Archives de juillet 2006

La secrétaire de l’enfer

Je me promets une entrée sur cette dame depuis un moment et c’est aujourd’hui que la toute “charmante” va y goûter. Je n’ai même pas besoin de me mettre la switch à bitch, elle fait tout ce qu’il faut tout seul pour que je n’aie besoin d’y mettre aucun effort.

Durant ma grossesse je suis suivie par une gynécologue, elle travaille en équipe dans un cabinet et à chaque visite au dit cabinet avant de voir le médecin, il faut se tapper la routine avec une secrétaire. Elle vous prend la pression, fait le petit test pipi, vous pèse, bref tout ce que le Doctore ne s’abaisse pas à faire ;o) La plupart de ces dames (il y en a 5-6 au cabinet) sont charmantes, professionnelles et très gentilles, mais (il y a toujours un mais) il y en a une qui est exécrable. Une vraie mégère, elle s’assure de bien gueuler le poids à chaque fois (la prise de la mesure se fait bien en vu de la salle d’attente) et de lancer un commentaire mesquin du genre: “Wow il me semble que ça fait beaucoup depuis la dernière fois, faudra couper le dessert”. Le pire c’est qu’elle dit ça sans référence, juste comme ça, une fois dans le bureau de consultation elle vérifie et lance avec un sourire à fesser: “Bien non finalement c’est juste 2 petites livres, c’est tout beau ça”. Laisser moi vous dire que les dernières fois j’étais préparée, je lui lançais toujours aussi fort une remarque pour la remettre à sa place. Mais elle a une façon d’esquiver et de remettre en doute comme de dire: “Choquée vous pas, je le sais que c’est pas facile la prise de poids, mais c’est normal”. De quoi se sentir encore mieux et de passer pour une hystérique devant les autres. Selon toutes probabilités je ne devrais pas l’avoir vu très souvent, une secrétaire n’est pas affiliée à un médecin en particulier et puisque ma doc ne l’apprécie pas outre mesure (je sais pour lui en avoir parler) mes chances de la croiser aurait dû être limité… mais (oui encore un) avec ma chance j’ai eu droit à elle à tous les coups sauf la première fois. Elle me tappe tellement que chaque fois qu’elle prend ma pression mon médecin doit la reprendre après parce qu’elle me la fait monter…

Enfin, depuis juin je ne vais plus au cabinet, mais plutôt directement à l’hôpital pour mes suivis de grossesse. Étant à risque on ne prend pas de chance avec mon cas, alors une fois semaine je me rends à l’hôpital et ainsi j’évite (Ô grand bonheur) la secrétaire de l’enfer. J’aurais dû me douter que je ne pouvais pas lui échapper aussi facilement.

Je traîne depuis quelques semaines une éruption cutanée qui se caractérise par de petits boutons rouges qui démangent salement. C’est paraît-il assez courant enceinte et au début on ne faisait rien sauf que la situation a empiré et que j’en suis à me manger les doigts tellement ça pique. En plus, ça se propage, j’en ai sur le ventre et il me faut toute ma volonté pour ne pas m’arracher la peau du corps. Ma doc m’a donc prescrit une crème supposée soulager et traiter le problème, mais (encore un) la dite crème n’est plus disponible. Impossible de la trouver dans aucune pharmacie et puisqu’il n’existe pas d’équivalent le pharmacien ne peut pas me donner autre chose. Je pensais tenir le coup jusqu’à mercredi, mais après une séance ce matin de “Gratte toi pas, tu es forte, tu es capable”, j’ai craqué et j’ai décidé d’appeler au cabinet en espérant avoir une ordonnance pour une autre crème.

