Archives de août 2006

Le prochain qui…

…me dit de me reposer, je lui fais la peau. Tu as déjà essayé de te reposer avec un bedon géant qui en plus est affublé du complexe du retournement (activité qui consiste à se dandiner de droite à gauche question de voir de quel côté maman a les côtes les plus douces)? Tu as déjà essayé de te reposer avec des varices vaginales? Ah tu ne sais pas ce que c’est… Bien c’est des varices (pis ça fait mal) vaginales (me semble que c’est clair de où est-ce que ça se situe). Tu as déjà essayé de te reposer quand tu as déjà deux enfants… et qu’il y en a un qui passe une heure à chaque nuit à tousser à s’en cracher le poumon? (Juste un rhume, mais disons que côté timing…) Tu as déjà essayé de te reposer quand tu fait pipi aux 20 minutes? Bien c’est ça, j’essaie de me reposer, mais ça marche comme ça peut alors… Et le prochain qui ajoute après son “repose toi” un “tu as l’air fatigué, tu as pas l’air bien” et bien je lui fait non seulement la peau, mais je m’arrange pour que ça fasse mal. Je pense que la fin approche, du moins je commence à espérer qu’elle approche.

Du bon concombre…

Depuis quelques semaines je vendrais ma mère, mon père, mes enfants même pour du concombre. Juste d’y penser j’en bave… Et le meilleur… du concombre libanais… Miam miam. Je vais donc me ravitailler deux fois semaine au marché et voilà qu’une madame me regarde faire le plein de concombres libanais et me demande ce que c’est.

Madame -C’est quoi ces petits concombres là?

Moi -Des concombres libanais. C’est tellement bon. Si je ne me retenais pas j’en mangerais un drette là.

Madame -Faut les éplucher avant de les manger?

Moi - Eh non, vous avez vu la grosseur, éplucher il ne resterait plus rien.
Madame -Ah pis comment ça on a ça ici?

Moi -Bien on en fait pousser. Je ne sais pas trop quoi répondre.

Madame -Bien le Liban ils sont pas en guerre là bas? Me semble que le concombre doit pas pousser fort fort. Ça doit être pour ça qu’ils sont petits de même les concombres.

Moi -Ah ça doit être ça. Les Anglais doivent être équipés en maudit parce que le concombre anglais il est gros, il pleut tellement là-bas que ça ne doit pas être la météo qui les fait grossir. Ça doit avoir un lien avec leur équipement. Je me demande pourquoi les tomates italiennes sont pas rondes, rondes, pourtant les Italiennes ont pas des seins tombants?

Je sais, je sais… je n’ai pas pu m’empêcher…

Je vous laisse je m’en vais manger du concombre libanais… Miam!

Ce qu’on apprend au troisième

Bon c’est clair au troisième, le mystère de la naissance se trouve réduit surtout qu’au fond c’est mon quatrième accouchement, alors je voulais vous faire part des choses qu’on ne nous dit pas toujours… (voire jamais) que j’aurais probablement aimé savoir et que je sais maintenant.

Tout d’abord, bouffer. Quand tu accouches on te donne la permission suprême de sucer du glaçon… Un accouchement c’est long… c’est même parfois long longtemps et puis ça prend de l’énergie et c’est pas un petit glaçon qui va te donner le jus pour “popper” bébé. Alors moi je dis mesdames Manger! Ah oui, mais si tu vomis après… Bien à Cocotte j’ai vomi, j’avais rien mangé depuis 24 heures… c’était pas mieux, c’était pas moins dégueux… En passant de la bile ce n’est pas jaune, c’est vert… eh oui ces choses qu’on découvre…

Deuxièmement, souffrir pour être une vraie femme épanouie. Bon là tout le monde fait ce qu’il veut, mais je vais vous dire gardez les options ouvertes. Et vous ne serez pas moins femme et/ou mère même si docteur amour (nom que j’ai affectueusement donné à l’anesthésiste) vous injecte son super produit dans la colonne. Une copine me faisait remarquer qu’à l’hôpital on promouvoie de plus en plus l’épidurale, j’ai réfléchi et je me dis que c’est bien. À mon premier je me sentais tellement poche de ne pas avoir fait ça comme une vraie, en surfant la douleur. J’avais l’impression d’avoir échouer… de ne pas avoir eu un vrai accouchement. D’être une moitié de femme… Balivernes et foutaises. Chacun fait comme il veut, mais svp pas de culpabilité, pas de jugement. Peut-on accoucher comme on veut et sans douleur si ça nous chante? Déjà qu’on culpabilise pour la garderie, pour l’allaitement, pour l’éducation, peut-on accoucher comme ça nous tente? En tout cas pour moi parti la culpabilité. Je n’attendrai pas douze heures pour l’épidural et vous savez quoi j’en serai même fière. Je m’assume, je suis une vraie moi aussi même si j’offre sans remord, mon dos, mon corps tout entier, tout s’il le faut à docteur amour. Pour le remord on repassera, je culpabiliserai sur la garderie, ça ce n’est pas encore réglé ;)

L’allaitement maintenant. Quelqu’un aurait peut-être pu me dire la première fois que ce n’était pas si simple. J’avais eu droit au discours de c’est naturel, les femmes font ça depuis la nuit des temps, tu approches le mammelon et bébé sait naturellement quoi faire. Bon, c’est pas si compliqué c’est vrai, mais ce n’est pas si simple non plus. Ça demande des efforts, beaucoup de temps, de la patience et ça fait quand même un peu mal. Je ne pense pas qu’on sert bien la cause en minimisant ce que ça implique. Moi ça me décourageait. J’y suis arrivée, mais j’avais le goût d’en étriper 2-3. Alors allaiter c’est bien, c’est bon, ça fini par être simple, mais ça demande beaucoup au début. C’est tout.

