Archives de December 2006

Faut que ça sorte

Bon j’avais dit pause, mais là il faut que ça sorte. Il y a des journées comme ça où les choses ne vont pas mal, mais elles ne vont pas bien non plus. Hier, était une journée comme ça.

Je me retrouve avec les trois enfants, le Geek ayant décidé d’aller faire le brave et le cave (ça rime) en allant travailler entre Noël et le jour de l’an (je prends des vacances après qu’il me dit, quelqu’un peut m’expliquer le lien?). M’enfin… Bref, je suis seule avec les petits et c’est une journée de c… Les enfants sont fatigués de Noël, les deux grands se chicanent sur tout et pour tout, et Lou boit aux deux heures des 8 onces, il chiale sans arrêt et ne veut que se faire bercer en position face vers l’avant incliné à 38 degré sud (pas 39 là et plein sud).

Je me décide donc à amener la marmaille dehors, ça va faire du bien et il n’y a rien comme la neige pour faire régner l’harmonie… Oh boy que j’y ai eu droit.

J’habille donc tout le monde entre deux “j’ai pas mes mitaines”, “mon frère me regarde”, “elle dit des menteries”, et gnan gnan gnan. Je garde Lou pour la fin, après avoir mis moi-même mon manteau. Une fois bébé habillé, monsieur décide de remplir sa couche. Maudite marde (c’est le cas de le dire). Déshabille bébé après avoir mis les deux grands dehors pour les empêcher de cuire en espérant qu’il ne s’entre-tue pas et là évidemment mon petit monsieur m’a fait le paquet de l’année, ça déborde (heureusement pas dans l’habit de neige, il y a toujours bien ça de pris). Change donc complètement tit-homme, toujours avec mon manteau sur le dos puis rhabille et sors enfin.

Là bien je constate que le traîneau est dans le cabanon et qu’il y a trop de neige pour la poussette. Traverse donc la cour et les escaliers glacés avec bébé dans les bras et les deux grands à un pouce et quart chacun de mes jambes, arrive au cabanon, ciboire c’est barré. Il y a juste notre tondeuse, des pelles, le traineau pis la balayeuse de piscine dans le cabanon. J’ai beau expliquer au Geek que ça sert à rien de le barrer, monsieur insiste pour mettre un cadenas master. Ça sert à rien de dire qu’en tirant un grand coup le voleur de tondeuse en décembre arriverait à arracher toute la serrure au complet, il y tient. Je refais donc le chemin à l’envers pour aller chercher la clé dans l’armoire de la cuisine, du coup je mets de la neige à la grandeur de mon plancher frais lavé (non mais réalisez-vous la valeur d’un plancher frais lavé pour une mère de trois enfants?). Refais le même trajet, sors le traîneau et hop on est parti. Heille j’y pense j’aurais dû le donner le grand coup sur le cadenas moi… Next time.

Une maison plus loin (pas un coin de rue, une maison) Coco a envie de pipi (évidemment). Là j’ai sérieusement pensé revirer de bord, rentrer tout le monde, les plugger devant la télé et me faire un café rehaussé, mais bon j’ai gardé mon calme et j’ai ramené monsieur à la maison. Un pipi plus tard et on repart. Sur le chemin et durant notre escapade on se sera battu avec un tracteur à trottoir (des malades ceux là), Lou aura failli être écrasé dans son traîneau par un chauffeur de taxi (il n’a même pas vu ce qui lui tombait dessus celui-là tellement je lui ai pété une coche de compétition), Coco se sera pété la gueule sur la glissade glacé du parc, Cocotte aura marché dans de la crotte (comment elle arrive à marcher dans de la crotte sur un trottoir enneigé (c’est blanc la neige, brun la crotte, me semble c’est visible) ça me dépasse) et j’aurai croisé une des voisines (c’est tu pas beau).

Je suis rentrée à la maison crevée comme si j’avais passé trois semaines à courir sans m’arrêter. Pas besoin de dire que j’attendais le Geek… de pied ferme :)

Ah!!!! Ça fait du bien d’en parler!

Joyeux Noël et Bonne année!

Une petite pause pour la période des fêtes. Un très joyeux Noël et une magnifique année 2007.

