Le Liban et la Syrie
L’historienne qui sommeille en moi pourrait vous parler du conflit entre Israël et le Liban d’un point de vue analytique, je pourrais remonter dans le temps aussi loin que possible pour vous parler du pourquoi et du comment qu’on comprend à peine tellement ces guerres ont des racines profondes, si enracinées qu’on arrive à peine à les déterrer. Le Liban n’en est pas à sa première guerre, il a aussi croisé le fer avec d’autres voisins notamment la Syrie pour des raisons aussi complexes. Mais je préfère vous parler de l’autre côté. De l’aspect plus vrai de la chose. De ce que certains qui l’ont vécu en ont gardé.
Nos anciens voisins du temps où on était montréalais étaient syriens, en fait le père était syrien. Il a fait la guerre Syrie-Liban dans les années 1970, la vraie guerre. Commando lâché en vol avec rien pour se défendre sauf un fusil et pas beaucoup de munitions, des mois à se terrer et à se cacher… et à tuer. Il en ressorti avec un besoin quotidien de marijuana pour calmer son stress, mais à part ça j’ai rarement croisé quelqu’un d’aussi généreux. Ça c’était des voisins…
L’ancienne gardienne de ma grande cocotte était Libanaise, elle aussi a connu la guerre. D’un point de vue plus gâté si on peut dire, pas de commando, pas de fusil en main, mais la peur au ventre quand même. Elle en est sortie avec l’envie de chercher ailleurs un exil pour donner à ses enfants la paix. Et c’est aussi quelqu’un d’une générosité incroyable.
Comme ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime discuter et tout questionner, je leur ai demandé à chacun pourquoi ils se faisaient la guerre. Ils m’ont répondu à peu près la même chose, mais c’est le Syrien qui l’a dit le plus directement:
-”Tu sais au fond je ne sais pas trop. C’est bien compliqué… Mais je sais que ça valait pas la peine… pis qu’on avait pas raison… eux non plus d’ailleurs. Personne a raison quand les gens meurent.”
Ça m’est resté…
J’imagine que se battre pendant 3 jours dans un tunnel, avec des morts qui pourrissent a 25 pieds de toi à 30 degrés, ca doit relativiser les choses…
Quand a la gardienne Libanaise, je crois utile de préciser qu’elle avait même un frère ministre, ou quelque chose comme ca. On imagine donc qu’elle était plutôt privilégié et/ou protégé… Et même là…