Numéro 1: La peur…
Vilaine petite bête envahissante qui corrompt. Avant l’été dernier j’avais mes peurs, des petites angoisses, des inquiétudes, ma plus grande peur c’était perdre un enfant, j’étais certaine de ne jamais m’en remettre, d’en mourir. La vie a décidé que je devais tester la chose, j’ai perdu un bébé, une petite fille à 5 mois de grossesse, Angélique. Elle est partie sans rien dire, sans même que moi sa mère j’en aie conscience. Elle est morte et je n’ai rien pu y faire, je n’ai rien pu dire, c’est arrivé, c’est tout. Et maintenant j’ai encore plus peur… Je n’ai plus peur de ne pas m’en remettre, d’en mourir, au contraire… je sais maintenant que l’on survit, qu’on s’en remet, irrémédiablement changée, mais toujours en vie. J’ai peur du vide, de survivre et de devoir revivre ce gouffre, cet immense trou. Je ne passe pas ma vie à y en penser, mais parfois comme ça dans un petit moment de cafard, elle est là cette peur. Chaque fois que Louis-Philippe sommeille, qu’il prend une pause d’exercice, chaque fois que Cocotte ou Coco éclate en pleur quelque part dans la maison… et si… Je n’y peut rien, je n’y pourrai jamais rien, mais ce que mon innocence me manque parfois…