Mon drame en 3 actes

Ça fait longtemps que je jongle avec l’idée, que je la brasse et rebrasse et là je me suis décidée, je dois l’écrire. J’ai besoin de le faire, de raconter l’histoire d’Angélique, au complet, de clore le chapître si on veut. Pas pour oublier, même si je voulais je ne pourrais pas, parce que c’est le temps, là, maintenant. Ça doit être une étape nécessaire de mon deuil, je ne sais pas, je sais juste que depuis quelques temps j’ai ce billet en arrière pensée chaque fois que j’écris. Alors je le fais. Il y a plusieurs étapes dans l’acceptation et la réalisation de la mort, jusqu’à récemment je ne voulais pas trop dévoiler, je ne voulais pas donner ma fille à tous, j’avais besoin de la garder juste pour moi, comme si de ne rien dire allait me la faire mienne un peu plus. Là je veux raconter. Pour plusieurs ce sera de l’histoire ancienne, vous connaissez l’histoire, pour d’autres ce sera nouveau. Vous pouvez ne pas lire, je ne le fais pas pour ça, je le fais pas pure égoïsme pour moi et peut-être aussi dans l’espoir que de la raconter contribuera à l’exorciser. Alors voilà donc toute l’histoire de ma petite troisième, morte dans le bedon de sa maman quelque part en juin 2005. Je ne sais pas si j’écrirai tout d’un seul coup, on verra. Vous pouvez commenter si vous le voulez, si vous le sentez, j’ai beau l’écrire pour moi, je ne mentirai pas en disant que de savoir que d’autres savent me fait du bien. J’ai maintenant besoin qu’elle existe au delà de moi faut croire.

Premier acte (où la vie triomphe sur la mort)
J’ai appris que j’étais enceinte au premier jour de mars 2005, un troisième bébé pour la fin octobre. Pour la première fois j’ai fait l’annonce au Geek de façon surprenante et bien organisée. On a pris les premières semaines avec précaution, j’ai fais une fausse-couche entre Cocotte et Coco à 7 semaines de grossesse donc on restait prudent au début. Puis on s’est laissé emporter par la joie et on a commencé les plans. La logistique des chambres prenaient forme, les deux plus vieux commençaient à parler bébé. Bref, tout allait pour le mieux.

Puis à 12 semaines et quelques jours, saignements. Bien que ça m’inquiète sérieusement, je reste calme quand même. J’ai eu ce genre de choses à chaque grossesse donc je respire et on part pour l’hôpital le Geek et moi. C’est là que ça se gâte. Après de longues heures d’attente à l’urgence, on voit un urgentologue qui m’explique la procédure. On va me faire un examen gynéco, une échographie et une prise de sang et on verra. Même procédure que les autres fois, sauf que cette fois l’écho se fait à l’urgence.

L’examen gynéco est beau, mon col est fermé, ça regarde bien. Puis vient l’écho, le doc me prévient qu’il n’est pas un pro, qu’il n’est pas certain de voir un coeur, mais bon on essaie. Et là drame, le doc ne voit rien, pas juste pas de coeur, rien, pas de bébé. Pourtant je suis enceinte, on a vu mon doc la semaine d’avant. Il ne sait pas, ne peut pas expliquer, mais il ne voit rien. Ça regarde mal, je pleure, il me frotte le dos, me parle doucement. Dans toute cette folie, le plus ironique est que ce doc était d’une gentillesse incroyable, incompétent certes, mais gentil et beau comme un Dieu… C’est l’histoire de ma vie, tomber sur des docs sortis de magazines.
Avant de parler du reste le doc m’envoit passer une prise de sang qui va confirmer son diagnostique. Les résultats arrivent après deux heures à pleurer sur une petite chaise droite et froide. Mon taux d’hormones de grossesse est celui d’une femme enceinte de 4 semaines, le bébé n’est plus. Il me donne un rendez-vous en radiologie pour une écho détaillée le lendemain afin de voir si j’aurai besoin d’un curetage et me réfère ensuite en gynécologie. Il me remet le papier, c’est écrit avortement…
Je passe une nuit horrible à pleurer mon bébé. Les enfants sont tristes, mon Geek pleure aussi. Je préviens le travail, ma famille, mes amis, notre bébé n’est plus. Le lendemain j’ai les yeux enflés, la gorge nouée et la peur au ventre.

