Les profs
Rencontre de parents hier avec l’enseignante de Cocotte. Une vraie bonne prof, qui a toute les qualités. Pas de surprise non plus, Cocotte a un potentiel démentiel, un coeur grand comme une montagne, mais l’esprit lunatique et l’effort quelque peu chambranlant. On va travailler ça (bien que le “on” exclue généralement la personne qui parle laisser moi vous dire que dans ce cas-ci la personne qui parle est plus qu’inclue
)
Bref, petite rencontre intéressante, parle parle jase jase, règle des détails et hop de retour chez nous. Chaque fois que je mets les pieds à l’école primaire je dois m’attacher pour ne pas hurler ou frapper quelqu’un. De kossé me direz-vous? De cette incroyable faculté qu’ont plusieurs professeurs à s’autoflageller. Autoflageller? Oui, vous savez le “on fait ce qu’on peut avec 23 élèves dans la classe”, “y a personne pour nous soutenir avec les cas problèmes”, “c’est rendu difficile, on a pas de soutien”. Comprenez moi bien je suis tout à fait d’accord avec le fait que les profs souffrent et sont plutôt mal encadrés. Je viens d’une famille où il y a du prof de primaire au pouce carré (soeur, belle-soeur, alouette) et combien de discussions avons-nous par année sur les pôvres professeurs? 200 000 minimums. Je louange leur travail, je leur accorde toute l’importance qu’ils ont (formateur de notre merveilleuse marmaille), mais on s’entend qu’il y a aussi des bons côtés à être prof et qu’on pourrait en parler des fois non?
Bon là les profs qui me lisent vont dire “check bien ça elle va nous sortir l’été de vacances”. Oui pourquoi pas. C’est un avantage l’été de vacances. Ils en ont besoin, certain, mais il y a plein de monde qui en aurait besoin et qui ne l’ont pas (les infirmier(e)s par exemple) alors c’est un avantage. Les horaires plus flexibles, les congés, les fériés, etc. Mais au delà de ça le plaisir d’enseigner peut-être? Ça ne compte pas ça? À entendre certains profs parfois on croirait qu’il n’y a aucun plaisir. (J’ai dit certains).
Hier, je me suis tappée les doléances de toute une série de gens. Et vous savez ce qui m’a réconcilié? Quand la prof de ma fille après que je lui ai dit que ça ne devait pas être évident d’enseigner la syntaxe à des enfants de 9 ans m’a répondu “Leur apprendre quelque chose et voir dans leurs yeux qu’ils ont compris juste un peu c’est le plus grand bonheur. Presque un orgasme”. Ça m’a fait du bien à entendre.
Je le sais que je touche à l’intouchable, mais j’avais envie (lire besoin) de le sortir. J’attends vos commentaires.
Je suis bien d’accord avec vous! Mon prof d’histoire de chum se plaint souvent de sa pôvre convention collective -imposée sous le baîllon-, de son minable salaire de prof dont le plafond se trouve si loin en termes d’années d’ancienneté, de son statut précaire.
Et je soupire de l’entendre, surtout lorsqu’il le fait étendu sur le divan à 14h35 (parce que sa journée est déjà finie alors que moi, je travaille toujours), qu’il me parle avec enthousiasme de la vie dynamique de la salle des profs, qu’il me partage tous les projets sur lesquels il travaille gaiement, qu’il a des congés “gros comme ça” et tout un été à lui.
Je vous jure, parfois, je songe à me réorienter. :-/ Je n’ai peut-être simplement pas trouvé “ma” voie…
“Ma” Nath est orthopédagogue, pas directement enseignante dans une classe, alors c’est pas pareil, mais assez pour en connaitre un peu.
Mais mon point de vue là-dessus, c’est qu’en bout de ligne, chacun fais son choix de carrière tout en sachant les bons et les mauvais côtés de celle-ci, alors personne n’est à plaindre ni à envier.
Les chialeux, c’est généralement ceux qui ont fait un mauvais choix de carrière et qui n’ont pas l’audace de se ré-orienter. Ou encore, les “vieux” qui comptent les jours avant leur retraite. Mais ça, on peut pas y faire grand chose, c’est notre société.
Bah, je suis toujours la première à dire que les profs sont les plus grands chialeux …
Donc, je peux pas te lancer la première pierre … Sinon faudrait que je m’autobalance le rocher Percé en pleine gueule.
Qu’est-ce que je fais dans la vie déjà … ahh oui … je suis dans l’éducation.
