Archives de août 2006

Je flatte mon char, je frotte ma femme, j’aime mon pays, mon voisin je l’haïs…

Hier et ce soir c’était corvée voiture chez nous. Je déteste les voitures, pour moi c’est un perte de temps et d’argent incroyable. Un stupide bout de tôle qui nous vide le compte en banque  et qui pollue l’environnement. Vous pourriez me parler de liberté au volant, d’identité et de je ne sais pas quoi, ça ne me touche pas une miette, pour moi un “char” c’est un paquet de trouble et un mal nécessaire. À quelques nuances près le geek est d’accord, on utilise la voiture seulement pour le strict nécessaire, on va au travail en transport en commun et on fait beaucoup à pied. C’est donc dire qu’on n’a pas l’auto la plus nickel de la rue, mais bon une fois de temps en temps il faut bien et c’était particulièrement dû. Alors hier soir le geek accompagné des enfants (qui eux adorent laver la voiture) et surperviser par moi-même, ont lavé l’extérieur. Ce soir c’était le tour de l’intérieur. Comme toute tâche accomplie par le geek, celle-ci le fut avec diligence et application (il est un tantinet perfectionniste). Un de nos voisins retraité supervisait le tout de loin. Ce soir après avoir bien regardé il a décidé de venir fouiner un peu et m’a payé une petite jasette.

-”Ah bien il va être propre ce char là madame. Il le frottait hier pis il le frotte encore aujourd’hui.” Qu’il me dit en se grattant le bide.

-”Oui, bien on le lave pas souvent alors quand on le fait on le fait bien” que je dis en souriant avec mon ton madame capable de parler à un vieux bonhomme.

-”Ouin, bien en tout cas il frotte le jeune. J’espère qu’il va lui rester du temps pour vous.” Dit avec un petit ton lubrique.

-”Bah c’est 2 soirs par année, le reste des soirs c’est moi qu’il frotte alors c’est pas si pire.” Que je lui réponds du tac au tac.

Ça m’a valu un grand sourire, une claque sur l’épaule pis un “Maudit chanceux” pour le geek. Je pense que je me suis fait un ami. J’ai définitivement plus le tour avec les vieux voisins mâles qu’avec les voisines.

La voisine (prise 268)

Et oui aujourd’hui rencontre avec ma voisine préférée… en robe de chambre à part ça. Vous savez les petites robes de chambres en coton mince qui permettent de deviner ce qu’il y en dessous… Non, ne le demander pas, ne le penser même pas, j’ai pas assez regardé pour voir ce qu’il y en avait en dessous, la vision était assez complète comme ça.

Enfin, tout ça pour dire que ça c’est assez bien passé. Pas trop de remarques déplacées, c’est certain que la conversation a commencé par un “Ah bien encore enceinte on dirait bien”. Je me promets un jour de lui dire que j’ai accouché même si c’est pas vrai juste pour voir ce qu’elle va me sortir. Bref, j’ai réglé l’affaire par exemple, je lui ai dit que le bébé n’arriverait probablement pas avant le 20 septembre, ma doc a dit qu’elle ne me laisserait pas dépasser 39 semaines ce qui est bien avant le 20, je devrais donc avoir la paix, je n’aurai qu’à dire qu’il est en avance. Je le sais techniquement c’est un mensonge, mais je suis restée polie… dans la vie il faut faire toute sorte de compromis.

Là où elle m’a bien fait rire (oui cette fois c’était plus drôle que méchant) c’est lorsqu’on a parlé de mon Coco et du geek.

-”Je vois votre mari tous les matins avec votre garçon qui vont prendre l’autobus. Il n’y a pas à dire il est bon votre mari de s’occuper de ses enfants de même” qu’elle dit.

Je me doute au fond qu’elle voulait probablement dire que j’étais une mère horrible, indigne, mais ce n’est pas grave j’ai préféré focuser sur le positif.

-”Ah oui pour ça il est bien bon, mais avec les deux qui travaillent il a pas trop le choix non plus.” Je n’allais quand même pas laisser complètement passer sans rien dire .

-“C’est vrai ça. En tout cas, c’est mignon le père et son enfant de même. Il est pas mal cute de même quand il marche” qu’elle dit des trémolos dans la voix.

-”Oui, c’est un beau petit garçon” que je dis en me sentant un peu mal parce que je trouve toujours prétentieux de dire que mes enfants sont beaux, c’est les miens j’ai zéro objectivité en la matière.

-”Ah oui votre garçon aussi il est cute, moi je parlais de votre mari, un beau petit mari, je lui ferais pas mal.” Qu’elle me dit un petit ton coquin dans la voix.
Je vous rappelle qu’elle était en robe de chambre semi-transparente.
J’ai balbutié un genre de merci et je suis partie pour aller rire comme une malade… Le geek va apprendre l’histoire ici… Et je te rappelle à toi aussi mon chéri qu’elle a dit ça en robe de chambre semi-transparente… Eh eh!

Maudits américains…

Svp quelqu’un délivrez-nous du mal… Je vous laisse lire et je retiens mes commentaires ça risquerait d’être méchant.

Bien que je sois plutôt prude, je ne m’expose pas la boule au tout venant, l’allaitement en public ne me cause aucun trouble. Je me promets si jamais je visite nos voisins du sud de leur exposer à qui mieux mieux mon mioche au téton.