La technicienne en radiologie est douce et rassurante. Elle commence l’écho sans bruit puis me demande qui m’a affirmé que j’avais fait une fausse-couche. Je lui réponds le doc de l’urgence et là l’impossible se produit, elle nous montre un petit bébé tout vivant. Il est là qui gigote, innocent de tout le tourment, bien câlé dans mon bedon. Je ne comprends pas, mais je suis heureuse au delà des mots. Le radiologue s’amène confirme non seulement que bébé est vivant, mais qu’échographiquement il est parfait et qu’il n’y a pas de site de saignement important. On pleure encore et on cherche à comprendre. Le radiologue affirme que le problème se situe dans la compétence, que les machines à écho sont complexes et qu’ils ne savent pas les utiliser à l’urgence. Je viens ajouter de l’eau à son moulin parce que les radiologues s’opposaient à des échos à l’urgence, ils avaient visiblement raison. Mais pour l’instant c’est oublié, je ne pense qu’à mon bébé vivant. On voit le gynéco qui ne comprend pas non plus, ma prise de sang est normal selon lui puisqu’à partir de 12 semaines l’hormone de grossesse diminue dans le sang. On repart donc avec des photos de bébé, le coeur allégé et une histoire incroyable à raconter. Je passe la journée au téléphone à expliquer à des gens incrédules mon incroyable épopée. Mon bébé est vivant…

Fin du premier acte
Deuxième acte (La mort reprend ses droits)
Dans toute cette histoire, je pense que le pire c’est d’avoir cru perdre le bébé puis de le voir revivre pour le reperdre à nouveau. Quelle ironie, quelle malchance aussi, perdre deux fois le même bébé.

Les semaines qui suivent cette aventure sont pleine de fébrilité et de joie. On a l’impression d’avoir défier la mort et d’avoir triompher. Mon bedon pousse, j’ai maintenant l’air enceinte et de temps à autres je sens bébé qui bouge lentement dans sa maison. Je raconte l’histoire à mon doc qui n’en revient pas, on écoute le coeur de bébé et on rit. Il me dit combien ça fera une belle histoire à lui raconter plus tard. Les semaines passent et je me sens bien. Je ne me doute pas du drame qui se joue. D’ailleurs il me faudra accepter plus tard que je n’ai rien vu venir, que je n’ai rien senti, que je n’ai pas su. Les deux dernières semaines je ne sentais pas vraiment bébé bouger, mais le doc m’avait dit de ne pas m’en faire pour le mouvement. Après tout j’avais senti Cocotte seulement à 21 semaines et Coco à 20.

On se prépare donc pour l’écho de mi-parcours, l’écho de routine. On va demander le sexe, on passe le week-end à faires des pronostics avec notre famille, on me flatte la bedaine en affirmant qu’elle est ronde se sera une fille, non qu’elle est pointue se sera un garçon.

Le grand jour arrive et pour la deuxième fois on perd notre bébé sauf que cette fois c’est vrai. Ce sera moi qui rendrai le verdict, je vois bien qu’il se passe quelque chose, je vois que mon bébé ne bouge pas. Je serai celle qui dira le mot en premier “mort” et à mon grand désespoir j’avais raison.

Le reste je le garde pour moi, l’hôpital, sa naissance, le vide, le manque et la douleur. Dans tout ça le Geek avec moi, qui ne m’a pas laissé une seule seconde, qui a tenu ma main sans arrêt, qui a pleuré, crié et repleuré avec moi. Elle est née le soir. Nous sommes partis le lendemain en la laissant derrière avec comme unique paquet une petite boîte. Après sa naissance j’ai demandé le sexe, le docteur a dit après une brève hésitation garçon, notre bébé était décédé depuis deux semaines, il devenait plus difficile de déterminer certaines choses, mais c’était plutôt certain. Nous sommes donc parti de l’hôpital en laissant Grégoire derrière, ça et une partie, une grosse partie de nos coeurs.

