Un petit bout

Quand ça fait un bout de temps qu’on n’a pas fait quelque chose on se sent rouillée… puis un peu gênée. On ne sait pas trop comment revenir, on ne sait pas trop si c’est encore pertinent. Mais bon l’envie est là alors je me risque, sans promesse, sans attente, je ne sais pas si ce sera occasionnel ou partie intégrante de ma routine, mais j’écris tellement de billets dans ma tête que je peux bien en partager quelques uns.

Il s’en est passé des choses ces derniers mois. Je suis un peu plus vieille, un peu plus fatiguée, un peu plus frippée, mais pas si différente. J’apprends à vivre plus doucement, à me laisser une chance de respirer. J’ai un peu exagéré, j’avais tellement d’offres de choses incroyables et chacunes arrivaient à la pièce, une à la fois ça semblait bien, tout ensemble ça frôlait la folie et la catastrophe. Je suis passée à deux doigts de m’effondrer, au propre comme au figuré. J’ai découvert mes limites et que j’avais en moi des forces que je ne soupçonnais pas. Je me connais un peu mieux et je dis un peu plus non. Je ne me fais pas d’illusions, je sais bien que je dis oui trop facilement, mais bon le savoir aide déjà :-)

Les cocos grandissent. J’ai maintenant une vraie de vraie ado (treize ans -thirteen – il y a le mot teen là-dedans) et elle est toujours aussi incroyable cette enfant. Elle est gentille ma grande, vraiment gentille, ça fait un peu simple comme descriptif, mais on dirait que le mot a été inventée pour elle. Coco est préado en masse, 9 ans et demi tout en intensité. Celui-là c’est mister Charme, un vrai don Juan. Ma petite Loupette commencera l’école dans quelques semaines, un grand tendre, bougon et doux. Puis il y a le petit dernier, mon Coconut en sucre, ma diva, une vraie drama Queen. Je ne serais pas surprise de le voir en liste pour les Oscars un jour, celui-là il a beau être le dernier, il ne s’en fait pas imposer. Bref, les enfants vieillissent… comme leur maman, mais avec un peu plus d’allégresse et d’énergie :-) Puis il y a le Geek, qui tough la run comme on dirait. Mettons pour se faire un petit clin d’oeil que nous deux c’est du solide… béton armé.

La vie est bonne pour moi et j’essaie de profiter et d’apprécier… surtout d’apprécier parce qu’au final quand je veux résumer les 7 derniers mois depuis mon dernier billet je me dis qu’au fond il y a pas mal juste du bon… Pis là je me sens chanceuse!

Revenante

Je suis encore en vie… Sincèrement je ne suis pas forte, forte, mais j’ai survécu à mon automne infernal. Je vous en reparlerai, j’ai trouvé mes limites… et ça donne à réfléchir, en attendant j’ai envie de légèreté un peu.

Les deux petits derniers ont eu le bonheur d’aller visiter Papa Noël. Comme j’ai de la chance… ils se sont démarqués du lot. Le Père Noël a fait chanter les enfants… Clément deux ans y est allé de son grand succès… La banane de Philipe Katerine… “Non mais laissez moi… mangez ma banane… tout nu sur la plage… tout nu… tout nu… mangez ma banane”. Ce qui a valu un sourire dubitatif de Papa Noël…

Jusque là pas mal… Mais c’est que le grand aussi a chanté… son plus grand succès. Allez je vous laisse deviner… Le Geek a tout de suite mis le doigt dessus, c’est qu’il connaît sa progéniture et celle qui l’élève. Bernard Adamus Rue Ontario… Je vous mets au défi de trouver un bout “chantable” de la chanson pour un petit garçon de 4 ans… Fallait voir la tronche du paternel de la fête sacrée… Devant l’érudition de la marmaille le Père Noël y est allé d’un avertissement:

-Ouais Le Père Noël va mettre dans la liste de cadeaux de votre maman le beau CD de Céline Dion pis il va lui faire écouter en boucle. Ho ho ho!! Quitte à l’attacher là!!! Ho ho ho! Ha ha ha!

Il riait le Père Noël, il se trouvait plutôt drôle… mais ça ne s’arrête pas là… Qu’est-ce que vous croyez? On en rajoute une couche.

