Dégel ou pas… Augmentation substantielle ou pas… Les étudiants sont dans la rue pour manifester contre la hausse des frais de scolarité et c’est bien ainsi, en fait c’est parfait. Si on ne s’insurge pas quand on nous coupe et quand on est jeune on le fera quand? Être jeune et étudiant c’est être déraisonnable, passionné et insurgé. J’ai protesté dans mon jeune temps
Et je le referais. C’est l’ordre des choses. S’il fallait que les étudiants acceptent sans broncher des hausses du genre sans un mot, je serais sincèrement bien inquiète de l’avenir du monde… Bien inquiète.
Maintenant à savoir si c’est justifié ou non de hausser les frais, c’est une autre question. Certain qu’au Québec on paie moins cher qu’ailleurs… mais on paie pas mal plus d’impôts qu’ailleurs aussi… tu sais… Et honnêtement je me sentirais un petit peu gênée de dire qu’il n’y a rien là 1600$ de hausse sur 5 ans du haut de mon salaire de prof. Avec ma maison, mon char, ma piscine, ça ferait un peu, pas mal, beaucoup… Un petit malaisant… genre…
M’en va plutôt raconter une petite histoire.
C’est celle d’une fille, 19 ans, pas une génie, pas une conne, bonne à l’école, persévérante. Bonne petite famille moyenne, pas riche, pas pauvre. Parents qui veulent qu’elle aille à l’école, mais qui ne donneront pas une cenne. Vont l’héberger et la nourrir, la soutenir mentalement, moralement, l’aimer en masse, mais ça s’arrête là. Pas de paiement de frais de scolarité, pas de paiement de transport, pas de matériels scolaires payés, pas de vêtements, bref faut que la fille travaille. Alors elle travaille. À temps partiel, 15-20 heures par semaine au salaire minimum dans un magasin. En plus de l’école à temps plein. 15-20 heures parce que la fille n’a pas le droit aux prêts et bourses parce qu’elle reste chez ses parents et qu’ils ont un trop gros revenu… même s’ils ne lui donnent pas de sous bien ça compte. Alors elle travaille.
Rencontre un gars, arrive ce qui devait arriver, la fille et le gars décident que ça va être plus simple de n’avoir qu’un seul toît. Comme ça ils pourront copuler en masse et fumer leur drogue plus intimement (vous ne le saviez pas que les étudiants fumaient de la drogue? Ah bien coudon. Remarquez sont à l’université pas au cégep…. mais en sciences humaines… ça doit fumer ce monde là
) Bref, la fille déménage avec le gars, devient éligible aux prêts (pas aux bourses là, pas assez pauvre, pis le salaire parental compte encore)… Oh Yeah! Mais bon là faut payer le loyer aussi même si on sauve en transport alors la fille continue de travailler. Fini son BA, embarque dans la maîtrise.
Arrive ce qui devait arriver… La fille et le gars ont trop copulé, bébé se pointera. En milieu de maîtrise. La fille devient éligible au bourse parce qu’elle est enceinte… Elle a le gars, mais ils ne sont pas mariés alors elle est considérée monoparentale. Cashing! Elle touche le jackpot 4000$ de bourse… parce qu’elle a travaillé elle n’a pas droit au maximum 8000$, mais bon 4000 plus le prêt, c’est pas des farces elle est riche.
Le gars et la fille c’est des romantiques… Avaient décidé de se marier l’été après le bébé. Au final mauvaise idée… bien mauvaise idée financière parce que pour le reste ça valait le coup. Mauvaise idée donc parce que la fille n’est plus monoparentale… bien non elle a un mari. Puis tenez-vous bien le mari bien il travaille et il fait de l’argent… Sont sous le seuil de la pauvreté selon les définitions du seuil, mais bien trop riche pour avoir une bourse. Pas grave se sentent pas pauvre du tout, ils ont rien, pas de maison, pas de chars, pas de piscines, mais la fille a le gars et le gars a la fille et ils ont leur bébé donc sont heureux.
La fille finie sa maîtrise, dans les temps. Le gars est à la bonne place au bon moment, en plus de pas être con du tout. Les choses se placent, la situation s’améliore. La fille, un peu folle finie, décide de faire une autre maîtrise, le gars l’encourage. Ils savent que ça finira par payer. Pour celle là pas de prêt pas de bourse, sont riches rendus là. Auront un autre bébé dans le processus.
La fille finira sa deuxième maîtrise. Trouvera une job, une bonne job, payante. Le gars aussi. Elle paie son prêt étudiant, finira dans un an et des poussières. Vont acheter une maison, un autre char, vendre une maison, en racheter une autre, prendront des REER, feront deux autres bébés, bref font rouler l’économie les amis.
Au bout du compte c’est qui le gagnant dans l’histoire? La fille et le gars certain… mais d’après le montant sur le chèque de paye qui s’en va au gouvernement, pense pas que celui-ci soit perdant bien bien.
Faque c’est ça… Concluez ce que vous voulez, mais je peux vous dire qu’à cette époque là 500$ par année c’était comme la fin du monde… La fin du monde… Faque je suis qui aujourd’hui pour dire que c’est rien… Bien c’est ça