Vous devinez déjà la suite je le sens… Au téléphone on m’informe que mon médecin n’est pas là (évidemment), mais qu’on va me passer quelqu’un et qu’on devrait pouvoir faire quelque chose. Et vous avez deviné on m’a passé parmi toutes les secrétaires la secrétaire de l’enfer… Et bien sûr ce ne pouvait pas être simple. Les choses ont bien commencé, elle a pris note du problème, m’a mise en attente et a été discuté avec un docteur c’est au retour que ça c’est gâté…

-”J’ai parlé au médecin il va faire une autre ordonnance, mais là j’ai regardé votre dossier et je vois que ça fait longtemps que vous avez pas vu de médecin… ce n’est pas bien ça” qu’elle me dit du ton “Môman va te punir”.

-”Non, je ne vais plus au cabinet, je suis suivie, comme je vous ai dit tout à l’heure, à l’hôpital à toutes les semaines.” que je réplique.

-”Oui, mais moi je ne vois pas ça dans le dossier.” Ton de secrétaire impérial.

-”Je peux vous emmener l’autre ordonnance, elle a l’entête de l’hôpital et la date de la semaine passée.” que je dis en respirant bien, car je comprends que je dois y aller avec douceur.

-”Bien ça ne me dira pas que vous êtes suivie ça.” Ton de secrétaire j’ai raison.

-”L’ordonnance est rédigée par mon médecin, me semble que c’est une preuve. Vous pouvez aussi appeler l’hôpital j’ai un rendez-vous mercredi ils vont vous le confirmer. Mais anyway est-ce que le docteur me l’a fait l’ordonnance ou pas?” que je dit en montant un peu le ton.

-”Si vous pensez qu’on a le temps d’appeler à l’hôpital pour vérifier vous vous trompez ma petite madame. Le docteur a fait l’ordonnance, mais moi je ne peux pas vous la donner juste comme ça.” Ton secrétaire méga importante.

Là j’ai perdu assez de temps, je tiens le téléphone tellement serré que mes jointures sont blanches.

-”Bien laissez donc faire. Vous avez pas le temps de vérifier mon rendez-vous, mais vous avez le temps de me faire niaiser. Je vais attendre mercredi, j’aime mieux me gratter à mort pendant deux jours que de passer encore 5 minutes au téléphone avec vous. Je vais me faire un plaisir d’en parler à mon médecin. Je vous laisse je voudrais pas vous empêcher d’aller faire chier une autre patiente.”

Et j’ai raccroché en rage, j’en aurais presque pleuré… à la place je me suis grattée… Si jamais c’est contagieux je cours au cabinet lui faire une danse contacte gratuite en espérant qu’elle se gratte au sang.

Bébé ninja

Depuis qu’elle sait lire la Cocotte se fait un plaisir de lire tout et n’importe quoi, mais elle a une prédilection pour les bouteilles et les petits pots de produits de beauté. Puisque maman n’est pas miss petits pots, elle n’a pas souvent de matériel à se mettre sous les yeux, mais j’ai acheté il y a peu une bouteille de crème de grossesse CONTRE LES VERGETURES (c’est inscrit tel quel sur la bouteille, la deuxième partie en majuscule très gros) ça lui fait donc une nouvelle lecture.

Juste comme ça j’ai remarqué qu’en français il est inscrit sur la bouteille crème CONTRE les vergetures alors qu’en anglais il est inscrit CREAM FOR STRETCH MARKS… que je traduirais librement par crème POUR les vergetures. Je me suis donc fait avoir je pense… ça doit être pour ça que ça ne semble pas trop marcher.

Enfin, Cocotte se met à la lecture de la bouteille et énumère lentement les nombreux ingrédients aux noms ésotériques supposés combattre les dites vergetures.

-”Colle… Colle… à… gène, élas… élastique…” qu’elle articule lentement.

-”Élastine” que je lui précise. Elle aura déjà les notions de base.

-”Élastine ok. Beurre de kara… karaté. Beurre de Karaté” qu’elle dit bien fière d’avoir trouvé aussi vite.

-”Eh bien c’est beurre de karité chérie” que je lui dit doucement, je ne veux pas la vexer, elle est sensible de la lecture ma cocotte.

