Disons que j’ai les hormones dans le tapis ces temps-ci, mais aujourd’hui j’ai dépassé mes propres limites.
Je m’en allais chez le médecin en voiture et tout à coup un Gros moron en Honda civic (excuse moi maman, mais c’est juste une constatation) se met à me klaxonner comme un malade sur la voie de service. Je roule lentement (60 km/h) c’est vrai, mais je suis collée au cul d’un énorme 10 roues qui fait son possible pour esssayer d’avancer. Alors, je fais ce que je peux, c’est-à-dire rien, et j’ignore le Gros moron.
Je prends la bretelle de sortie et au loin je vois la lumière au jaune, je commence à ralentir et une fois de plus Gros moron me klaxonne comme un demeuré. Sauf que là il y a deux autos devant moi, ce n’est donc pas que j’ai arrêté trop vite puisque la lumière était rouge depuis longtemps lorsque je me suis immobilisée derrière les autres voitures. Je me demande donc si l’auto n’a pas quelque chose… mon silencieux qui traîne par terre ou quelque chose du genre. Quand on se retrouve donc à la lumière suivante l’un à côté de l’autre et que Gros moron (qui je ne suis plus certaine est moron) baisse sa fenêtre pour me parler, je baisse donc la mienne m’attendant à me faire dire que j’ai un feu de brûlé ou je ne sais trop du même genre. Bien non, Gros moron prouve qu’il est en fait Giga moron et mes hormones prennent le dessus sur mon cerveau, notre échange a ressemblé à ceci:
-”Maudite grosse conne. T’avais juste à les klaxonner toi aussi les caves en avant. Probablement des crisses de bonnes femmes comme toi, chienne.” De dire Gros moron les veines du cou sorti, la bave au menton.
Là dans ma tête s’est opéré un court circuit, mes hormones se sont mises à parler sans que je ne puisse intervenir, je me sentais complètement hors de mon corps, possédée…
-”Gros moron! Tu dois avoir une méchante paire de couilles pour avoir aussi peu de cerveau. Gros cave!” Et pour être certaine qu’il comprend bien j’accompagne mes paroles d’un geste circulaire de mon doigt autour de ma tête, question de lui signifier que je le prends vraiment pour un Gros moron.
-”Heille la conne! Tu sais que j’ai pas peur de fesser sur une femme faque ta yeule grosse vache.” Il hurle le tout à moitié sorti de sa Honda.
Au lieu de faire ce que je ferais en temps normal, soit fermer la fenêtre prendre mon trou et ignorer un aussi évident Gros moron, je disjoncte complètement.
-”Pfiuuuu tu me fais même pas peur, Gros moron. Envoye vient te battre si t’as pas peur.” Et cette fois j’accompagne mes paroles d’un majeur bien dressé et je referme ma fenêtre.
Gros moron n’en revient pas, je pense qu’il se dit que je suis folle pour oser, moi faible femme, défier la testostérone incarné par sa virilité, ou encore il craint que je ne cache un psychopathe dans ma valise. Tout ça pour dire que la lumière a changé et que Gros moron a démarré en faisant crier ses pneus (ma culotte en est toute mouillée tellement c’est viril) et n’a pas demandé son reste.
Je vous jure qu’à ce moment précis je l’aurais volontier battu. Je me disais même que j’avais une chance, après tout je ne suis pas seule on est deux… Une fois que les hormones se sont calmées je me suis dit que j’étais folle… et que je ne devrais peut-être plus conduire. Je me suis aussi dit que c’était une chance pour la clientèle de la bibliothèque que je ne travaillais plus quoique certains en auraient eu bien besoin…
En apparté: je pensais bien faire sauter le tensiomètre chez le doc après mon aventure, mais ironiquement ma pression sanguine n’a jamais été aussi basse… Ça me prendrait peut-être un Gros moron à chaque visite.