Un accouchement c’est féérique… Bien peut-être pour certains, mais en gros c’est plutôt gore je dirais. Ça saigne, ça crie, ça craint quoi. Oui, quand on met bébé dans tes bras c’est magnifique et merveilleux, mais pour le côté chandelle, petite lumière tamisée, encens, on repassera. Oui, ça arrive, mais on s’entend que ce n’est pas la majorité, que d’envisager plus terre à terre ce n’est pas mal, que ça prépare plutôt et que si tout se déroule comme dans un épisode de Friends en 22 minutes bien tant mieux.

Voilà donc un échantillon de ce que j’ai appris. C’est mon expérience, mon vécu, ma tranche de vie. Ça vaut ce que ça vaut… Ce n’est pas pour décourager, c’est pour renseigner. Une femme avertie en vaut deux selon moi et ça ne vous empêche pas de faire ce qui vous tente.

Les préjugés

Aujourd’hui rentrée scolaire pour Cocotte… troisième année, elle est grande ma puce… Enfin, je retourne la chercher à la fin de sa première mi-journée et nous rentrons à pied en revoyant les principes de sécurité pour la marche. Cette année pas de service de garde pour ma grande, elle sera marcheuse. On revoit donc tout, pas de course, on regarde des deux côtés avant de traverser, on attend le brigadier, bla bla bla. Cocotte me démontre qu’elle a bien compris et prend les choses avec sérieux. À un moment elle commente d’ailleurs:

-Wow je suis super sérieuse. Tu vois maman je fais tout bien avec calme, en silence, sérieusement, sans m’énerver. On dirait que je suis une vraie bibliothécaire.

Ah les préjugés… un peu plus et je lui faisais un chignon sur place.

Dégueux…

Les enfants sont charmants, ils ont plein d’anecdotes pour meubler vos journées. La plupart du temps c’est charmant, mais quelques fois c’est… enfin vous verrez ou plutôt vous lirez.
Coco dans son bain ce soir.

-Maman? Tu sais toi comment ça marche le caca?

Eh je suis supposée répondre quoi là? -Eh noui…

-Bien tu sais c’est pas compliqué. Avec Coco c’est rarement compliqué. Tu manges pis là ton manger il va dans ton ventre et là les enzymes ils en font de la petite bouillie pis ça devient le caca quand il reste rien de bon.

Enzymes? 4 ans… Il doit y avoir du Geek là dessous. L’éducationneur dans toute sa splendeur.

Coco de continuer: -Bon pis là tu vas sur la toilette et là tu pousses pis tu pousses pis tu pousses. Mimiques à l’appui ici… Et là le caca sort et tu tires la chaîne et pfiout c’est parti. Ah pis des fois tu pètes aussi, mais ça c’est pas du caca c’est de l’air. Du gaz.
L’explication est détaillée et plutôt complète. Je me demande où on s’en va… Coco m’éclaire… lentement, mais sûrement.

-Maman j’ai une devinette pour toi maintenant.

-Ok. Je ne sais pas si on est encore dans le scato, mais quelque chose me dit qu’on n’a pas épuisé le sujet…

-Toi maman est-ce que tu bois de l’eau de la rivière? Demande Coco.

-Non, du robinet. Que je réponds sans réfléchir.

-Bien oui maman mais l’eau du robinet elle vient de la rivière non? De préciser Coco.

-Oui tu as raison. Et là j’ai comme un pressentiment… je devine où on s’en va…

-Bon faque tu bois de l’eau de la rivière. Et maman devine le caca quand tu tires la chaîne il va où? Devine, devine?

Je le savais que le sujet n’était pas clos…

-Dans la rivière? Que je lui réponds.

-Oui maman dans la rivière. Le caca va dans la rivière et toi tu bois l’eau de la rivière. Dégueux hein. De dire Coco plus exalté que dégoûté.

Alors pour chaque grande gorgée, pensez-y. Je sais qu’on peut tout expliquer, la filtration de l’eau et tout le machin, mais au fond pour Coco ça reste du pareil au même… Ce qu’il y a entre A et B lui importe peu…

Parce qu’elles sont trop belles…

Mon beau-frère a vraiment du talent. Les sujets ne sont pas mal c’est vrai, mais disons qu’il a su bien capter l’essence.

