfant.

Moi -Bien c’est ça 2 septembre comme son fils, ils sont nés le même jour.

Nunuche -Ah bien c’est rare ça, rare, rare, rare. Donc 2 septembre 2006.

Moi -Bien 2 septembre 2006 c’est le bébé, le père c’est en 1975… Oh boy… les synapses se touchent…

Nunuche -1975? Bien c’est pas la même date alors. Elle ose prendre un petit ton supérieur.

Moi -Bien c’est la même date le 2 septembre, mais c’est certainement pas la même année, c’est son père, c’est comme… évident il me semble. Ton supérieur, moi aussi je suis capable…

Alors voilà… une championne du monde… toute catégorie! Et c’est rien je vous épargne la partie sur le nom de fille de la mère du Geek… C’est que le Geek a comme prénom le nom de famille de sa mère… Imaginez un peu, là il y avait un feu d’artifice au complet dans son petit coco. Mais rendu là je me bidonnais ouvertement… Elle a conclue par une phrase digne de mention

“Je vous jure vous c’est compliqué votre affaire. Le nom du père qui est le nom de sa mère, la date de naissance qui est pareil mais pas pareil, pis un nom composé. Wow aujourd’hui faut toujours que tout soit compliqué.”

Oh boy…

Engagez-vous qu’ils disaient…

Partout on nous dit à grands cris “Faites des bébés”, “Reproduisez-vous”, on nous promet monts et vallées et finalement on a quoi? Pas grand chose. Des chèques imposables, des garderies à 7$ pas trouvables et des maux de tête. Ah oui on a des beaux enfants, ils sont merveilleux, ce n’est pas ça, mais un peu de facilité c’est trop demander? Faut croire que oui.

Je vais avoir l’air de me plaindre et en fait c’est tout à fait ça. Ce n’est rien de tragique, ce n’est pas si grave, mais faut que ça sorte.

Premièrement, le CPE où va mon Coco ne peut pas encore me garantir une place pour Mini en septembre. La directrice doit faire ses groupes, structurer ces choses et me répondre… un jour. Elle ne sait même pas si elle saura avant juillet. Eh c’est parce que je n’ai pas de plan B moi là, ça semblait claire que Mini aurait une place. Pis là bien ce n’est plus certain. Maudite m… Alors je dois me trouver une garderie au cas où… Ça me fait chier royalement (excusez le langage mais je ne sais pas comment le dire autrement)! Moi qui pensait que je n’aurais pas à me casser la tête pour cette fois, mais non on recommence.

Et cerise sur le sundae Cocotte doit changer d’école. Je vous explique, mais préparez-vous c’est long, complexe et surtout très con. Quand nous sommes déménagés il y a deux ans on inscrit Cocotte à sa nouvelle école. Pas de problème l’école de notre aire de desserte (terme officiel) est plus loin (on a une école sur notre rue, mais ce n’est pas “notre” école), mais on fait tout dans les règles de l’art. Finalement, le 26 juin on reçoit les papiers de l’autre école (la plus proche). Essaie tant bien que mal de rejoindre quelqu’un, mais tout est déjà fermé. En septembre Cocotte commence à l’école plus près qui n’est pas “notre” école, mais qui sera la sienne pour une raison obscure (pas le manque de place). Je jase avec la directrice parce que Coco un moment donné ira à l’école lui aussi et je ne veux pas des enfants dans deux écoles. Non, non pas de problème, on me baragouine du langage de fonctionnariat, transfert obligatoire, prioritaire, aire de desserte, regroupement familial, bla bla bla. En février je remplis le formulaire d’inscription de Coco pour la maternelle, je dois faire une demande de changement d’école pour lui, parle avec la directrice, on me dit que ce ne sera peut-être pas si simple. C’est parce que ce n’est pas ce qu’on avait discuté. Parle parle, jase jase, ça devrait aller, pas de problème. Bien calvaire de ciboire, ils ne peuvent pas prendre Coco qui doit aller à l’autre école, “notre” école. Qu’est-ce qu’on fait? Discute, étudie la problématique, finalement change Cocotte aussi, on ne peut juste pas courrir trois places dont deux écoles avec des horaires différents, des congés différents. J’ai chialé, moi qui généralement est tolérante là-dessus (je le sais bien que ce n’est pas sa faute à elle), j’ai chialé. Elle a déguisé la vérité et en plus le système est poche, poche, poche.