Fin du deuxième acte

Troisième acte (La vie triomphe et changement de sexe)
La minute où notre bébé est né je savais que je voulais retenter ma chance et le Geek aussi. On a donc attendu que mon corps soit prêt et on s’est remis aux essais bébé. Le 11 janvier 2006, la nouvelle année nous amenait des promesses d’espoir, mais aussi une grande peur, j’étais à nouveau enceinte. On a gardé la nouvelle pour nous quelques temps et malgré toute la prudence que je m’imposais j’avais le sourire facile.

Le lendemain du 11 janvier la grande saga de notre troisième enfant allait connaître son dernier drame. Dans tout l’énervement de la nouvelle j’avais oublié le courrier de la veille, c’est donc aux aurores que j’ai ouvert une lettre de l’hôpital pour découvrir avec stupéfaction et horreur le rapport d’autopsie de notre bébé.

Ce genre de rapport n’est pas supposé être envoyé aux parents comme ça, le médecin en principe contacte les parents et en fait la lecture avec eux. Cela apporte un peu d’humanité à quelque chose de froid, de totalement glacial. L’hôpital, ou le bureau du médecin, ou on ne sait trop qui, s’est trompé et c’est pour ça que j’ai reçu le rapport. Au delà du fait que cela ravivait de gros feux, lire la description clinique du charcutage de son enfant n’est pas une sinécure. On a appris que notre bébé n’avait rien, du moins rien d’identifiable (la cause de sa mort restera donc un mystère) et que celui qu’on appelait Grégoire depuis plus de 6 mois était en fait une fille. Et oui notre bébé garçon n’en était pas un, elle avait plutôt un utérus minuscule.

Le Geek et moi on a cuvé la nouvelle puis on a choisi de rebaptiser bébé, impossible de continuer à l’appeler Grégoire en sachant qu’il était une elle. On a choisi Angélique. C’est le dernier acte du drame. Le Geek dit que la boucle a été bouclé à ce moment puisque le rapport d’autopsie est arrivé le jour où j’ai appris que j’avais à nouveau la vie en moi. Comme si Angélique nous donnait son accord si on veut. Et c’est ça l’histoire, incroyable par moment mais 100% véridique. Comment notre troisième enfant est mort deux fois et est passé de garçon à fille. Les semaines qui ont suivi ont été intenses, mais finalement la vie a su trouver son chemin et elle est là maintenant à côté de moi la vie, toute concentrée dans un petit bout d’homme de deux pieds.
Fin du troisième acte

Comments

  1. novembre 29th, 2006 | 1:26 pm

    C’est délicat de laisser un commentaire sur un billet aussi émouvant et délicat que celui-ci. Mais merci d’avoir “partagé” avec nous cette terrible et tout à fait incroyable histoire.

    C’est très bouleversant, c’est pas super d’avoir les yeux rouges et le gros motton au travail. Ça m’apprendra à lire les blogues sur les heures de bureau aussi! ;)

  2. fabienne
    novembre 29th, 2006 | 1:46 pm

    Difficile en effet de laisser un commentaire… que vos coeurs ont été malmenés ! Et quelle difficulté de faire son deuil, dans de telles circonstances ! (et d’ailleurs le fait-on vraiment un jour…)
    Amitiés de France.
    Je prends beaucoup de plaisir à vous lire, j’apprécie autant votre humour que pour votre sincérité.

  3. novembre 29th, 2006 | 5:05 pm

    La douleur de parents avives par l’incompétence médicale, une catastrophe. Merci de partager cette intimité, ça nous amène à mieux vous cerner. Angélique veille sur vous et les trois petits.

