Le gouffre
Le deuil c’est la chose la plus chiante que j’ai vécu, c’est pire que la mort elle-même. La mort t’aspire, elle te prend au trippe, tu la combat, tu luttes avec. Le deuil c’est ce qui reste après la grande chute, c’est le gouffre immense qui ne se remplit jamais. C’est l’après que tu ne peux combattre, contre qui il ne faut pas lutter, mais plutôt vivre avec. Ça demande tellement et le plus dure c’est que ça ne disparaît jamais. Ça s’estompe, ça s’endure, mais parfois le gouffre s’ouvre, soudainement, brusquement, comme ça et tout le chemin fait semble soudain si court comparé à celui qui s’étale devant.
Une belle soirée fraîche, mes pas dans la neige qui craque, de la musique plein mes oreilles, une marche seule, le bonheur. Puis soudain alors que je n’y pensais même pas elle est là. Je penche la tête et je la vois, ma fille, mon Angélique qui me tient la main. Elle a un an et demi, elle marche comme un pingouin, elle rit, elle vit. Et là le gouffre s’ouvre, en pleine rue des sanglots coincent dans ma gorge. Je ne sais pas pourquoi là, pourquoi à ce moment, mais je comprends qu’il faut laisser aller, toucher le fond du gouffre pour mieux remonter. Je laisse les larmes couler, je pense à ma puce, juste à elle, je la revois si petite et fragile. Mon bébé.
Mes pieds m’amènent à la maison, derrière la porte il fait bon et chaud, un bébé tout vivant m’attend dans les bras de mon homme, je regarde ma fille qui m’a suivit et je la prends dans mes bras, pas question de la laisser derrière, le gouffre est bien moins profond avec elle dans mon coeur. Je suis remontée, à nouveau le gouffre est devant, bien près, mais mieux connu. Et tout le monde sait que ce qui est connu fait moins peur.
Et il est difficile voire impossible d’expliquer aux autres le pourquoi de ce moment.
Je connais ça aussi.
Très belle description.
Bisous
Ouffff ! Ca fais vivre tout plein d’émotions même si je n’ai jamais rien vécue de tel. Je ne peux qu’imaginer … et ca me donne le goût de pleurer ( ah l’émotive que je suis ! ).
Je te fais un gros câlin virtuel xxx
Et moi, comme une conne parfois, je me plains …
Je te souhaite du bonheur, ça ne remplace pas, mais ça met du baume…
bisous
Je connais ça aussi. L’impression qu’on va oublié, un soir. Ne rien avoir oublié, au petit matin. Mais on sourit, parce que c’est ce que cette personne aurait voulu… et on rit… et on pleure… Bref! Ton message m’a beaucoup touché, il a surtout décrit ce que je pouvais ressentir sans mettre le doigt dessus
Pareil.
J’espère que ce rouleau ne t’a pas emportée trop loin de la plage.
Reviens nous vite.
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