Ooops
Je ne peux pas trop commenter. Je suis enseignant en primaire mais en France . Je ne connais pas les conditions de travail, les salaires, la pénibilité du travail au Québec
Quand on me parle de mes vacances , de mes horaires et que j’entand qu’on ne fait rien ça me hérisse le poil car c’est plutôt de la jalousie que de la provocation, alors je reponds simplement que ce n’est pas un titre de noblesse mais que c’est un concours ouvert à tous. Cest vrai que de l’extérieur ça paraît tranquille ( vacances, horaires ) mais restez plusieurs heures avec 25 enfants et on en reparle après ….nerveusement c’est difficile ( En France c’est chez les enseignants qu’il y a le plus de depressions , on a des maisons de repos spéciales…)Il y a la voix qui souffre ( records de nodules par exemple ) , la circulation sanguine souffre du piétinement incessant et les lombalgies sont légions courantes ( toujours penchés sur les tables) Tout ca c’est pas grand chose, on peut faire une liste mais ça serait idiot. Comme tout métier on peut critiquer que si on l’a vécu de l’intérieur.
Je ne prononcerai pas trop, je veux revenir ici, moi!
Je suis une passionnée de l’enseignement. Même en congé, je travaille. Chaque année, je refais tout mon matériel parce que je ne supporte pas de refaire les mêmes trucs (même en sachant que les élèves, eux, ne sont pas les mêmes et ne trouveront pas ça redondant, hihihi!). L’enseignement, j’en mange. Je lis, je cherche, je découvre. J’aime apprendre aux enfants, apprendre d’eux, apprendre avec eux. J’aime les aider, je jubile quand je les vois comprendre, je m’évanouis presque quand je vois leurs progrès (ok, je commence à exagérer!!). C’est ma vocation, je le sais. J’aime ce que je fais, ce n’est pas routinier, je ne regarde jamais l’horloge, la cloche de fin des cours me surprend toujours. Je trippe à inventer 1001 projets, je trippe à jaser avec mes grands de 6e, je trippe…
Mais, il y a un mais. Ma passion pour mon travail ne me rend pas aveugle. Les problèmes, ils sont là. C’est un travail difficile. On manque de ressources, notre tâche s’alourdit d’année en année, les directions qui travaillent de l’autre bord, etc. Les conditions sont de plus en plus difficiles et il m’arrive de revenir à la maison découragée, d’avoir des moments de dépit, des moments de gros downs… Ça fait 10 ans que j’enseigne et je vois une énorme différence entre ma première année et la dernière.
Cela dit, je suis au courant des avantages. :-)Voulant ardemment des enfants, l’horaire du prof s’acclimate parfaitement. Nos congés sont en même temps, je peux profiter de ce temps avec ma marmaille. Terminer tôt aussi faisait partie de mes envies de futur maman. Quand on a une famille, c’est un beau métier, aidant. Cela dit, je pense un peu comme Nicolas, chaque emploi a ses avantages et ses inconvénients. Si vous vouliez 2 mois de congé l’été, fallait être prof. Ne venez pas nous le reprocher après!
Si j’avais voulu être riche, je serais devenue avocate ou médecin.
J’ai fait le métier qui me faisait envie. Je ne le regrette pas. En ce moment, je peux envisager le pratiquer pour le reste de mes jours, sans peine. Avoir un travail privilégié sous certains aspects n’empêche pas qu’on a le droit de se plaindre sur les vraies affaires!
Je dirais comme Éric, c’est un choix et il faut l’assumer, les bons et les mauvais côtés. C’est certain qu’il y a des “mauvais” côtés mais il n’y a pas un emploi parfait.
Je n’ai jamais dit que c’était tranquille, 20 et quelques élèves, des cas TED, des probèmes d’apprentissage, ce n’est pas de tout repos, mais il n’y a pas que ça non plus. Je voulais juste faire valoir les bons côtés. C’est comme si on n’avait pas le droit de dire que c’est bien les horaires et les vacances.
Chaque métier a ses côtés sombres et dangeureux… oui même celui de bibliothécaire. Je vous prépare quelque chose là-dessus, les périls d’une tékaire
Je crois aussi que si les profs sont naturellement chiâleux (je confirme), il ne faut pas non plus tout mettre sur le dos de cette fâcheuse tendance. Les burn-outs et épuisements divers sont de plus en plus nombreux et la relève commence à être inexistante. Comme quoi les avantages ne sont plus si fantastiques par rapport aux difficultés vécues dans le quotidien.
Pour beaucoup, la passion ne résiste plus. Les doléances des enseignants sont quand même le signe d’un malaise, d’un mal-être et d’une détresse réelle. Je sais, il y a de pires situations, je suis la première à le dire. N’empêche, la détresse des uns n’annule pas celle des autres.
Cela dit, je préfère être enseignante plutôt qu’infirmière… :-S
Gooba je confirme aussi, je pense qu’infirmière c’est le pire du pire.
Mais heureusement il y a d’excellents profs.