Là c’est quoi la prochaine affaire! Mais je vous averti soyez prêt je suis méga “crinquée”!

Ah mais faites des bébés pareil, soyez juste prêt, le plus dure ce n’est pas les nuits, les dents, les petits bobos, c’est les cr… de systèmes de m…

Le poids du passé

Quand j’étais jeune mes grands-parents habitaient avec nous. De l’extérieur on formait une belle petite famille parfaite, mais de l’intérieur comme toutes les familles ça craquaient un peu. En fait, la grosse craque c’était un secret, un tabou, un “faut pas que personne sache”. Et aujourd’hui ce secret, pourtant mort avec celui qui l’a porté, m’empoisonne encore la vie.

Je vous explique…

Le Geek rentre hier d’un 5 à 7 (plutôt un 5h à 11h) un peu (pas mal) pompette. Pas grave, il rentre pompette une-deux fois par année, ça ne me dérange pas, mais… Et s’il ne pouvait plus s’amuser sans boire, s’il en avait besoin tout le temps, s’il était alcoolique? Les nerfs me direz-vous et vous avez raison sauf que quand l’alcoolisme t’a touché de près, on ne s’en débarasse pas comme ça. J’ai donc du refaire encore une fois une petite thérapie interne pour m’apercevoir que ça fait partie de moi, que c’est ça, que je le porte, que ça me rend plus intense, mais que de le savoir c’est déjà ça de pris. Le Geek le sait, il me connaît, il a cuvé sa bière en silence (pas trop difficile, il s’est écroulé dans le lit en arrivant ;) ) et il a laissé aller.

Mon grand-père buvait. Un alcoolique social, jamais déplacé, toujours de bonne humeur, pour l’enfant que j’étais son problème de boisson ne me semblait pas un problème. Mais pour les grands autour de moi c’était l’enfer. Les secrets, les larmes, les cris, les “chut, chut, chut”. Je ne comprenais rien, sauf que ça n’allait pas. Toutes les cachettes, couper le gros gin avec de l’eau en cachette, cacher le 6 packs de bière, cacher et encore cacher. Mon grand-père que j’ai aimé de tout mon coeur a finalement arrêté de boire, complètement. Le secret en est resté un, chut chut chut encore. On oublie tout, on fait comme si ça n’avait jamais été. Si ça n’était pas. Pas d’alcoolique chez nous, non voyons, jamais.

Aujourd’hui j’en ai assez du secret. Son honneur est sauf, il est mort depuis bientôt dix ans et aujourd’hui c’est ceux qui restent qui portent le fardeau et je refuse de le porter en secret. L’alcoolisme de mon grand-père a créer en moi une brèche. Je ne pourrai jamais savourer pleinement un verre de rouge, je craindrai toujours de porter ce vice en moi. C’est comme ça. Mais je refuse de faire comme si ça n’existait pas, je refuse de taire quelque chose qui m’empoisonne. L’alcoolisme est une maladie, la cacher n’aide personne. Pour “guérir” l’alcoolique doit reconnaître son problème, encore faut-il qu’autour de lui on reconnaisse qu’il y a effectivement problème.

Alors voilà je me suis excusée au Geek (pour rien il se rappelait à peine ce que j’avais dit ;) ) et j’accepte de porter ça et de vivre avec. Vivre avec un alcoolique n’est pas simple et vivre avec un alcoolique un jour c’est vivre avec un alcoolique toujours.