-”Karité??? Bien non c’est écrit beurre de karaté. Je sais lire moi et puis je lis beurre de karaté, ok. C’est super, il va être fort mon frère.”

Ah bien ça doit être pour ça que mon fils a le coup de pied aussi vigoureux. Je devrais peut-être couper le beurre de karaté??

Le monde en statues

Trouver par le geek. Un lien vers des photos de statues de partout dans le monde. Vous vous régalerez de l’originalité de certaines et vous serez subjugué par d’autres. Certaines sont même… perturbantes pour dire le moins.

J’en ai perdu mon dentier

Aujourd’hui j’ai découvert la dernière tendance en matière de poussette, chaise haute, parc pour enfant et autres gogosses du genre. Le retour du “brun” (dit plutôt “brin” les lèvres pincées). Oui, oui le retour du brun. Des poussettes brunes, des chaises hautes brunes, des parcs bruns. Et pas brun discret ou tirant sur le beige, brun brun. Brun comme quand j’étais enfant. Le fameux brun qui nous fait rire quand on regarde des photos de notre enfance. Ne vous méprenez pas je n’ai rien de particulier contre le brun, je n’ai rien pour non plus. C’est juste que brun bien c’est brun, c’est une couleur platte, ce n’est pas pour rien qu’on dit de quelqu’un qu’il est un bas brun quand il est ennuyant comme la lune. Et puis chaque fois que je regarde une photo de mes jeunes années la seule chose pour laquelle je suis certaine c’est que mes enfants ne porteront pas de brun et que je n’aurai pas de rideau orange. Et je dirais que c’est assez généralisé comme attitude dans mon entourage, je ne pense pas avoir d’amis qui s’ennuient du brun, qui auraient envie d’une poussette brune pour se rappeler leurs jeunes années. Les années soixante-dix étaient peut-être “peace” et on devrait sûrement ramener un peu de ça, mais le brun et le orange ne devraient pas revenir. Alors la poussette brune, non merci.

La guerre: un chien fou et un tunnel

Je vous ai déjà parlé de mon ex-voisin Syrien. Celui qui est gentil comme tout et qui a fait la guerre au Liban dans les années soixante-dix. Il n’en parle pas beaucoup et on le comprend, car quand il en parle on aimerait parfois ne pas entendre. La guerre ce n’est pas Harper qui dit n’importe quoi à la télévision, ce n’est pas une bande de politico-puissants qui se réunissent pour décider qui est le bon et qui est le méchant en essayant de se ménager toujours de belles et bonnes opportunités commerciales. Non la guerre c’est ce qu’il nous racontait quand il en parlait, la guerre c’est un chien fou et un tunnel.

Il était jeune, très jeune, même pas la vingtaine, il ne comprenait pas grand chose au conflit de son propre aveu. On lui avait dit qu’il devait y aller sinon on tuerait sa mère et on violerait ses soeurs. Il y est donc allé. On l’a entraîné, on lui appris qui est l’ennemi et pourquoi il mérite de crever, mais rien de ce qu’on lui a montré ne l’avait préparé pour ce qu’il allait vraiment vivre. On l’a catapulté comme ça chez l’ennemi sans rien sauf un fusil, quelques munitions et son désir de vivre et de se venger des méchants. Il a vite déchanté. Il nous a raconté qu’à un certain moment il s’est retrouvé avec d’autres coincés dans un tunnel, une véritable embuscade, plusieurs des siens et des autres y sont morts et le siège a commencé. Il nous a décrit l’ambiance, un tunnel sombre presque noir même en plein jour, des corps qui se décomposent partout (il fait chaud à Beyrouth), l’odeur, la peur et la solitude, l’immense solitude. Puis il nous a parlé du chien, une grosse bête méchante, un chien fou qui errait dans la ville et qui s’est retrouvé dans le tunnel. Un bâtard qui semblait un étrange croisement de Danois et de berger allemand, un chien immense et sournois. Il nous a dit avoir pensé le tirer, mais le chien a vite compris qu’il ne faisait pas le poids devant le fusil et il s’est allongé un peu plus loin en le guettant de ses yeux fous. Il nous a parlé de comment il l’a apprivoisé, des heures passées à en faire un ami, ce chien fou qui devient le sien. De comment le chien l’a suivi une fois le siège fini, comment il est devenu son ami, le seul, l’unique qui ait sa confiance. Il nous a parlé de ça avec un détachement étrange, mais avec une lueur un peu fêlée dans les yeux. On n’a jamais demandé de quoi il nourrissait la bête, il y a ce genre de questions que notre tête se refuse à imaginer et notre bouche à poser, mais on a demandé ce qu’il est devenu ce chien fou. Quand il a quitté Beyrouth, il savait que le chien serait à nouveau seul, avec la folie comme seule compagne alors il lui a donné la seule paix qu’on lui a apprise.