    Amitiés xxx

  4. La diététiste
    novembre 29th, 2006 | 6:48 pm

    Ce que je retiens de l’histoire (qui a sa beauté bien que triste), c’est que le papa était là et que l’épreuve a vraiment été vécue à deux, ce qui est bien plus rare qu’on ne le pense. Et c’est très certainement une chance et un bonheur de rester unis et solidaires dans le malheur comme dans les jours meilleurs. D’avoir assez de foi pour retenter sa chance et recréer la vie rapidement, comme vous l’avez fait, est un signe de santé mentale aussi. Tout comme de reparler encore et encore de cet enfant morte, qui restera toujours votre enfant. Je vous souhaite le meilleur!

  5. novembre 30th, 2006 | 8:41 am

    Wow. Quel texte intense! C’est incroyable. Les mots me manquent. Vous avez eu beaucoup de courage de passer à travers tout ça. Je suis content de savoir que finalement votre dernière grossesse s’est bien terminée avec un beau petit garçon!

    Mon épouse et moi avons vécus des moments similaires lors de notre première grossesse en 2004. Elle était enceinte de 7 ou 9 semaines je crois, et elle a eu un saignement. A l’hopital, le médecin d’urgence nous rencontre (après 11 heures d’attente) pour nous aviser qu’il va procéder à un échographie intra-vaginal et qu’il n’en a pas trop fait avant. L’écho ne démontrait pas grand chose et il nous a donc fait prendre des prises de sang, etc.

    Mon épouse a subie une grossesse ectopique (dans les trompes) et a eu une chirurgie d’urgence. Résultat: Seulement une trompe est maintenant fonctionnelle. Pas évident à vivre comme première grossesse. Les paroles de sa gynécologue nous ont rassurés: “Les 3 premiers mois ne vous appartiennent pas. C’est la nature qui décide, et elle a décidée que ce n’était pas pour arriver. Tout arrive pour une raison. Vos chances de conçevoir un enfant avec seulement une trompe ne sont pas nécessairement réduites de moitié.”

    En effet, un an plus tard, mon épouse a donné naissance à notre fils, notre petit Guidou d’amour.

    J’admire la force et l’amour de votre couple!

    Merci pour ton texte.

  6. Rox@nne
    novembre 30th, 2006 | 10:54 am

    Je ne te connais pas mais si tu étais a mes côtés, j’aurais envie de te prendre dans mes bras et dire “malheureusement, je comprends, je comprends un peu…”

    Rox@nne

  7. novembre 30th, 2006 | 3:40 pm

    Quelle histoire ! Triste et belle à la fois.

    Triste d’avoir perdu un bébé…
    Belle, car elle vous rend encore plus forts pour affronter la vie…

    Merci de l’avoir partagée avec nous.

  8. novembre 30th, 2006 | 6:28 pm

    Perdre un enfant durant la grossesse a quelque chose de très ironique: alors qu’il est au sein de sa maman, à l’endroit le plus douillet au monde, à l’endroit où il devrait être immunisé contre toute agression, le “destin” frappe et affiche son veto sur la volonté, sur l’amour humain.

    C’est l’impuissance la plus totale lorsqu’une mère, en dépit du fait qu’elle représente en elle-même la chaleur, l’amour et la sécurité ne peut avoir le contrôle sur certains impondérables, inconnus de surcroît.

    Je ne peux qu’être touchée devant la bouleversante histoire de cette Angélique, devant l’histoire de ses parents qui semblent munis d’une force amoureuse et familiale hors de l’ordinaire.

    Merci d’avoir exorcisé cette tranche de drame avec nous.

  9. novembre 30th, 2006 | 11:40 pm

    Ouin…

    Tu sais que je savais déjà “en gros” ton histoire si on veut…

    Ce que j’en dis c’est AILLE…MÉCHANT HÔPITAL…WOW!!