Lou trouvait le Père Noël plutôt sympathique, mais quand il a parlé de s’en prendre à sa mère, sa fibre de fils défenseur a vibré… fort, fort, fort.

-Ah non par exemple. On n’attache pas ma maman… Y a juste mon papa qui peut bon!

Ça ne s’invente pas… Bienvenue dans ma vie :-)

L’esprit de contradiction

Lou 4 ans a vu une pièce de théâtre aujourd’hui à la Maison Théâtre. Enchanté de son expérience, il me raconte l’histoire. La jardinière, l’oeuf qu’elle couve, les plantes qu’elle sème et la musique. C’est une pièce accompagnée de musique jouée par de vrais musiciens, pas une bande sonore. Lou me dit donc qu’il y avait une flûte et un gros violon. Je me réfère au document qu’il me remet et je le corrige doucement.

-Ah oui une contrebasse mon beau Lou.

-Non, un gros violon. Me dit mon petit monsieur, ton je sais ce que je dis.

-Bien oui, c’est comme un gros violon, mais on appelle ça une contrebasse.

-Non, c’est un gros violon. Il est très catégorique.

-Eh oui, mais il y a un nom pour un gros violon comme ça et c’est une contrebasse. Regarde viens voir. Et j’ouvre l’ordinateur et m’empresse de trouver des images de la dite contrebasse.

-Tu vois c’est une contrebasse.

Lou regarde la contrebasse, me regarde, regarde à nouveau l’instrument puis dit: “Non, c’était un gros violon.”

Là je me dis que j’ai deux choix, m’obstiner à mort (après tout j’ai raison) ou bien laisser tomber… L’expérience me dit que vaut mieux laisser faire. Je soupire donc puis je laisse aller.

Plus tard la grande soeur s’informe de la journée de ses frères. Lou lui dit qu’il a vu une pièce de théâtre et là je me charge d’ajouter.

-Oui, il a vu une pièce et la musique était jouée par des musiciens, une flûte et une… j’hésite et me résigne… un gros violon.

Lou me regarde comme si j’étais complètement demeurée: “Maman franchement une contrebasse, pas un gros violon”.

Franchement, hein!!!

Les fantasmes d’une mère de famille nombreuse

Avoir beaucoup d’enfants c’est avoir des rêves et des aspirations… disons différents… Fini les beaux mâles puissants, les diamants, les fourrures. Vous savez de quoi je rêve? Mon top, l’ultime fantasme? Un frigo double, grand format. Pas un petit modèle, nenon, the BIG one, double porte, pas de congélo, juste du frigo.

C’est tu pas beau rêvé hein?

Avoir un enfant différent…

Avoir un enfant c’est merveilleux et magnifique, ça vient avec un lot incroyable de joie et de bonheur, mais ça vient aussi avec des inquiétudes et avec quelques maux de tête et de Coeur (avec un C majuscule oui, oui). Ça vient aussi avec certains deuils à faire et certaines décisions difficiles… dans les deux dernières années j’ai mis à mal beaucoup de mes convictions, j’ai remis en question bien des choix et j’ai pris des décisions que je ne pensais jamais prendre.

Ce message est pour moi difficile, je ne suis pas en paix total et complète avec tout ça, j’ai peur aussi et avouons le bien franchement un peu honte d’avouer ce que j’ai fait. Toutefois, hier j’ai eu une grande récompense, un immense bonheur qui ne vient pas corroborer hors de tout doute que ce j’ai décidé est bel et bon, mais qui confirme que ce n’est pas mauvais non plus. Je fais donc mon coming out et je partage, parce que je sais que plusieurs vivent la même chose dans le silence et que le silence est le meilleur ami du doute, du déni et de l’enfermement.

Ma fille, ma magnifique fille n’est pas tout à fait comme les autres… ma douce, ma belle est différente. Elle n’a pas de handicap majeur, sa vie n’est pas en danger loin de là, mais elle n’est pas comme les autres . Ma fille a un trouble du déficit de l’attention (sans hyperactivité, un TDA pour les connaisseurs). Je pourrais expliquer en long et en large ce que c’est, je pourrais aussi justifier… je l’ai tellement fait, mais pas là, pas maintenant. Ma fille a un TDA diagnostiqué officiellement, preuve scientifique et médicale à l’appui. Elle ne part pas juste dans la lune comme cela, elle ne manque pas de stimulation et ça ne passe pas avec le temps… Et surtout elle n’y peut rien, rien du tout, pentoute. Malgré tous ses efforts et sa bonne volonté (et elle en a tant démontré) elle n’arrive pas à surmonter son problème. Et voilà où j’ai du faire des choix difficiles.