La guerre c’est ça, c’est ce regard perdu, à jamais brisé, cet être de bonté qui ne sera jamais plus le même parce qu’il a tué et qu’il sait que c’est mal. La guerre ce n’est pas les réunions du G8, l’ONU, Bush ou Harper, la guerre c’est la mort et la fin. C’est un chien fou et un tunnel.

J’ai finalement pété ma coche

Et bien c’est fait, vous pourrez arrêter de me traiter de Sainte parce que j’ai pété ma coche. À force de me faire remplir d’inepties par mes nombreuses voisines le vase a débordé et la madame c’est fâché. Je vous raconte.

Je me rends ce matin à la pharmacie, j’ai besoin de quelques petits trucs et l’endroit est suffisamment près (2 minutes de marche) pour que j’aie l’autorisation de m’y rendre (c’est tu pas génial, j’ai l’autorisation…). Enfin, en chemin je croise une voisine (évidemment) qui me fait un commentaire déplacé (re-évidemment), mais ce n’est pas grave je fais ma sortie du jour alors je garde le sourire et le cap. Arrivée à la pharmacie je fais le tour au complet et je regarde tout comme si je venais de sortir de réclusion après 6 ans et là je vois que les serviettes sanitaires sont en spéciales. Merveilleux que je me dis, il m’en faut pour l’arrivée de bébé alors j’en achète, toute fière de mon “deal” (je ne sors vraiment pas assez souvent). Je me retrouve en file à la caisse juste devant un vieux monsieur (je vous l’ai dit le quartier est vieux) qui décide de me piquer une jasette, le pauvre s’il avait su… Alors que la caissière commence à poinconner mes trucs et qu’on discute (on se connait c’est une mini pharmacie de quartier très intime) monsieur commence à jaser.

-”Ah bien c’est des serviettes sanitaires ça? Des Kotex comme dirait ma femme?” qu’il demande.

La caissière et moi on se regarde en se demandant bien pourquoi il veut savoir ça. Il n’y a pas de sujet tabou dans la vie, mais il y a au moins deux choses sur lesquels les gars ne devraient jamais poser de question: notre poids et les serviettes sanitaires.

-”Bien oui c’est ça” que je réponds un peu bête.

-”Ah pis vous achetez ça pourquoi?” demande monsieur.

Bien pour faire du macramé, non mais d’après toi Sherlock. Il n’est pas question du tout que je réponde à ça. Alors je fais juste le regarder sans rien dire, la caissière aussi bouchée que moi le regarde aussi sans rien dire.

-”Bien c’est parce que vous êtes enceinte, vous en avez pas besoin me semble. C’est tu pour vous?” de préciser le monsieur.

Ah bien là ça va faire. Il y a toujours bien des limites à tout. Je suis tannée de me retenir. Après tout j’ai les hormones comme prétexte alors je me laisse aller.

