L’esspérience

C’est comme ça que mon T2 (terrible deux, prononcé à l’anglaise “terrible two” pour encore plus de drama) appelle cela de l’esspérience. Avec 4 enfants de l’esspérience je commence à en avoir, c’est bien connu les mères de famille substancielle (4 ce n’est pas encore nombreux), elles savent tout, elles ne font pas ça des gaffes de débutantes, bien non hein? Jamais, voyons…

Alors du très haut de mon esspérience je vais vous raconter ce que je n’ai pas fait hier…

Je n’ai pas dit à mon super T2, “bah c’est pas grave la sieste”, il est de bonne humeur, il est souriant, il est content de se baigner, il dormira plus tôt ce soir. Avec toute mon esspérience, je sais bien voyons que sauter la sieste ne veut pas dire qu’on se couche plus tôt et surtout je sais avec une certitude absolue que si on ne dort pas en après-midi on est l’enfer en soirée, surtout quand on a deux ans. J’ai donc épargné à ma visite une crise infernale de T2 bougonneux, qui crie et braille et que finit par s’endormir complètement mort de fatigue devant l’indomptable M. Craquepoutte (vénération au dit vieux bougon ici pour avoir réussi l’exploit de finalement faire tomber au combat le récalcitrant). Évidemment, j’ai de l’esspérience… ça se sent non?

Je n’ai pas non plus dit à mon petit Coconut : “Bah tu peux bien manger un petit peu de crème glacée et de crème fouettée avec tes fraises, une fois de temps en temps…”. Je le sais bien trop voyons que ça va perturber son sommeil, que je vais me retrouver à l’allaiter trois fois dans la nuit pour l’apaiser. Voire si je ferais ça… Franchement, j’ai bien trop d’esspérience.

Je n’ai pas non plus anticipé que les vacances c’est énervant et que de se baigner 4 heures de temps ça fatigue, mais ça surexcite aussi et que Coco du haut de ses 7 ans allait avoir de la difficulté à dormir pour cause de trop de fatigue (il est comme cela lui, plus il est fatigué moins il arrive à dormir), je le sais tout ça, tu sais j’ai de l’esspérience, hein. Alors je ne me suis pas réveillée quatre fois pour cause de “Maman je n’arrive plus à dormir”. Bien non pentoute!

Et je n’ai pas prévu que hier, jour de congé, bien c’était pas samedi, bien non c’était mercredi, faque qui est parti ce matin se reposer au bureau pendant que je gère le lendemain d’attaque atomique? ;) Bien c’est ça avoir de l’esspérience, une chance que j’en ai 4, j’ai tellement plus d’esspérience de même. Bon je vous laisse, j’entends pas un son depuis un bout de temps… et puisque j’ai de l’esspérience je sais que le silence rime avec on joue tranquillement en harmonie tout le monde ensemble sans faire de mauvais coup… évidemment… Tu sais (on répète après moi) j’ai de l’esspérience!

L’été c’est…

Le bonheur de ne plus faire de lunchs… (plus que un… un seul… Oh Yeah!).

Le sable dans les sandales, les couches, les shorts, les souliers, le lit, les cheveux, alouette!

Les maillots mouillés roulés en boule sur le plancher des chambres à coucher.

Les dodos d’après-midi.

Les bruits de tondeuses… trop souvent… tout le temps pendant les siestes des petits… évidemment.

L’odeur perpétuel de crème solaire.

L’été c’est le bonheur!!! Et ça commence maintenant! Yeah!

11 années

Jado

Ça fait 11 ans qu’elle est dans nos vies, 11 ans… si court et si long en même temps. Elle est belle, elle est douce, elle est gentille, une vraie soie. Ma Jade-Audrey, ma belle Cocotte. Bonne fête ma toute belle!

Dans le bon vieux temps ça se passait de même

Ce matin branle-bas de combat, je suis seule pour démarrer tout le monde (ce soir le Geek est seul alors on est quitte ;) ). Fini par finir de préparer l’ensemble de la maisonnée, sort dehors et là pendant que je tente de rassembler la marmaille et de l’introduire dans le véhicule, voisine adorée décide de venir piquer une jasette. Tout le monde sait que quand tu as 4 enfants qui s’épivardent partout, des sacs d’école, des manteaux, des casquettes partout, tout ce que tu as envie de faire c’est de discuter de la floraison des pivoines et de la beauté du grand ciel bleu. On s’arrête donc pour jaser ça. Pendant ce temps Coconut mange du gazon (à croire que c’est un ruminant celui-là), Coco s’accroche après ma jambe et attend patiemment (à 7 ans patiemment signifie en soupirant aux 15 secondes en tirant mon pantalon), Cocotte délire en dansant sa dernière routine de hip hop et Lou s’occupe de son bébé. Lui il est dans une phase maman, il promène son bébé partout, le nourrit, le change de couche, le gronde, bref il joue à la maman.