Petite aparté, je dis je, mais tout ceci devrait plutôt se décliner au nous. Le Geek et moi on a décidé ensemble comme une famille, comme un couple, comme des parents. En se remettant mutuellement en question. En se soutenant et se contredisant à tour de rôle, mais surtout, surtout en s’aimant. Le Geek c’est un merveilleux père, en fait c’est un merveilleux humain, mais il est et a été dans cette histoire un papa incroyable, habité de doutes, de questionnements, mais surtout transcender d’amour. Alors, lisez chacun des je comme des nous et sachez que je n’étais pas seule même s’il m’arrive d’oublier parfois que nous sommes deux tellement il nous arrive de ne faire qu’un.

Tout ça pour dire que j’ai décidé d’y aller pour la médication. Le neuropsy, le psychologue, la pédiatre, tout le monde me disait que c’était la bonne solution, The solution, l’unique. Je doutais, j’ai douté, je doute encore, mais ma fille s’enfonçait et j’ai cédé. La peur au ventre, le doute au coeur, et la culpabilité au tapis. Ce que j’ai pu en entendre aussi… Tu es certaine? Bien voyons ça va passer? Ah oui, ils sont tellement vite sur la médication… Tu es certaine? Parce que moi tu sais… des médicaments… Tu es certaine? Tu es vraiment certaine?

Non!

Non, je n’étais pas certaine, je ne le suis pas encore… je ne le serai jamais… et pourtant les faits me prouvent qu’à défaut de ne pas être certaine je n’ai pas eu complètement tort.

Hier, c’était le spectacle musical de fin d’année de ma grande… son spectacle de finissante en plus, fini le primaire pour elle. J’ai vu sa prof. Je savais que ma fille avait remonté la pente, que ses résultats s’étaient nettement améliorés, qu’elle n’était plus au fond. Mais rien ne m’avait préparé pour ce qu’elle m’a dit. Ma fille, celle qui on espérait il y a un an et demi arriverait à terminer son secondaire tellement ça n’allait pas fort, tellement le diagnostique nous sciait. Bien ma fille est la meilleure de sa classe… que des A dans les examens du ministère… Et plus encore… je suis presque gênée, je ne veux pas la vanter, mais elle a tellement travaillé, elle est la meilleure de sa promotion. Elle a réussi des numéros dans ses examens que certains profs n’arrivaient pas à faire… Ma fille, la TDA, la pas bonne, la différente! Ma fille a réussi ça. Et je suis tellement, mais tellement heureuse. Faut la voir se gonfler de fierté, faut la voir retrouver sa confiance, parce que c’est ça tout le drame du TDA, sa confiance qui s’effrite, son estime qui descend. Je suis heureuse, pas pour les notes (j’aurais très bien vécu avec des 70%), mais pour son accomplissement. Et soyons francs parce qu’à tout ceux qui m’ont jugé, qui ont douté de mes décisions et qui se sont permis de me culpabiliser, je peux dire “Vlan dans les dents!”. Elle fonctionne parfaitement, sans mesure compensatoire, sans étiquette de besoins particuliers. Ma fille est différente, mais elle est parfaite. Ma fille est différente, mais elle est pareille. J’en ai braillé tellement j’étais heureuse, comme une Madeleine, sans retenue, sans filtre, devant la prof, la directrice et à sa plus grande honte devant ma fille… qui était toutefois bien souriante… Il y a comme un barrage qui a lâché, dedans ma tête, dedans mon coeur, mon coeur de maman, mon coeur de pédagogue, mon coeur de femme aussi.

Je doute encore… je douterai toujours. Je me remettrai sûrement encore en question beaucoup… je regretterai peut-être même, mais une chose est certaine, aujourd’hui en voyant son cheminement je me dis comme l’ancêtre de la famille disait: vaut mieux regretter que dans avoir toujours envie.

Tout, tout, toutte là!

Aujourd’hui une charmante madame devant mon quatuor.