Cocotte qui fait la mannequin professionnelle

Cocotte à la cabane

Coco qui lui s’en fout complètement du “Kodak”

Coco à la cabane

Conversation d’hôpital

Aujourd’hui visite hebdomadaire à l’hôpital… j’amène encore Cocotte avec moi, elle sort quand le docteur fait son examen. Elle ne veut pas voir ça qu’elle dit, je ne la force pas, ce n’est pas nécessaire de toute façon. Mais elle reste proche du rideau et entend tout.  Voilà notre conversation entre docteur et moi.
Le docteur - Hum bon je vais y aller à 2 doigts, tu me dis si je te fais mal.

Moi - Ok

Le docteur -Bon c’est bon là? Je suis rendue. Hum ouin c’est mou.

Moi -Ça va.

Le docteur - Bon je mets un bon gros deux doigts écartés. On a un trois centimètres. Ah pis c’est lousse. Je vais essayer de lui toucher la tête ok?

Moi -Ok.

Le docteur - Ah oui je la sens. Bon bien j’ai tout bien senti c’est bon.

Cocotte me demande après dans l’ascenceur bondé: “Maman le monsieur (elle pouvait pas dire le docteur???) où il les a mis ses doigts pour sentir la tête de mon frère et pis pourquoi tu es molle et lousse?”

Je lui ai tout expliqué le plus exactement possible. Elle a compris, du moins je pense, mais à voir l’air de certaines personnes j’aurais dû expliquer tout ça dans l’ascenceur… C’est à croire que certains ne savent pas trop par où arrivent les bébés…  Alors voilà vous savez tout, un gros 3cm et je suis molle et lousse ;)

J’ai fait ça…

Cocotte

Cocotte

Coco

Coco

Ça m’épate moi-même… Bon je n’étais pas seule, le Geek a sa part aussi ;)

Trois enfants

Quand je dis que bébé est notre troisième vous devriez entendre tout ce qu’on me répond, je vous fait un petit résumé.

-”Mon Doux tu as eu le premier quand tu étais encore aux couches?” Je fais jeune c’est vrai, mais quand même et quand je dis que Cocotte a 8 ans vous devriez voir le regard auquel j’ai droit. Ils sont partis… ils doivent penser qu’ils sont tous de pères différents et le premier conçu à 12 ans…

-”Trois? Ah bien ça ne sera pas pratique au resto, ça ne marche plus dans une table à 4.” Probablement la meilleure raison pour ne pas faire trois enfants… De toute façon tout le monde sait qu’avec des enfants on va au resto tellement souvent que ça doit influencer le nombre de rejetons qu’on produit.

-”Trois? Mais vous allez faire quoi pour les forfaits dans le Sud 2 adultes - 2 enfants? Le troisième ça coûte un gros supplément.” Une autre excellente raison de ne pas faire trois enfants. On va faire comme avec 2 enfants, on n’ira pas dans le Sud.

-”Trois? Mais le monde est conçu pour 2 enfants. Il y a juste 3 chambres la plupart du temps dans les maisons vous allez le mettre où?” Dans le garage tient donc ou pourquoi pas dans la cuisine. Sacrilège de penser qu’on pourrait mettre 2 enfants dans une seule chambre… les nôtres sont chanceux ils ont chacun la leur, on a un grand sous-sol… bien oui Cocotte dort au sous-sol… ça pis Tanguay du pareil au même.

-”Trois? Mais pourquoi? Vous avez déjà un de chaque ce n’est pas nécessaire.” La seule raison valable de vouloir un troisième c’est d’avoir le couple… comme si on parlait d’élevage et de reproduction…

Et j’en passe et des bonnes également. On nous parle d’autos, de mobilier de salon, de table de cuisine bref tout y passe. Alors on ne sait pas trop ce qu’on va faire pour survivre maintenant que le resto est banni, les voyages dans le Sud trop cher à cause du supplément, notre maison non adapté et le mobilier inconvenable, mais bon on devrait figurer, après tout ils nous restent encore quelques jours.

Je vous exploite… un petit peu

Vous savez je m’étonne moi-même pendant cette grossesse. Je savais que je serais plus craintive, mais je me porte mieux que je croyais. Je n’obsède pas outre mesure, je ne disjoncte pas quand bébé n’a pas bougé pour 3 minutes et je reste saine d’esprit la majorité du temps… du moins en ce qui concerne la grossesse pour le reste c’est variable ;)

Mais bon voilà que maintenant j’ai un moment. Et si… l’irréparable se produisait… si… vous savez quoi. Respirer, rester positive, profiter du moment présent, chasser les mauvaises pensées, focuser. Mais la peur reste quand même. C’est normal je sais et je l’écris juste pour le sortir parce qu’une fois dit c’est déjà moins pire… Je me sers donc de vous ;) Je vous exploite un petit peu pour calmer mon angoisse et je vous en remercie.

Pour moi écrire c’est cela. Raconter, partager, mais aussi vider, vidanger, aérer, laisser aller. Je me sens toujours plus légère après, plus vide, le vide serein et divin. Alors pardonnez moi de me servir de vous, je promets de vous exploiter juste un petit peu…

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