Voisine me jase donc ça et s’approche de Lou qui babille à son bébé pour lui demander ce qu’il fait. Petit charmant se lève le chandail, “éphouère” la face du bébé sur son torse et scande tout fier: “Je fais boire mon bébé au sein, il prend le lait dans le sein de moi.”

Voisine prend un air quelque peu consternée pour me dire: “Eh il fait boire son bébé au sein? Faudrait peut-être lui expliquer là… parce que… bon…”.

Je m’empresse de rassurer Voisine, Lou sait très bien que les garçons n’allaitent pas, mais bon il joue à la maman et les mamans ça allaitent. Puis Coconut n’a jamais pris de biberon (pas nécessairement par conviction personnelle plutôt par conviction Coconutienne (voulait rien savoir la tête de Cochon)) donc Lou copie ce qu’il a vu.

Voisine n’est pas convaincue: “Ouin dans mon temps ça arrivait pas. On allaitait pas. Ou bien celles qui allaitaient bien elles restaient en dedans. Remarque on allaitait pas un peu à cause de ça, pas intéressant de rester cloîtrer entre 4 murs avec un bébé. Mais bon on parlait pas de ça.” Et là elle regarde Lou et lui dit: “Bien non tu n’as pas de lait lait toi, c’est les madames qui ont du lait.” Lou qui n’est définitivement pas con malgré son maigre deux ans et demi répond: “Moi j’ai pas lait, moi je suis garçon, moi j’ai un pénis. Un GROS pénis… GROS, GROS, GROS… comme papa.”

Voisine rougit, sourit quand même (après tout c’est un enfant), mais se charge quand même de me passer un petit commentaire. “Ah ouais, dans mon temps c’était pas pareil. On parlait pas de même. On n’avait pas ça nous, astheure ça a des pénis, des vagins pis envoye donc.”

Soudainement celui qu’on avait presque oublié se fige, mon pantalon cesse de se faire tirer et Coco complètement sonné ne peut s’empêcher de dire tout éberlué: “Hein vous avez pas de vagin?”.

Pas mal certaine que dans son temps à la voisine, les mamans n’abandonnaient pas en courrant leur marmaille pour se précipiter au toilette avant de faire pipi dans leur culotte d’avoir trop ri…

Coco 1 / Voisine 0

Faire durer le plaisir

Je suis une drôle de bébitte pour certaines choses. Je ne suis tellement pas à la mode, tellement pas trendy, je suis toujours une heure plus tard dans les maritimes côté tendance. Ça ne veut pas dire que je n’aime pas les belles et les bonnes affaires, ça veut juste dire que je suis un peu décalée, un peu en retard sur le reste de la planète. Puis parfois il y a des modes, des tendances pour lesquelles je me retiens parce que je sais que j’aimerais trop ça. Je me prive donc volontairement pour éviter des dépenses (genre le iphone) ou encore pour faire durer le plaisir (genre Fred Pellerin).

Genre Fred Pellerin? De quoi? Fred Pellerin je ne l’avais jamais lu, ni vu en spectacle, seulement croisé au fil d’émissions, entendu à la radio, mais je n’avais jamais expérimenté le conteur. Pourtant je savais que je l’aimerais, je le sentais, mais je résistais parce que je savais aussi que ça finirait par finir, que l’émerveillement du début ne durerait qu’une fois. Et j’avais raison. J’ai finalement fini par céder et j’ai lu. Dire que j’ai aimé est un euphémisme, j’ai vraiment aimé. Fred Pellerin c’est comme l’amour, l’amour physique là, quand tu sais que ça va finir et que tu veux intensément la finale, mais que tu voudrais que ça dure encore. C’est comme l’orgasme, à ce point là, les mots qui roulent dans la bouche comme du chocolat noir. Alors j’aime Fred Pellerin et je fais durer le plaisir, je l’étire à la limite parce que je ne veux pas que ça s’arrête. Allez le lire, allez jouir. Mais bon vous allez me dire que vous l’avez déjà lu, je le sais je suis je ne suis pas trendy, mais je fais durer le plaisir ;)