La petite boîte verte

On a tous un objet, un petit quelque chose qui nous tient à coeur. Pas nécessairement un objet dispendieux plutôt quelque chose de significatif. Cocotte nous faisait la liste récemment de ces objets “trésors”, de ceux qu’elle ne voudrait jamais abandonner. Ça m’a donné à réfléchir et j’ai constaté qu’il y a peu de choses dont je ne pourrais me passer. Mais il y a bien cette petite boîte turquoise dans ma bibliothèque de chambre. Une petite boîte gossée main, avec un beau ruban de satin pour la fermer, une boîte grande comme un pain tranché, une si petite boîte qui contient toute une vie, la vie de mon ange. La vie d’Angélique dans une petite boîte verte. Dans cette boîte il y a son petit nid d’ange, sa petite doudou et si on regarde de près, en haut vers la gauche, il y a une petite tache, une petite tache d’elle. Il y a toute sa vie dans 2 cm, une petite tache pour un grand vide. Et même si je sais que sa vie ce n’est pas cette tache, je ne pourrais jamais me résoudre à me séparer d’elle. Angélique n’avait pas d’odeur, même pas l’odeur de la mort, mais quand je mets mon nez sur la petite tache et que je ferme les yeux, je la sens, ma fille. Pendant quelques secondes elle est là. Tout ça dans une petite boîte verte. La petite boîte verte qui contient la tache. Et c’est ça mon objet “trésor” à moi. Et vous?

Question de perception

On dit de nos jours que le poids obsède les gens, que l’obésité est le nouveau fléau, que nos jeunes focusent trop sur la grosseur et bien je dirais que notre société est en effet un peu malade. Je vous explique.

Mon Coco de cinq ans c’est un petit format, un pas de courbe comme on dit en souriant. Il est mince, en fait pour être honnête on peut même dire qu’il est maigre, pas une once de gras sur petit monsieur, un vrai “rack à chip”. Il a d’ailleurs droit à son lot de remarques du type “C’est pas gros ça mon ami”, “rack à chip”, “la peau pis les os”, bref vous voyez le genre. Malgré sa “maigreur” pas une seule fois je n’ai entendu de commentaire sur ce qu’il bouffait, on ne m’a jamais dit de le faire manger, de le nourrir le pauvre petit. Avant que vous vous inquiétez puisque j’ai soulevé la chose, sachez que Coco mange à sa faim et que sa faim est grande, très grande. Il lui arrive de manger plus que le Geek qui ne donne pas sa place non plus. C’est plutôt fascinant de voir un si petit bonhomme manger autant. Coco est maigre, il est ainsi tout simplement, on le remarque, mais ça s’arrête là.

Mini Coco maintenant…

Mini Coco est un haut de courbe. Proportionné poids grandeur, mais beaucoup plus grand et gros qu’un bébé de 8 mois moyen. C’est un beau bébé en parfaite santé avec des courbes incroyables. Disons qu’il y a du gras après ce bébé là. De belles joues rondes, un gros bide, des cuisses pleines de plis, un beau gros bébé. On le remarque, il a son lot de commentaires du type “Méchant gros bébé”, “wow le tocson”, “Il est plein de lait ce bébé là”, “un petit obèse”, et ça continue dans ce registre. Ça ne me dérange pas plus qu’il faut, la majorité des gens le disent en souriant, en signe de gros bébé égal bébé en santé. Là où ça ne marche plus pour moi ou je décroche c’est lorsqu’on me parle de régimes, de diètes. Oui, de diètes! Et pas que rarement, souvent. On me lâche un “va falloir le rationner ce petit là, il va être gros plus tard”, “faudrait pas lui donner à manger autant, c’est pas bon ça”. C’est parce qu’on parle d’un bébé de 8 mois, 8 petits mois. On ne met pas un bébé de 8 mois à la diète, on ne rationne pas un bébé, un bébé n’est pas obèse. Ça me scie à chaque fois.

Mais ce qui me trouble le plus c’est qu’on ne s’inquiète pas de l’alimentation de mon petit maigre alors qu’on s’en fait pour mon petit gros… Il me semble que cela en dit quand même long. Bref, tout est toujours question de perception.