-”Bien non c’est pour mon mari, il porte les serviettes sanitaires pis moi les jack strap. En fait, je ne suis pas enceinte monsieur c’est juste une ernie discale qui s’est déplacée en avant. Au fond je ne suis même pas une femme, si vous me donnez 10$ je vous montre ça derrière la bâtisse.” Que je lui réponds sans même respirer.

Le monsieur en a presque perdu son dentier, la caissière a pouffé et moi je suis partie en me sentant un peu mal d’avoir été impolie, mais aussi soulagée de m’être un peu délestée. Non, mais de toute façon il avait juste à ne pas s’aventurer sur ce terrain là.

Montée de lait et prestations universelles

Avant de commencer je me demande sérieusement pourquoi j’utilise ce titre là… Une montée de lait ça fait tellement mal, vraiment mal. J’oserais presque dire que ça fait aussi mal qu’accoucher… Et moi j’utilise ça comme ça, tout bonnement. Bien enfin ça veut quand même dire ce que ça veut dire… Et puis dites vous que ça veut dire que je suis vraiment en criss.

Bon, montée de lait maintenant. J’ai reçu aujourd’hui par la poste mon tout premier chèque de Prestation universelle pour la garde d’enfants de 100$ (éventuellement j’aurai 200$ quand bébé arrivera) du gouvernement Harper. En passant qui a choisi le nom de l’affaire? De la belle trouvaille, prestation universelle, un peu plus et on se donne tous la main pour faire une grande ronde de l’amour, mais enfin. Là vous vous demandez pourquoi je suis en criss, pourquoi je fais une montée de lait? Jamais de gratitude la fille, on lui donne 100$ et elle fait une montée de lait. Je suis en criss parce que le fameux montant est imposable au fédéral et au provincial et qu’on envoie quand même le chèque dans son entièreté. Vous me direz que j’ai juste à le mettre de côté, c’est vrai et au fond je ne m’en fais pas trop pour nous. Ça m’écoeure royalement quand même parce que ça va me rattraper au temps de l’impôt, mais bon on devrait y arriver. Si je me fie aux statistiques gouvernementales on est plein de toute façon… Toutefois, mon compte de banque une fois tous les paiements passés n’est pas d’accord lui. Enfin, je suis surtout en criss quand je pense aux familles plus démunies. Quand on tire le diable par la queue on fait comment pour économiser en vue de l’impôt? Ah oui mais eux s’ils gagnent moins ils vont en payer moins… Même un peu c’est déjà trop. Déjà que les prestations d’impôt du provincial en ont subjugué quelques uns, voilà maintenant qu’on se fait avoir encore. Et puis pourquoi imposer ça? C’est supposé compenser pour les frais de garde, mais c’est imposable. Ça me met en criss. Encore une maudite mesure pour les familles qui est juste du visuel, de l’épate… Un beau chèque au lieu d’un crédit d’impôt, mais une claque sur la gueule au printemps. J’ai presque envie de le retourner… mais bon je ne le ferai pas. Après tout 100$ à l’aube de l’arrivée d’un bébé, avec un salaire réduit substanciellement, ça peut toujours aider. J’aurai juste à souffir en mars-avril et à trouver Harper encore plus con (si c’est possible…).

Cours de français 101

Le geek est un père incroyable, il adore faire des choses avec les enfants et particulièrement les “éducationner” (je sais ce mot n’existe pas, mais je ne voulais pas utiliser éduquer, ça fait trop “je vais te montrer à aller sur le pot”). En fait, ce qu’il aime le geek c’est jouer au prof. Il montre et démontre tout, c’est le roi de la réponse et probablement une des seules personnes que je connaisse qui ne s’écoeure jamais des perpétuels “pourquoi” enfantins. Incidemment, mes enfants connaissent des choses que je comprends mal moi-même et se font un plaisir (malin à part ça) de me prendre en défaut.