-Ayoye! Sont tout à vous? Tout, tout, toutte?

Je n’ai même pas le temps de dire oui qu’elle repart.

-Oh mon doux! Pis vous les avez toutte fait vous même?

Je n’ai pas trouver quoi répondre sur celle là…

Pas sorti du bois…

Plus ils vieillissent plus je me dis qu’on n’est pas sorti du bois… Ça combiné au fait qu’on va finir par faire faillite tellement ça va coûter cher de bouffe… Déjà qu’à 8 ans ça mange en quantité phénoménal, je me dis qu’une fois les trois petits mâles en pleine phase de croissance, on est bon pour la banqueroute ;-)

Donc je disais qu’on n’est pas sorti du bois… exemples:

Ça s’obstinent une fois de plus, je ne sais pas trop pourquoi, des jouets, la couleur du mur, le vent dans les arbres, bref tout et n’importe quoi. Et ça y va à grand coup de “Tu es con!”, “Toi même pauvre con”. J’interviens (encore une fois, encore un peu dans le vide… mais bon je ne vais pas les laisser faire totalement non plus) et j’y vais avec de la superbe “reverse psychology”.

-Voyons les enfants! Franchement! On ne se parle pas comme ça! Voir là! Est-ce que je dirais ça à votre père quand on n’est pas d’accord? Est-ce que votre père me dirait ça lui: Tu es con! Pauvre con! Hein?

-Bien non il dirait pas ça Papa voyons! De me dire Coco catégorique. Et je me dis que bon j’ai peut-être réussi à faire mon point… qu’il y a peut-être de l’espoir finalement.

-Bien non, il dirait: Tu es conne, pauvre conne! Tu sais, tu es une fille, c’est féminin, faut accorder le nom en genre!

Lou 3 ans et demi se lance dans une description détaillée de mon physique. J’ai des beaux yeux, des grands cheveux, etc. etc…

-Maman, toi tu as des grosses boules! De me dire Lou.

-Bien voyons Loulou! Veux-tu me dire où tu as appris ça toi? Franchement là. Où tu as appris ça? Je prends mon ton le plus indigné possible.

-Bien je ne l’ai pas appris là. De me dire le petit monsieur avec évidence. Je le sais c’est tout. Ma soeur a des petites boules, toi tu en as des grosses. Je le sais, je suis bon tu sais là, j’en sais des choses moi!

Pis pour conclure… y a aussi la préado qui commence à nous causer quelques maux de tête… Et son paternel a pris conscience de certaines choses dernièrement. Lors d’une séance d’essayage de linge je constate que ma poulette se fait joyeusement zieuter par de jeunes et fringuants jeunes garçons du secondaire, je rapporte le tout au Geek à mon retour.

-Bien là ils regardaient quoi là! De se scandaliser le pôvre papa!

-Bien ils regardaient ta fille! Ils la mataient… Et j’insiste sur le mater… je suis evil parfois… gnak gnak gnak!

-Voyons!!!! Elle a juste 11 ans là!!!!! Yeux sortis des orbites!

-11 ans trois quart et 7/8 oui! Pis bon elle est cute, pis c’est une fille et c’est des gars… Ton de l’évidence…

-Bien là des gars, des gars….

-Chéri… que je dis la voix pleine de miel… Tu ne te rappelles pas avoir eu 14 ans? Tu ne te rappelles pas? Tu sais les hormones là? Tu sais à quoi tu pensais quand tu regardais même la grosse madame pas belle au centre d’achat, tu sais là? 14 ans là… full hormone…

-Ah non!!!! Tu as pas le droit de me faire ça!!! Criss je veux pas me rappeller de ça… pas ma fille!!! De quitter la pièce en maugréant…

Ça finit toujours par vous revenir qu’ils disent :) Pas sorti du bois je vous dis :)

2 ans

clement_2

Il a deux ans aujourd’hui mon Coconut en sucre, mon petit dernier, mon bébé d’amour.

Deux ans et une année intense qui s’annonce… j’illustre.

Ce matin Coconut se lève, je l’accueille toute souriante la voix chantante.

-Bonne fête bel amour! Bonne fête mon coeur!

-Non! De dire le petit Coconut sucré d’un petit ton sec.

-Bien oui mon beau chéri c’est ta fête! Et moi de l’inonder de bisous.