Tu sais que la date prévue de l’accouchement se rapproche quand…

-Tu pleures en pliant du linge de bébé en pensant que dans 6 mois déjà il ne pourra plus porter ces petits pyjamas.
-Tu pleures en écoutant une émission mélo de bonne femme qui accouche parce que le bébé est trop mignon.
-Tu pleures en te regardant dans le miroir parce que tu voies les premières vergetures rouges et que c’est laid et que plus jamais ton amoureux va te trouver belle de toute la vie.
-Tu pleures en vidant le lave-vaiselle parce que tu ne vas pas vite et que tu aimerais pouvoir faire le ménage de toute la maison, mais que seulement le lave-vaiselle t’épuise.
-Tu pleures parce qu’il n’y a plus de concombres pour le dîner et que c’est bon des concombres et que tu en voulais.
-Tu pleures parce que tu es écourée de pleurer pour rien.

Oui, je dirais que la fin se rapproche… à grand pas.

Comment se faire remettre les idées à la bonne place

Ce matin j’avais un petit moment, une petite déprime. C’est plutôt rare chez moi, je suis plus du genre positive, mais bon ça arrive dans les meilleures familles. Ma Cocotte avait une nuit de camping à son camp et ça n’a pas bien tourné, elle ne voulait pas rester, elle voulait papa et maman, elle pleurait. Ça m’a touché, elle est plus sensible la Cocotte depuis quelques temps. Le déménagement, la nouvelle école, les nouveaux amis, la perte de sa soeur, la mort de sa mamie, beaucoup pour un si petit coeur. Et je m’en suis sentie affectée, je voudrais la protéger, qu’elle ne ressente pas tout ça et j’ai culpabilisé… Si on n’avait pas déménagé, elle aurait les mêmes amis, pas de changement d’école et pas de stress financier pour nous… Puis juste comme je m’enfonçais dans mon auto-analyse de fond de cave et que j’allais sortir les mouchoirs et le fouet pour m’auto-flageller j’apprends que le bébé d’une copine enceinte de 21 semaines est atteint d’un grave problème cardiaque. Un truc au nom imprononçable, mais grave… vraiment grave. Opération à coeur ouvert à la naissance avec des chances de survie variant de 60 à 85% et des séquelles variables selon le cas. Et cette fille a perdu trois bébés en 18 mois (entre 12 et 16 semaines de grossesse), c’est comme ça que je l’ai connu, sur un forum et on a cliqué, on s’écrit souvent, on partage et on célébrait la victoire de la vie après nos morts. Cette fois l’amio disait que son fils était parfait et là ça. Disons que ça m’a replacé les idées, que mes problèmes ont fondu, ma Cocotte va s’ajuster, la vie ce n’est pas Disney World je ne peux pas la protéger de tout. Et même si je ne crois pas, je vais prier pour ma copine et pour son fils, parce que criss que parfois il n’y a pas de justice.

Après 4 ans et demi il s’en rappelle encore…

Il c’est le médecin qui a accouché mon premier fils. Je l’ai croisé à l’une de mes visites hebdomadaires à l’hôpital. Il m’a d’abord fait un rapide signe de tête pour ensuite revenir me saluer plus amplement. J’ai naïvement pensé qu’il se rappelait de moi… en fait bien qu’il se rappelait de moi il se rappelait surtout du geek. Il m’a demandé sourire au lèvre si le perdeux de connaissance allait assister à l’accouchement cette fois (lisez l’entrée suivante pour bien comprendre). J’ai répondu oui et il m’a dit que ça lui ferait plaisir d’être là. Je pense qu’il se foutait de ma gueule… enfin de la gueule du geek… Bref, depuis ce jour les infirmières me parlent à chaque fois du perdeux de connaissance et m’ont dit de lui dire de ne pas s’inquiéter… elles allaient bien s’occuper de lui. Je pense qu’elle se foute aussi de sa gueule… Enfin, le geek a de la pression, ils attendent un show. Qu’est-ce qu’on va s’amuser…

Lettre à mon fils

Ça y est il ne reste plus que quelques semaines, quelques jours avant ta grande entrée. J’ai si hâte… et si peur. Ton père a complété ta chambre et j’ai pleuré et je t’ai imploré de ne pas mourir, de ne pas me faire ça. Je sais je devrais avoir plus confiance en toi, je te sens en moi qui remue et me dit “Maman crois en moi”. Je ne sais pas, tu sais je sais aujourd’hui que rien n’est aussi simple qu’il en a l’air et que l’horreur et le malheur peut aussi frapper chez moi. Je sais aussi que le bonheur ne s’annonce pas et qu’il faut espérer. Je me demande quelle mère je serai, je me pose la question alors que tu n’es pas le premier et qu’aux deux autres je ne me suis même pas questionnée. J’ai peur de te couver, de te surprotéger, j’ai peur de ne pas t’aimer assez, de ne pas te tenir assez longtemps dans mes bras, j’ai peur de te perdre et de ne pas avoir pu te dire que je t’aimais alors que ton coeur bât. Je ne sais pas comment je t’expliquerai que ce n’était pas toi qui devait être là, que tu as une petite soeur qui t’a laissé sa place. Il y a tant de chose que je ne sais pas, mais une dont je suis certaine le jour où je te tiendrai dans mes bras je n’aurai pas besoin de savoir parce que tu seras enfin là.

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