    Y’en a eu des erreurs médicales dans votre histoire…

    C’est décourageant…

    Moi à part l’épaisse à la clinique G.A.R.E. de l’hôpital Ste-Justine qui m’a offert un suivi serré du restant de ma grossesse (lis ton dossier ma fille, yé non-viable à naissance notre bébé, on va interrompre comme genre, tsé!… allo…) et la carte d’assurance maladie de Mini que j’ai reçu ici quelques semaines après avoir accouché, m’en suis tiré pas si pire de ce côté-là. Disons que la carte d’assurance maladie, tant qu’à moi, elle est de trop et prouve à quel point “ça fait dur” mais j’dois pas être la seule à l’avoir vécu ça j’suis ben convaincue…

    J’aurais aimé tout de même savoir pour “l’hôpital, sa naissance, le vide, le manque et la douleur.” parce que veut veut pas quand tu l’as vécu tu cherches un peu à connaître les expériences des autres (ben, moi en tout cas), comment tel couple l’a vécu, ce qui a été le plus difficile, comment l’ambiance était, etc.

    Moi ce sont des choses que j’ai toujours été en capacité de parler, de raconter, de partager. Je ne sais pas pourquoi j’ai cette facilité là avec ce qui est arrivé à Mini. Peut-être parce que l’acceptation a été immédiate, peut-être parce qu’en l’espace de 3 secondes j’ai très très bien compris ce dans quoi je venais de tomber et tout ce qui venait avec je le voyais et je savais que j’aurais à vivre avec. Mais chose sûre si je peux aider d’autres personnes, avec cette facilité là que j’ai d’en parler et de raconter, tant mieux. Je sais que ce n’est pas parce que je suis “sans coeur” ni parce que je n’ai pas eu mal ou quelque chose du genre. Je n’ai juste jamais eu vraiment de réaction “explosive”. J’ai pas éclaté quand on a su, j’ai pas éclaté quand on nous a confirmé, ni éclaté quand j’ai tenu mon petit, ni quand il est parti. Le 15 octobre 2004 moi j’ai vraiment saisi le sens du mot sérénité. Après, quand le vide s’est fait sentir, quand le manque a paru, quand il me manquait un petit paquet chaud à tenir tout contre moi, LÀ j’ai pleuré et j’ai pleuré le vide, le manque.

    Tu vois, ce sont des lignes un peu comme celle-là que j’aurais peut-être aimé lire ici pour à quelque part me reconnaître et voir si j’ai été la seule à vivre le manque ainsi, à avoir pensé de telle et telle façon, à avoir vu sa naissance d’un tel oeil plutôt que d’un autre, etc. Voir les différentes façons aussi qu’un couple, qu’une femme, peut avoir vécu ça.

    Moi ça parait p’tête pas comme ça mais je repense souvent beaucoup à ce que j’ai pu lire comme témoignage et ça fait partie des choses qui font avancer dans le deuil et tout…

    J’ai justement reçu un appel aujourd’hui de Parents Ressources pour des groupes d’aide sur le deuil périnatal et fort probablement que ça va se transformer en “moi qui va raconter mon vécu devant d’autres parents “fraîchement éprouvés”. C’est là que j’en suis parce que pour l’aide en tant que tel moi c’est plutôt quelque chose qui est passé, si on veut. Mon deuil est fait en majorité et je sais que le boutte qui reste à faire c’est en en parlant et en aidant des gens qu’il va se faire.

    Je trouve personnellement que tout le côté TABOU de cela n’aide en rien, mais vraiment en rien à traverser une épreuve comme celle-là quand ça t’arrive. Moi une saprée chance que j’étais tombée sur le forum des anges au paradis 2-3 mois avant que ça m’arrive et que j’avais “dévoré” témoignage et albums photos pour m’imprégner du vécu de tous ces gens courageux là parce que je me serais sentie tu seule dans ma barque en svp quand le ciel m’est tombé sur la tête, ce 8 octobre 2004. Certains peuvent voir ça comme du “masochisme” mon affaire mais parfois être masochiste ça nous rapporte…

    Merci de ton ouverture. Je m’étais déjà demandée si tu le ferais un moment donné. Moi ça été la première chose que j’ai fait sur mon blog quand je l’ai débuté, “me raconter”. Mais moi j’ai une “grande gueule virtuelle” alors j’ai pas grand “mérite” si on veut…

    J’ai raconté en gros, à mesure que je lisais, votre histoire à mon chum. Il se demande bien quel hôpital pourri vous côtoyez…

    :-S

  10. décembre 1st, 2006 | 9:14 am

    Merci à vous tous pour vos commentaires. vous me touchez et ça m’épate que ça vienne de gens que je connais uniquement virtuellement.