-Non! En babounant.

-Ah mon petit coeur!

-Non!

-Bien oui mon beau fiston d’amour!

-Non!

-Ouin tu n’es pas content toi. Un matin difficile.

-Non!

-On va déjeuner?

-Non!

-On va à Honolulu? Un moment donné une fille s’essait.

-Non!

-Ouin définitivement dans ta phase du non toi hein!

-OUI!

Toute une année je vous dis :) Bonne fête petit homme!

La preuve

Je vous l’ai toujours dit… la neige a peur de se poser sur la pelouse du voisin.

voisin

Hollywood here je suis…

Ça fait longtemps que je n’ai pas été profonde ici… Je ne pense pas que je me retiens, c’est juste que ça va plutôt bien et que l’intensité est dans le quotidien. Ça ne veut pas dire que je n’ai pas mes moments parfois, mes moments hollywoodiens comme je les appelle, mais ils sont rares.

Ce n’est pas non plus parce que je ne parle presque plus jamais de mon Angélique que je n’y pense plus. Au contraire j’y pense plus que jamais, ça fera bientôt 5 ans… mais je n’y pense plus comme avant. C’est rarement triste maintenant, c’est plus… posé je dirais, plus centré, plus doux, plus calme, meilleur je pense bien. Ça ne me fait plus autant mal que le souvenir change, je sais qu’il ne partira pas, mais je ne peux pas le retenir intact non plus, j’accepte qu’il change.

Mais parfois la vague revient et je dirais que c’est ce qui est le pire avec le deuil et la mort. On s’y fait, on l’intègre, on le gère et ça va bien puis un moment donné comme ça, sans tambour ni trompette, ça nous explose au visage et dans ces moments là croyez moi c’est incroyablement intense. Pire que pire je pense. Hollywood au grand complet dans 3 secondes et quart.

C’est arrivé cette semaine…

J’avais une échographie pour vérifier des petites choses (NON je ne suis pas enceinte ;-) ) et évidemment qui dit écho dit souvenirs de moments pas trop joyeux. Malgré deux bébés bien vivants après elle, malgré un nombre imposants d’échos après elle, il y a là quelque chose de briser. Je ne pourrai jamais penser à une écho sans me troubler et quand bien même on parlerait d’écho d’un tendon de la jambe. Enfin, le docteur fait son travail, je suis plutôt inconfortable, mais bon ça va. Puis vient le temps de quitter, je me sens bien, je me dis que finalement c’était pas si mal, que je suis peut-être guérie de ma “échorantite” . Je mets les pieds à l’extérieur et là BANG comme un coup de douze dans le front. Il fait le même temps exactement qu’il y a presque 5 ans, le soleil frappe dans mes lunettes exactement au même endroit et ça me scie en deux, plus de jambe, je manque de souffle. À ce moment là, j’ai mal… autant qu’il y a 5 ans… Et à cet instant là il n’y a pas grand chose que je ne ferais pas pour que ce ne soit pas arrivé, il n’y a pas grand chose que je n’échangerais pas pour ravoir ma puce ne serait-ce que trois secondes… même si ma vie est parfaite, même si au fond je ne changerais rien, à cet instant je vendrais pas mal n’importe qui au diable pour une minute avec elle…

Je me suis assisse sur le trottoir, j’ai respiré lentement, j’ai pleuré, la boule a passé, puis je me suis dit que je n’échangerais rien du tout, que c’était ainsi… Et j’ai compris encore une fois à quel point c’était en moi tout ça, que rien ne viendrait jamais rendre cela simple et facile, que ça serait mieux, mais que parfois il y aurait de ces moments pas possibles.

Je suis rentrée, j’ai fait le souper, la plaie ne saigne plus, mais j’ai laissé tomber l’idée de la suturer, il n’y a pas de points qui tiendraient le coup, vaut mieux se faire à l’idée qu’une fois de temps en temps on épongera.

Mon moment Hollywood est passé… j’attends le prochain… puis il me semble qu’un petit tour de crème fouettée et de fraises sur le bord du frigo serait pas mal plus stimulant qu’un 10 minutes à brailler sur un trottoir de clinique sale ;-) Envoye le Geek, 9 petites semaines et demi… quoique avec quatre enfants vaudrait mieux viser 9 minutes et demi.

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