Souvenir

Une de mes bloggeuses favorites a écrit un magnifique billet sur le souvenir. Je n’ai nullement l’intention de comparer mon malheur au sien, car bien que mon histoire soit triste il ne fait aucun doute dans mon esprit que sa douleur n’a pas d’égal dans mon vécu. Loin de moi encore l’idée de faire un concours de “celui qui souffre le plus”, mais je sais pour avoir effleuré la chose que perdre un enfant vivant est assurément plus douloureux. Mais là où j’ai senti une parenté c’est lorsqu’elle parle de la peur d’oublier, pas le passage de la personne, non plutôt son essence via les petits détails de ce qu’elle était.

J’ai si peu de souvenir de ma mini fille vivante. Je ne sais pas à qui elle aurait ressemblée, je ne connais pas le son de sa voix, je ne connais pas son odeur, je ne connais pas la douceur de peau. J’essaie de revivre sa naissance souvent pour ne pas oublier, parce que je veux me rappeler chaque seconde, parce que c’est tout ce que j’ai d’elle. Je n’ai pas de photos d’elle, c’est mon choix, je ne le regrette pas, je ne veux pas me rappeler d’elle morte, je veux le souvenir de sa vie. Mes souvenirs les plus intenses de sa courte présence, de sa vie sont ses mouvements. Longtemps après son départ je la sentais encore qui bougeait en moi et ces mouvements étaient pour moi d’une douceur sans nom. Puis le souvenir s’est estompé, j’avais beau fermer les yeux, espérer, je ne le sentais plus, et Lou a fait sa place dans mon bedon. Bien que j’aie travaillé fort sur mon deuil, sur le fait de bien dissocier Angélique de cette nouvelle grossesse, je dois avouer que j’attendais les premiers mouvements de mon nouveau poussin comme un espoir de caresser un peu ma puce.

La première fois que Lou a bougé ce n’était pas pareil, pas du tout. Et bien que j’ai été transportée de joie par mon mini qui gigotait, une partie de mon coeur pleurait. J’ai compris complètement à cet instant là que c’était vraiment fini, qu’Angélique était partie, pour toujours. Je me suis mise à apprécier les mouvements de mini pour leur propre particularité, j’ai appris à connaître mon Lou pour lui-même et j’ai laissé Angélique partir.

Puis un matin alors que je n’attendais plus, je l’ai senti. À l’état de mi-éveil j’ai senti ma puce qui bougeait, pas Lou, elle. En fait, Lou ne bougeait même pas, c’était ce souvenir d’elle que je ressentais. C’est de loin un des moments les plus intenses de ma vie. J’ai du la laisser partir pour mieux la sentir revenir. Ça n’est plus arrivé, mais je garde de ce moment un merveilleux souvenir.

Plus je vieillis plus je m’aime

Avec la nouvelle année qui s’annonce on voit pointer le bout du nez des résolutions. Je perdrai du poids, je ferai de l’exercice, je jouerai plus avec mes enfants, je mangerai moins de chocolat et bla bla bla. De mon côté, je ne prends aucune résolution. Pas que je n’ai rien à changer to the contrary my friend, mais la meilleure façon de tenir une résolution bien c’est de ne pas en prendre. Je préfère continuer à rester saine et à “grandir” si je peux dire.

Tout ça pour dire que même si je ne prends pas de résolution, je fais toujours mon petit bilan perso de fin d’année et que cette année et bien c’est un bon cru. Je suis contente de moi, et venant de moi vous pouvez être certain que ce n’est pas peu dire, je ne suis pas trop du genre à me pitcher des fleurs. Je trouve que je m’améliore en vieillisant. J’ai eu une bonne et belle année. L’an dernier à pareil date ça allait moyen, mon Angélique me manquait énormément, je sentais un trou que je ne savais pas encore comment combler. Le temps a fait son oeuvre et je suis là, sans exagérer je dirais même que je suis là où j’ai toujours espérer être.

Dans la dernière année mon plus grand accomplissement personnel a été d’apprendre qu’on ne peut pas attendre des autres quelque chose qu’ils ne peuvent pas donner. J’étais souvent déçue et amer par rapport à mes attentes envers certains proches puis j’ai réalisé qu’au fond je n’ai pas le droit de m’attendre à des choses qu’on ne peut me donner. Que je dois me contenter de ce qu’on m’offre et que souvent pour ces personnes c’est déjà beaucoup, presque trop. Il m’arrive encore de rechuter, de m’attendre à quelque chose de précis et de pogner une débarque comme qui dirait, mais c’est moins souvent. Je vous le dis plus je vieillis plus je m’aime ;)

Mon autre grande réalisation, prendre compte, vraiment compte de l’ampleur de ma chance et de mon bonheur et de le savourer, lentement, la tête un peu en arrière comme lorsque le bon vin caresse le fond de la gorge. J’ai des enfants merveilleux, qui m’aprennent sur moi et sur la vie, j’ai un amoureux pas piqué des vers que j’aime, beaucoup, j’ai un toît, de la bouffe, du confort, j’ai des amis, une famille. Criss que je suis chanceuse. Non seulement plus je vieillis plus je m’aime, mais plus je vieillis plus la vie est bonne pour moi. J’attends donc la nouvelle année avec anticipation et je m’en souhaite une aussi bonne que 2006.