Bref, le geek éducationne (terme accepté ici, c’est mon blogue après tout). Comme son fils disait “journaux” même lorsqu’il parlait d’un unique journal, le geek a décidé de lui expliquer l’une des joies impérissables du français le “al” singulier en terminaison qui fait “aux” au pluriel. Coco nous a démontré hier qu’il avait bien compris. En effet, il nous montrait les bébelles cochonneries ramassées chez McDonald lors de son périple abitibien. Sur la 117 entre Mont-Laurier et Rouyn le McDo est roi, si tu veux faire vite il n’y a pas mieux et puisqu’ils sont revenus avec leur grands-parents qui ne veulent que leur bonheur les cocos ont arrêté dans deux McDo. Bilan: 2 fois plus de cochonneries bébelles! Alors Coco nous montre son superbe oeil de pirate et son incroyable bandeau de mercenaire et conclue: “Ouais, je les ai eu quand on a arrêté manger dans les McDonaux”.

Conclusion: Le geek n’est pas juste un éducationneur… c’est un bon éducationneur puisque la leçon a porté ;)

“THE” concours bébé

À une autre époque, il était de bon ton de faire un petit sondage/concours où les gens tentaient de deviner le sexe du bébé à venir. De nos jours, l’échographie a bien souvent dissipé le mystère avant la naissance alors on gage sur le poids et la mesure du bébé. Je trouve ça platte et puis en plus been there, done that, got a t-shirt pour grande Cocotte… Vous pouvez le faire si ça vous tente, mais de toute manière je vous le dis déjà mon fils va peser quelque chose comme 7 livres et mesurer autour de 50cm. Donc pas de concours de poids pour moi. On pourrait peut-être gager sur mon poids?… Non, on laisse tomber. Bref, pas question de faire ce genre de choses, mais j’ai quand même eu une idée… On ne peut pas gager sur le sexe de bébé (c’est certain que c’est un gars les sceptiques ou si c’est une fille elle a le clito d’une ex-nageuse est-allemande), on ne gage pas sur le poids, mais on pourrait gager sur les déboires du geek. Je vous récapitule ces fameux déboires avant de vous expliquer sur quoi on gage.

Pour votre information le geek est au courant de ce que je vais raconter. Il a donné son autorisation, je ne l’aurais pas fait sans. Il m’a même dit: “Pas de problème, on ne pourra pas dire après ça que je n’ai pas le sens de l’humour ou de l’auto-dérision”. Alors ne vous inquiétez pas pour lui, il assume.

#1 Naissance de Cocotte
Avant de commencer le récit, laisser moi vous préciser que la naissance de Cocotte a été plutôt intense. Rétrospectivement je dirais qu’on a frôlé la catastrophe, mais quand tu es dedans tu n’as pas le recul pour le constater. Enfin, elle a survécu, n’a aucune séquelle et aujourd’hui elle est splendide. Néanmoins, à sa défense le geek en a bavé (en fait c’est moi qui en ait bavé, mais bon il a regardé…).

Bref, pour couper court, lors de la phase dite de l’expulsion Cocotte s’est retrouvée coincée dans mon bassin et là pas moyen de la faire bouger. Trop tard pour une césarienne, elle se trouvait trop engagée, il a fallu plus de 30 minutes de forceps pour la déloger. C’était vraiment dégueux, le médecin avait la jambe sur le bord de la table pour tirer, Cocotte n’appréciait pas et moi non plus. Enfin, à un certain moment nous avons tous constaté que le geek perdait des couleurs, il était blanc, un beau blanc verdâtre. L’infirmière lui a ordonné de sortir, monsieur a respiré un bon coup puis a tenté de revenir, cette fois il est devenu vraiment vert et a du reprendre la porte. Je ne saurai jamais s’il a vomi, il affirme que non, mais tout ça pour dire qu’il a bien failli et qu’il a manqué la sortie de sa fille. En effet, il est parti 5 minutes et c’est pendant ce 5 minutes que Mlle a décidé de se décoincer. Quelques jours plus tard, une fois tout rentré dans l’ordre, le récit de l’événement a fait le tour de la famille et on s’est moqué gentiment du geek. On a fait preuve de modération quand même, il avait une excuse et puis pauvre petit il souffrait.

