Échec? Pas pantoute
Bon tout d’abord je commence par m’excuser, je vais encore parler bébé, maternité, mais que voulez-vous ça colore un peu, beaucoup, intensément mon quotidien.
Mon entrée sur l’allaitement a touché et suscité plusieurs commentaires. J’en retiens en gros que la plupart des mères ont ressenti la même chose que moi face à l’allaitement, qu’on se faisait enrober un peu trop la chose. Et ça m’a encore frappé en pleine face combien ces sujets là vont chercher les gens dans leur plus profond. C’est comme pour l’accouchement. J’ai eu une césarienne, ma première en quatre accouchements. Je savais que c’était possible, ça m’a fait un peu chier sur le coup (surtout que je venais de me taper 12 heures de travail), mais après ça je m’en foutais. Je voulais juste que mini Coco sorte et qu’il sorte vivant. Je n’avais aucune attente cette fois-ci, si en fait une seule, qu’il soit vivant. C’est tout. Probable que la perte d’Angélique a changé les choses pour moi, je voulais juste un bébé qui pleure et qui bouge, un être vivant. À mes autres enfants j’avais plein d’attentes, de critères, je me mettais la pression au max. Depuis on me demande souvent si je suis déçue de ma césarienne, si je considère ça comme un échec. Non, pas du tout. Je comprends qu’on peut être déçue, mais ce que je réalise c’est à quel point on peut se faire des attentes incroyables nous les filles. Pourquoi on se fout autant de pression pour un accouchement, pour un allaitement? D’où ça vient ce besoin incroyable de vouloir tout réussir? De vouloir avoir une super carrière, une super famille, une super maison, un accouchement all natural, un allaitement de 14 mois sans aucun biberon? C’est quoi cette pression? Pourquoi on ne peut pas juste laisser aller, laisser la vie suivre son cours, faire son possible, de son mieux, mais pas se mettre autant de pression. La vie m’a rappelé l’an dernier qu’on ne contrôlait rien en fait, cette fois je n’avais donc aucune attente alors je ne suis pas déçue. Et vous savez quoi? C’était la première fois et c’est bon… vraiment bon… ça me donne le goût de recommencer pour autre chose. Je sens déjà les commentaires venir… il faut bien se faire des plans, avoir des buts et des idéaux… certain, mais je vous le répète c’était bon sans pression, c’était même très bon.
Bien d’accord!!
J’imagine qu’il faut savoir doser, tout simplement. Avoir des idéaux, des ambitions, des raisons de se lever le matin (toi, tu en as au moins 3!), mais toujours garder en tête que, comme tu le dis si bien, on ne contrôle rien, au fond.
À un petit niveau, j’ai constaté tout récemment qu’en effet, ne pas avoir d’attentes, ça laisse de la place à des belles surprises. Notre mariage, je l’ai tellement dédramatisé en le préparant que je voulais juste qu’il soit une occasion de passer un bon moment entre amis. Tu es témoin que cela a été bien plus que ça, finalement… Probablement le moment le plus émouvant de ma vie. Ok, je sais, je n’ai pas encore d’enfants!
Je viens de tomber sur votre blogue, me mets à lire et une chose me frappe (outre le minois du joli poupou qui vient de naître et pour lequel je m’apprête à vous offrir mes félicitations):
Vous parlez d’Angélique, mais ne la comptez pas parmi vos enfants, malgré qu’elle soit partie trop tôt. J’aimerais bien avoir votre point de vue à ce sujet, tentant moi-même actuellement d’évaluer la légitimité de compter mon fils décédé parmi la totalité de mes enfants.
Désolée de l’intrusion publique, j’ai cherché une adresse email, mais en vain. Je suis désolée pour la perte de votre petite fille.
Et bienvenue au bébé tout frais!
Sais-tu, je n’aurais jamais pensé à demander à une nouvelle maman, bébé dans les bras à faire des gazouillis, si elle était “déçue” de sa césarienne..!?!
Je me serais peut-être dis à moi même que j’espère passer à coté, faire ça “naturel” (pour ce que ça veut dire, heu…) mais de là trouver ça décevant, et poser la question à la fière maman de surcroît? Non, vraiment pas.
Il me semble que c’est importantes dMavoir des attentes, les buts, les idéaux, appelez ça comme vous voulez, ne serais-ce que pour ne pas niveller par le bas.
Mais c’est encore plus important de reconnaître après coup que c’est pas plus grave d’être passé à côté, et de profiter de l’essentiel: le résultat!
En passant, panne de capacité à commenter, je vous envois un peu en retard toutes mes félicitations pour l’arrivée en grand de Louis-Philippe, et pour l’anniversaire du Geek!
Je n’ai pas encore eu la chance de donner naissance, mais mon chum et moi y travaillons présentement!
Par contre, ce que je peux dire, c’est que dans mon cas, ça me fait ch*** d’entendre parler autant de l’allaitement… Parce que je sais que je ne pourrai jamais allaiter mes enfants…
Comme ma mère, j’ai les mamelons internes. À moins d’une chirurgie (qui n’est pas garantie, ça n’a pas fonctionné pour ma mère) je devrai me contenter des bouteilles et des préparations.