Noël

Ok je me confesse, je suis une quétaine finie de Noël. J’adore les décorations, la musique de Noël, les films de Noël, les cadeaux, toute la patente quoi. Depuis que j’ai mes enfants j’ai instauré des traditions, j’ai un petit côté traditionnel, c’est mon côté “à droite mon Bob” comme l’appelle mon chum, heureusement ça s’arrête là.

Première tradition: On ne fait rien avant le 1er décembre, avant ça ce n’est pas Noël, c’est l’halloween.

Deuxième tradition: Quand j’étais jeune ma mère avait des modes de sapin, une année il n’y avait que des guirlandes dedans, l’année d’après que des boules. Le sapin était une affaire de design et excusez là, mais il était laid (presque tout le temps). Alors maintenant mon sapin c’est une collection hétéroclite de plein de bébelles, de cossins gossés mains par les enfants, de cannes de Noël, de boules, de guirlandes. Mon sapin n’est pas bien plus beau que ceux de mon enfance, mais c’est une affaire de famille, chacun contribue de son mieux à sa laideur (au fond moi je le trouve beau mon sapin).

Troisième tradition: À chaque année les enfants se choisissent une nouvelle décoration de Noël pour l’arbre. Elle est censée représentée leur année. Invariablement Cocotte choisit un ange ou une princesse et Coco un animal, vive les stéréotypes.

Quatrième tradition: Je dois, j’insiste sur le doit, voir au moins une fois (mais de préférence plusieurs), le film Le sapin a des boules durant la période des fêtes. C’est un film poche, niaiseux au possible, mais qui me rappelle mon vieux Papi et qui me fait rire complètement. Au diable les intellos, le cinéma de répertoire, je m’éclate. J’ai même fini par gagner le Geek, qui adore me regarder rire comme une défoncée d’une blague prévisible au possible pour la vingtième fois. Ah et la version anglo est correct (National Lampoon’s christmas vacation), mais le voir en français mal doublé c’est encore mieux.

Cinquième tradition: On ouvre les cadeaux le 25 décembre au matin. J’aime voir mes petits mousses se lever à l’aube et anticiper tout le long du déjeuner.

Sixième tradition: Chaque année on ajoute une maison au village sous l’arbre. La première maison fut la bibliothèque (évidemment!) et à tous les ans on ajoute un édifice et des personnages. Les enfants jouent sous l’arbre pendant des heures.

Bref, j’aime Noël, le côté un peu kitsch, un peu quétaine, l’amour, l’esprit familial, tout. J’anticipe déjà, plus que 5 dodos. Yeah!

Petit bonheur

Hier souper de Noël du travail. Faut croire qu’il s’ennuie un tit peu, ils m’ont inviter et faut croire qu’ils me manquent j’avais le coeur tout serré de les voir. Juste de penser retourner au boulot j’angoisse, mais en même temps mes collègues me manquent, ils sont bien mes collègues. Ils sont même très bien.

On a donc fait le plein de potins, de nouvelles et d’histoires loufoques. J’étais bien contente de les voir, de parler avec des adultes, de pouvoir porter un chandail sans régurgit pendant une soirée, mais je suis rentrée avec bonheur. J’ai retrouvé mon petit mini qui attendait sa maman pour faire son dodo. Je l’ai pris, je l’ai collé sur mon coeur et j’ai fondu. Regard entre le Geek et moi, voix dans la brume : “Je suis tellement chanceuse” que je dis. “Et je suis tellement chanceuse de me trouver chanceuse”. Le Geek qui comprend tout sourit puis me dit: “Elle nous en a fait du bien notre mini fille hein.”. Lou s’est endormi sur mon sein, la main du Geek dans la mienne et mon coeur plein de bonheur et de ma petite puce. Dans ces moments là, je me sens presque coupable dêtre aussi heureuse… j’ai dit presque ;)

Macho man

Mon grand gars fait encore des siennes, un vrai tombeur. Il me raconte sa journée hier et me précise.