Bilan du #1: Sortie de salle, nausées (vomissements???) et couleur de cadavre.

#2 Naissance de Coco
La naissance de Coco s’est mieux passée. Toutefois, le petit mâlin a coincé aussi (la faute de mon bassin paraît-il… il aura fallu 2 bébés pour le constater) et encore des forceps. Cette fois on avait le recul pour figurer et on a vite craint toutes les complications de Cocotte. Inutile de dire que je n’avais pas envie de me retrouver avec les fers pendant 30 minutes non plus. Bref, c’est à ce moment que la naissance de Coco a tourné au vaudeville ou encore au film de série B, vous savez le film où l’accouchement a l’air d’un cirque… Bien à notre garçon ça ressemblait à ça. Le médecin, innocent de ce qu’il allait enclencher, nous annonce donc que bébé est coincé et qu’il va devoir utilisé un moyen mécanique pour le sortir et là la dérape commence. Je me mets à lui gueuler après comme une malade, je me suis presque levée sur la table et le geek a pâlit. Après explications, doc a promis qu’il ferait vite et que tout irait bien (il avait intérêt à ne pas se tromper) et les manoeuvres ont commencé. Un petit coup d’oeil au geek pour constater que ça ne va pas trop, il verdit… je lui lance un “assis toi”. Le doc et l’infirmière qui voient la même chose que moi ordonne aussi au geek de s’asseoir. C’est à ce moment précis en tentant de s’asseoir dans le fauteuil à bascule que le geek tourne de l’oeil. L’infirmière accourt pour l’étendre au sol (ça ramène le sang au cerveau il paraît), mais elle ne fait pas le poids, le geek est dans les vapes et sans tonus alors l’infirmière tombe à la renverse le geek par dessus elle et la chaise par dessus eux. Le doc, qui je rappelle à insérer les forceps dans mon intimité, me regarde et ne peut se retenir de rire discrètement au début puis comme un malade, je finis par rire aussi. Nous voilà donc en train de rire, moi avec les forceps là où vous savez, pendant que l’infirmière se débat avec la chaise et le geek qui lui est toujours sans connaissance. Vous imaginez la scène? Du vrai de vrai vaudeville, un peu plus et Gilles Latulippe entrait pour nous faire le coup du concierge qui décide de venir mopper. Enfin, le geek a fini par reprendre ses esprits, l’infirmière par se relever, le doc par arrêter de rire et Coco par sortir. Tout s’est bien conclu et je suis certaine qu’on en parle encore dans les couloirs de la maternité.

Bilan du #2: Perte de conscience, étreinte avec l’infirmière et la chaise. Couleur de cadavre. Vaudeville compris.

La conclusion de tout ça, s’il a vomi au premier, perdu connaissance au deuxième que fera-t-il au troisième? Son pronostic (peu encourageant vous le constaterez) arrêt cardiaque…

Voilà sur quoi je vous propose donc de gager. Que fera le geek à la naissance du troisième? Toutes vos suggestions sont les bienvenues. Et je vous promet un récit complet des événements.

Histoire de seins

Ma cocotte a un maillot licou, elle a découvert cet après-midi qu’en tirant sur le haut dans la piscine ça lui gonfle la poitrine et lui fait des seins. Comme tout enfant ça la fait rire, elle les gonfle et les dégongle dans un grand bruit de flatulence hilarant quand on a 8 ans.

Ce soir une fois dans la piscine elle s’empresse de faire une démo à son frère.

-”Regarde bien ça, je vais avoir des gros seins” qu’elle dit en gonflant le tout.

“Ayoye…” qu’il dit avec un regard impressionné puis il lâche l’air écoeuré “Ouach! Tu as presque l’air d’une adulte”.

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