Je ne crois pas que mes enfants en souffriront, ma soeur, mon freèr et moi n’avons eu aucun problèmes étant bébés ; nous étions (et sommes toujours) en très bonne santé, développement normal, etc. Mais comme tu l’as mentionné, on parle de l’allaitement comme étant la SEULE façon normal de nourrir bébé. Et ça fait sentir les femmes comme moi ingrates…
Je dois dire que je suis confortable avec la situation. J’ai eu le temps de m’y faire, et je pourrai compter sur l’appui et l’expérience de ma mère lorsque le moment sera venu. La vie m’a ainsi faite, il doit y avoir une raison!
Mais je mentirais si je disais que ça ne me fait pas un petit pincement au coeur…
Encore une fois tres vrai Nath. J’ai eu une cesarienne et oui, moi j’ai ete decue… apres un long travail, ce n’est pas a ce denouement que je m’attendais. Mais tu as bien raison, l’important, le vrai, c’est le petit etre vivant et plein de sante qui vient ensolleille ta vie.
Au plaisir de lire encore des entrees.
Ben d’accord avec toi
Tu as raison, enrober, vraiment!
Je n’ai pas réagie à ton texte parce que je ne suis pas mère, mais parfois j’ai l’impression que l’éducation prend un tournant marketing! On en vient à quasi-culpabiliser les mères si elles n’allaitent pas…
Je suis née par césarienne et ma mère a été déçue, parce qu’elle avait l’impression que c’était sa faute… J’ai du mal à expliquer, mais elle aurait voulut que la chose se déroule soi-disant normalement, c’était en quelque sorte un échec. Du reste j’ai été aimée je vous assure!!! Elle a eu tant de mal à me mettre à terme!
Alors voilà
J’aime bien ta vision, l’important c’est la vie!
Pour ma part, ma césarienne m,a déçue car j’ai ressentie qu’on m’avait voler quelque chose.. et oui c’était un peu ma faute, après lecture de mon dossier, j’ai vu que si j’avais dit “NON” la la césarienne, mon bébé serait possiblement née 1h plus tard et vaginalement! (J’étais dilater a 8 cm)..
Moi je me met de la pression, mais c’est moi face a moi. C’est personne d’autre qui me met de la pression.
Je veut allaiter longtemps, c’est MOI qui me met moi-même cette pression car je sais que c’est ce que je veutx et si je prend ca “relax” je risque de faire des chose que je vais regretter par la suite, comme à ma première.
j’ai pris ca avec un grain de sel, laissant les chose aller, j’ai allaiter jusqu’a 8 mois, et a 12 mois j’avais pas encore fait mon deuil alors je me suis dit “plus jamais!”…
Je viens de tomber sur ton blog qui me donne des reflexions sur ce que je vivrai un jour…
Je rejoins les propos évoqués plus haut: pourquoi être déçue pour une césarienne !?? Après autant d’heures de travail, si les médecins ont proposés une césarienne, c’est que c’était la meilleure solution pour toi et ton boutchou.
Et pour l’allaitement, idem. Pas de culpabilité à avoir. Beaucoup de mères font ce choix (toi, en plus, c’est une raison médicale qui t’y pousse-tu vas pas te faire charcuter pour repondre à des critères sociaux ridicules quand-même) et ne sont pas pour autant de mauvaises meres…
Du moment que toi, tu le vis bien, pas de raison que bébé aille mal.
Allaiter en se sentant mal à l’aise, parceque ce n’est pas un choix est bien pire…
oups! j’ai telescopé ton message avec l’un de tes commentaires (celui de Caroline) - Désolée - enfin, vous avez compris l’idee quand-meme…
Je n’ai pas lu les commentaires, mais j’aimerais partager un peu mon expérience, si tu permets.
Peut-être est-ce dû au fait que j’ai eu ma fille à 40 ans, mais je n’avais aucune attente face à l’accouchement ou à l’allaitement. Un plan de naissance? Kossé ça? En fait, pour être totalement honnête, j’avais deux attentes: que mon bébé soit en santé, et que je ne souffre pas! C’est pas peu dire: je réclamais l’épidurale dans le stationnement de l’hosto!
J’ai fréquenté des sites de discussions spécialisés “moumans” pendant ma grossesse et aprèes la naissance de ma merveilleuse merveille. Et je n’ai jamais compris - par par méchanceté, mais par réelle incompréhension - pourquoi tant de mères considéraient ne pas être des “vraies” parce qu’elles avaient subi une césarienne, ou alors qu’elles avaient demandé l’épidurale en hurlant! J’admire ces femmes qui ont passé à travers l’accouchement en conservant leur sérénité dans la douleur. C’était juste pas le modèle pour moi.
Même chose pour l’allaitement. Je m’étais dit que j’essayerais, sans me fixer un objectif de temps.J’ai été chanceuse comme un bossu: j’ai eu un allaitement facile, facile, facile. Mais j’ai aussi eu recours à la halte-allaitement de mon CLSC, pour y puiser le ‘réconfort” parfois nécessaire. Ca m”a permis d’allaiter pendant un an, parce que c’était facile. Sinon, je ne me serais pas culpabiliser à donner un biberon.
Je trouve dommage que tant de femmes mesurent leur “performance” maternelle à des modèles qui ne leur conviennent pas. Au lieu de profiter à plein de ce qu’on a, on se torture avec ce qu’on devrait avoir ou être… pas jojo…