    Je n’ai pas raconté tout dans le détail parce que je suis ainsi, j’ai ma petite pudeur personnelle, mon besoin d’intimité. L’accouchement a été long, douloureux, mais en somme c’est bien passé. Les médecins et les infirmières ont été incroyables, magnifiques. Ils ont tout fait de façon impeccable. D’ailleurs cela me rassure beaucoup sur le système de santé.

    Côté émotif l’accouchement c’était pour moi le vrai début de la fin, j’ai pleuré, mais j’ai survécu aussi.

    Il n’y a rien de tabou dans mon histoire, je ne veux juste pas le raconter. Je ne me sens pas à l’aise avec ça pas parce que ça choque, parce que c’est ce que je suis. On vit tous le deuil différemment. J’avais déjà peur de m’over exposé en racontant ça.

    Si tu veux Y’en a marre je peux te raconter par courriel, mais pas ici. C’est comme ça pour moi, c’est tout.

  11. décembre 1st, 2006 | 9:39 am

    Non tu m’as mal comprise… Je ne disais pas que tu mettais un côté TABOU dans ton histoire. Je voulais dire que les IMG, en général, dans la société, c’est tabou ce sujet-là là… Y’a beaucoup de monde qui ignore carrément que c’est quelque chose qui arrive. La majorité des gens croient cela très rare alors que ça ne l’est aucunement…

    C’est ça que j’veux dire. Faudrait démystifier cela. La mort subite du nourrisson n’est pas “tabou” elle, en ce sens que la grande majorité du monde sait que ça arrive. Et dans mon sens à moi, une IMG n’est pas “pire” ni “moins pire” que bien d’autres épreuves difficiles à traverser alors pourquoi on n’en parle pas??? Ça aiderait aussi à faire voir ça autrement qu’au même niveau qu’une fausse couche. Parce que, ne nous leurrons pas là, bien des gens voient ça ainsi… “affaire classée” comme une fausse couche “on ne peut plus courante”. Mais r’garde, toi comme moi avons vécu les deux là et ça n’a rien à voir ensemble là…

  12. décembre 1st, 2006 | 2:00 pm

    Je ne sais pas quoi dire :( Ca me fait tellement de quoi.

  13. décembre 1st, 2006 | 2:15 pm

    J’ai eu à vivre le deuil 2 fois pour le même bébé moi aussi et c’est vrai que c’est difficile…

    À 8 semaines de grossesse on m’a diagnostiqué une fausse couche alors que je faisais une grossesse ectopique. On l’a su 5 semaines plus tard quand ma trompe a éclaté… Mentalement c’est vraiment pas facile à vivre…

  14. décembre 1st, 2006 | 7:03 pm

    Si tu savais comment, en ce moment, j’ai tellement d’admiration pour toi. Tu es une femme forte ! :)

  15. décembre 2nd, 2006 | 10:10 pm

    Je te lisais pour la première fois et j’ai été très touchée.

    Merci pour ta générosité. Merci pour cette pudeur… y a certains moments qui n’appartiennent qu’à nous parfois et il faut savoir s’écouter.

  16. décembre 4th, 2006 | 9:33 am

    Je reprendrai les mots d’Éric:

    C’est délicat de laisser un commentaire sur un billet aussi émouvant et délicat que celui-ci. Mais merci d’avoir “partagé” avec nous cette terrible et tout à fait incroyable histoire.

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