Fiston blasé -Ouais j’étais avec Zoé parce que Valentina c’est plus mon amoureuse.

Moi un brin crispée chaque fois qu’on parle d’amoureuse -Ah non c’est dommage. Je me demande pourquoi je sonnais toute heureuse si c’est dommage? 

Fiston très sûr de lui -Bien non c’est pas grave, moi je peux avoir toutes les filles que je veux.

Moi pas trop certaine de la réaction appropriée -Eh bien eh… ah bon.

Fiston -Oui là c’est Zoé mon amoureuse, c’est super.

Moi tout à coup songeuse -Ah bien Zoé c’est pas l’amoureuse de Benjamin?

Fiston -Bien on a échangé, maintenant son amoureuse c’est Valentina et moi Zoé, on partage.

J’ai préféré garder le silence. 5 ans et déjà échangiste…

Juste pour votre information, par chez nous il n’y a que Coco qui fait des siennes côté coeur, Cocotte n’est pas du tout intéressé par les garçons… Pas de mots doux dans son sac, de tag bisou ou autres. Dieu merci parce que comme dirait le Geek (je vais enrobé sa pensée un peu, question que ça sonne un peu plus classe) avec un garçon on a seulement un membre viril à surveiller alors qu’avec une fille il faut surveiller tous les membres virils qui tournent autour.  Sur cette belle pensée super philosophique je vous laisse.

Je ne comprends pas

Il faut que vous m’aidiez à comprendre quelque chose. Il m’arrive souvent de me sentir off par rapport aux autres, mais là je ne comprends tout simplement pas. Ma belle-soeur a su lundi que le petit bébé de son bedon serait un garçon (oui, il y a du bébé dans l’air), son deuxième. Depuis ce temps tout le monde n’arrête pas de dire qu’il y aura donc un troisième puisqu’elle n’a pas sa fille. J’ai beau raisonner de toutes les façons je ne comprends pas.

Je ne dis pas que je ne comprends pas qu’elle aurait aimé une fille, l’autre sexe. Je ne dis pas que même à la rigueur elle ne peut pas être un peu déçu (là faut que je me force, mais je sais que ce que j’ai vécu colore un peu trop ma vision). Mais faire un autre enfant pour avoir une fille? Comprends pas. Ok, j’ai les deux sexes, je suis gâtée, mais c’est quoi la garantie d’avoir une fille au troisième? Puis si c’est un garçon, oups désolé petit mec on voulait une vulve, mais on va se contenter d’un pénis? Je ne sais pas peut-être que je suis de mauvaise foi, mais ça ne rentre pas. Et sincèrement fille ou garçon je m’en foutais royalement, et maintenant après toute ma saga je ne vous dit même pas à quel point.
Ma belle-soeur de son côté dit cela aussi, même si elle mesure sa chance d’avoir un enfant en santé. D’ailleurs, à son retour d’écho elle m’a serré et elle m’a dit qu’elle avait pensé tellement à moi. Ça m’a touché et je sais que ça relativise sa “déception”. Sauf que j’ai de la misère à rester neutre. Avec elle ça va bien, je vous dis elle est plutôt zen, mais les autres… Bordel quelqu’un a dit: On aurait aimé mieux une fille, mais c’est correct quand même…”. Yurk!

Alors expliquez moi que je comprenne.

Ps. Mon futur neveu est magnifique et en parfaite santé. Il est tout vivant. Je serai à nouveau Tatie et j’adore ça.

Vieille

Se sentir vieille: Quand tu dois te lever avec les enfants un lendemain de party. Tout à coup tu réalises que tu n’as plus 18 ans et que le matin vient trop vite. Et que les nuits courtes, l’abondance de vin ne sont définitivement plus en accord avec ta vie.

Se voir vieille: Quand tu vois dans le détour du miroir ta première ride, là juste au coin de la bouche. Mais au fond elle te fait plaisir cette petite ridule parce que c’est une ride de sourire. Tant qu’à vieillir aussi bien vieillir dans le bonheur.

Savoir que tu es vieilles: Quand ton bébé soeur, la petite choupette que tu as bercé, celle là qui t’appelait nana, porte la vie en elle.

Ma petite soeur est enceinte, mon bébé soeur attend un enfant. C’est merveilleux, je suis vieille et je suis heureuse. Amenez les rides de sourire.

Des cocos

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Les deux passions de mon Charlo, les trains et les bagnoles.

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Le beau sourire de mon bébé de 3 mois

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