Choisir le vide…

Son dernier billet m’a inspiré. Elle a tellement raison. La chance ça se fait, ça se construit. Souvent on pense qu’avoir une grosse famille vient avec de grosses responsabilités qui nous limite dans nos choix de vie. C’est un peu vrai… mais seulement un peu. Je ne quitterais jamais tout, mais je n’ai jamais hésité à faire des choix “dangeureux”, parfois même douteux. Et j’ai récolté, à la tonne. Je me suis gourrée aussi parfois, mais au bout de la ligne ça aussi ça valait le coup. C’est ce que je préfère de ma vie, de notre vie. Toutes les fois où on a choisi la dérive, le tournant plutôt que le bout droit et toutes les fois où ça nous a rapporté. Le Geek vient de choisir le vide, un vide relatif certainement, mais il a choisi le risque plutôt que le confort et faut le voir sourire depuis, faut voir la lumière dans son oeil, le bonheur qui transparaît. Pis si ça s’écroule on rebâtira, parce que le principal on l’a, le reste c’est du bonus, rien que du bonus. Alors on vit, on vit fort, on vit intense, avec nos 4 enfants, et si je dois leur léguer quelque chose j’espère que ce sera ça, vivre, vivre pour être heureux et choisir le vide…

Il se trouve drôle

Nez complètement bouché, gorge en feu, fatiguée, totalement enrhumée… Le Geek le ton plein d’espoir: “C’est la grippe des cochonnes?”.

Coconut

Un an… Douze mois mon amour, douze mois de douceur, de tendresse, douze petits mois à te connaître, à te respirer, à te vivre. Quelle chance mon tout beau de t’avoir toi. Quelle chance pour la maman en moi de conclure avec tant de grâce ma famille. Quel sérennité tu m’as apporté. Avec toi j’aurai connu un accouchement qui arrive à l’improviste, une césarienne heureuse, un allaitement merveilleux et qui continue, avec toi j’aurai multiplié l’amour encore une fois.

Je pourrais parler de tes beaux yeux calmes et doux, de tes petits cheveux blonds-roux tout fous, de tes sourires craquants, de ta manie de mordre ta lèvre du bas, de tous tes petits tics… je pourrais… mais je me contenterai de l’essentiel. Je t’aime Clément. De tout mon coeur, de tout ce que je suis et ce que je serai. Merci… mon fils à moi… merci la vie pour toi!

Un an

Un an

Demain…

Demain mon tout petit, mon dernier va avoir un an… Je n’aurai officiellement plus de bébé, du moins plus de tout petit bébé. Et demain mon Coconut en sucre aura droit à son petit message unique, mais en attendant j’avais envie de vous faire part de comment je me sens par rapport à ce dernier, à cette fin de ma maternité. J’entends souvent des femmes qui trouvent ça difficile de vivre la fin de cette période de leur vie. Personnellement, bien que la bedaine me manque parfois, bien que la vie en moi me manque, bien que j’adore les petits bébés, je me sens en paix, complète et totale. Après Lou il y avait un manque, un besoin de connaître encore la maternité, de rebâtir des beaux souvenirs. Ma grossesse de Lou je l’ai passé dans l’ombre d’Angélique, j’avais besoin de vivre plus de sérénité, plus de plénitude, j’avais besoin de vivre la vie sans le spectre de la mort. Et c’est réussi. Clément c’est mon cadeau, mon baume, ma douceur, c’est ce qu’il me fallait pour conclure l’aventure. Aujourd’hui je regarde mes enfants et je me sens complète, il manquera toujours une puce quelque part dans le trou entre mes deux gangs, mais il ne manque rien à la fin.

J’ai maintenant envie de les voir grandir, de bâtir, je vis chaque dernière comme la dernière… sans plus. Pas de larmes, un brin de nostalgie, mais pas d’envie manqué, de désir inassouvi. Et je sais ma chance, et je remercie mon Geek qui a dit oui à ma folie, qui m’a permis de conclure ce chapitre dans la plénitude.

Mon ventre est vide et il le restera, mais mon coeur lui… mon coeur d’amour il va bien finir par exploser!

To blog or not to blog

Nenon je ne vais pas arrêter de bloguer, mais je sais que je ne suis pas très assidue. Voyez-vous je n’ai pas le temps… deux minutes ici et là, plein d’affaires à dire, mais juste pas le temps. Je pourrais en trouver, on finit toujours par en trouver quand on veut, mais perso bloguer je le fais par plaisir et je n’ai pas envie de me forcer. Alors voilà je ne passe pas souvent ces temps-ci. Je reviendrai un peu plus après la fin de session… si je survis à la fin de session ;) Mais ça c’est une autre histoire… que je vous raconterai peut-être un jour.

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